Blood Diary
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 Rédemption.

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Ryan Anderson
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MessageSujet: Rédemption.   Jeu 22 Nov - 20:13

Le trajet n'avait pas été facile. Pour le transporter, pas d'autre choix que de le prendre sur mon dos, et hisser un point mort d'une soixantaine de kilo sans aucune aide n'était pas la chose la plus aisé à faire. Surtout que, inconscient, le petit ne s'accrochait pas du tout et de fait, glissais souvent d'un côté ou d'un autre, maquant de se ramasser sur le sol. J'avais un bras qui le soutenait, passé sous son postérieur, l'autre agrippant ses poignets et les maintenant serrer l'un contre l'autre sur l'avant de mon corps, je le retenais du mieux que je le pouvais. Mais pour tout dire, je galèrais, car en plus de cela, il fallait que je me fasse le plus discret possible, pour éviter d'être vu par des gens qui auraient trouvé la scène étrange et aurait alertés les autorités...

Je passais donc un maximum par de petites ruelles mal éclairés où je craignais à chaque instant de faire de mauvaises rencontres. Lorsque j'étais obligé d'emprunter un axe fréquenté, je me dépêchais de le franchir. Tout ça me faisait sensiblement rallonger mon trajet habituel, surtout qu'il était totalement exclu de prendre le métro ou autre moyen de transport en commun. Il allait donc falloir emprunter les souterrains, à cette heure de la nuit peuplé de SDF et de personnalité étrange en tout genre. Si quelqu'un décidais de me chercher des noises, j'allais être mal barré. Cela dit je n'avais pas d'autre itinéraire possible, j'allais juste prier tous les dieux existants pour qu'aucun évènement du genre ne se produise.

Par miracle, je ne récoltais, sur mon passage, rien d'autre que quelques regards intrigués ou blasés. À croire que les rues étaient plutôt calme ce soir, comme si l'atmosphère avait saisi et retransmit mes mésaventures à la ville entière. Aucun véritable obstacle ne se dressa sur ma route. Je ne m'en plaignais pas, bien au contraire, grâce à cette placidité ambiante, j'avais parcouru une bonne distance en peu de temps. Je fatiguais, ce n'était pas vraiment le genre d'exercice que j'avais l'habitude d'effectuer, mais je tenais bon, déterminé à emmener l'oeuvre de mon délit en lieu sûr. J'espérais que ce dernier tiendrait bon jusqu'à la fin du voyage, qu'il ne me lâcherait pas en chemin. Je me concentrais parfois pour saisir le léger bruissement de sa respiration. Ce n'était qu'un souffle, mais c'était suffisant pour me rassurer un peu et me pousser à continuer sans faiblir.

Enfin, j'arrivais devant le grand et immense bâtiment souterrain composé de cubes montés les uns sur les autres. Il y avait pas mal de jeunes qui traînaient dans le coin, cela dit, je n'avais jamais eu de problèmes avec eux, alors la perspective de les croiser ne me dérangeait pas plus que cela. Je traversais donc sereinement la dernière rue qui me séparait de l'escalier extérieur de métal qui me conduirait à mon appartement. Plus qu'a monté au deuxième étage et je pourrais déposer mon fardeau. Je gravis les dernières marches plus lentement que les premières, mes muscles du dos, des cuisses ainsi que mes bras commençaient à sérieusement me lancer. J'avais beau avoir un corps entraîné, ce genre d'efforts brutal et long n'était pas ma spécialité et mon corps me le faisait bien sentir. Si j'avais été encore humain, j'aurais sans doute été à bout de souffle...

Je déposais lentement le gosse sur le pas de la porte, à mes pieds et me pressait d'ouvrir la serrure de ma porte. Une fois celle-ci ouverte, je le récupérais, passant un bras sous ses jambes, l'autre sous ses épaules et le portais contre mon torse. Je refermais le passage d'un coup du pied, et emmenait le gamin jusque dans la chambre. Je le déposais sur le matelas et m'occupais en premier de le réchauffer. Je n'avais que peu de couvertures, mais je sorti toutes celles qui me tombaient sous la main pour le couvrir. Je montais au maximum le petit radiateur électrique, en espérant qu'il monterait rapidement en température. Je posais une main sur son front pour vérifier qu'il n'avait pas de fièvre. Si je l'avais trop épuisé, cette dernière pourrait monter et le lessiver encore plus qu'il ne l'était. Mais rien, il était juste gelé.

Je ne pus m'empêcher de le frictionner un peu à travers les couvertures. Je ne suis pas certain que cela ait été très efficace, mais j'avais au moins l'impression d'être un peu utile. Au bout d'un moment, je laissais tomber. Je savais bien que je ne servais à rien ou presque. Je soupirais profondément. Pourvut qu'il reste en vie... Puisque j'étais inutile au réchauffement, je pouvais au moins bander la morsure que je lui avais infligée. Je me rendais dans la salle de bain et récupérais la petite trousse de premier soin sous le lavabo. Je retournais près de la belle au bois au bois dormant, et sorti des compresses et une bouteille d'alcool désinfectant. J'imbibais le carré de tissu plié et passait doucement sur les marques rougeâtres, tapotant ses dernières afin de bien les nettoyer. Une fois fais, j'en pris une deuxième, renouvelais l'opération, mais la laissait cette fois posée sur la plaie qui ne saignait plus, puis la fixait à l'épaule blanche du gamin avec quelques morceaux de sparadrap. Une vraie petite infirmière consciencieuse. Enfin... c'était la moindre chose que je pouvais faire pour lui.

Je fini par décider de le laisser tranquille. Il avait besoin de repos, mon agitation ne lui serait d’aucune utilité. Avant de quitter la pièce, je m’occupais de réduire le thermostat du radiateur qui avait bien chauffé, puis je refermais la porte derrière moi, me dirigeant vers la petite pièce à vivre. Là, je m’affalais sur le canapé, me prenant la tête entre mes mains et soupirant de nouveau. Je n’avais plus qu’à attendre maintenant… et à réfléchir. Qu’est-ce que j’allais faire lorsqu’il se réveillerait ?...
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Jeu 22 Nov - 21:32

Durant tout le trajet, Tom n’avait que de brèves irruptions dans la réalité, tantôt désorienté par la foule, tantôt aveuglé par la lumière des néons. Il replongeait aussitôt, n’arrivant même pas à imprimer ce qui se passait entre chaque syncopes. Tout n’était que des flashs sans queue ni tête, sans cohérence aucune. Alors quand enfin il sortit de ce brouillard interminable il découvrait ce qui l’entourait.

S’il avait eu la force, il se serait redressé d’un bond, alors que la panique reprenait le dessus, brutalement, sans préavis. Sa respiration s’accéléra alors que son cerveau s’activait pour trouver des réponses aux questions qui fusaient à nouveau dans sa tête. Où était-il ? Que s’était-il passé ? Combien de temps s’était-il écoulé ? Quel jour était-il ? Rien ne lui venait. Il fallait qu’il trouve quelqu’un, quelque chose qui lui permette de se situer. Il se traîna, s’accrochant aux draps pour se tirer au bord du lit. Il était si faible, son corps avait un mal fou à répondre et son dos lui fit un mal de chien qui lui arracha un grognement.

Arrivé au bord du lit, il fut forcé de constater qu’il ne pourrait pas faire plus que de se traîner comme ça… Il n’était pas trop haut. Il tira encore, basculant au sol dans un bruit mat. Contrairement à ses attentes, il n’avait même pas sur amortir sa chute, ses bras ne l’avaient soutenus à aucun moment. Ses cheveux blancs étaient sans dessus dessous, tombant en mèches éparses sur son visage blafard. Son corps lança une explosion de douleur à son cou, dans son dos, dans ses mains qui découvrait écorché.

« Ah bordel ! Bordel ! » Gémit Tom qui ouvrit longuement la bouche avant de serrer les dents, les yeux froncés.

La douleur était incroyablement forte, son corps se mit à transpirer en abondance, combien de temps il était là ? Depuis quand il n’avait pas eu sa dose ? Ses yeux se mirent à le brûler, lui arrachant des larmes alors qu’il était submergé par des sensations douloureuses… Le froid de son corps, les muscles endommagés, les os rouillés, Tom avait l’impression d’être une vieille machine à bout de souffle.

Puis un bruit de pas se rapprochant rapidement de lui, il tourna un peu la tête pour regarder vers la porte avant de voir ce grand type aux cheveux sombres, à la gueule défigurée par des brûlures. Et puis il se figea, les yeux s’ouvrant progressivement sous l’incrédulité la plus totale. Les questions se bousculèrent dans sa tête à nouveau, l’empêchant de sortir le moindre son. Et puis ce regard… Merde alors…

« J’suis où ? »
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Jeu 22 Nov - 23:53

S'il y avait bien une chose que je détestais et que la vie me faisait payer à chaque fois que cela arrivait, c'était commettre des erreurs. Elles étaient toujours lourdes de conséquences et ne m'apportait que des complications. Comme maintenant, avec ce gosse qui dormait dans mon et dont je ne savais pas quoi faire. J'avais beau retourner le problème dans tous les sens, il y avait toujours quelque chose qui finissait par coincer dans mes raisonnements. Je ne parvenais pas à imaginer la suite des évènements, ce qu'il se passerait à son réveil, ce qu'il ferait, ce qu'il dirait et comment je réagirais. En tout cas, je n'étais pas du tout préparé à ce qui allait suivre.

Alors que j'étais toujours enfoncé confortablement dans mon canapé, à penser à tout et à rien, plongé dans une attente latente, un bruit me tira de mes pensées. Un « blam » sourd, comme si une masse s'était écrasée contre le sol de mon appartement. Le bruit venait de la chambre, le gamin devait être revenu à lui. Ce n'était pas si étonnant, en regardant l'heure, je m'aperçus que ça faisait un sacré moment que j'étais plongé dans mes réflexions. Je me levais donc, intrigué et inquiet par ce bruit, stresser aussi de me confronter à ma victime, et je me dirigeais jusqu'à la pièce où il se trouvait. J'ouvrais la porte coulissante et... le découvrais étalé sur le sol.

Il tourna la tête vers moi, et avant même qu'il prononce un mot, je lu l'incompréhension dans son regard. Pas vraiment étonnant. Il était passé soudainement d'une ruelle de Midnight à un appart' inconnu dans les souterrains, n'importe qui aurait été désorienté. Puis la question arriva. Au moins, il était cohérent et posais une interrogation tout à fait de mise. Ça me rassurait déjà sur son état mental, son petit coma n'avait pas causé de lésion à première vue. Intérieurement, j'étais pris d'un énorme soulagement. Passé ce court moment d'apaisement, je m'accroupis lentement, me mettant un maximum au niveau du gamin.

« Chez moi. » lui expliquais-je simplement.

Il devrait comprendre ce qu'il c'était passé suite à son agression maintenant, remettre doucement en place tous les morceaux manquant de son histoire. Je le supposais en tout cas. Je le fixais, sans bouger. Je me serais bien approché pour l'aider à se redresser ou, à défaut, à le remettre dans le lit. Mais j'avais une certaine appréhension, comme lorsque l'on hésite à approcher pour la première fois des chats sauvages. J'avais peur d'être griffé, d'être repoussé. Je ne ferais rien sans qu'il me le demande, ou en tout cas, rien sans son consentement. Je lui montrais le lit d'un signe du menton.

« Besoin d'aide ? »
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Ven 23 Nov - 16:13

[Je me suis permis d'anticiper une action de Ryan, si ça ne te vas pas tu me dis et je modifie ça :3]



Cet endroit c’était là où habitait ce type… Mais ça n’aida pas plus Tom sur le coup qui le fixait dans un long silence, essayant de se rappeler. Et puis il sentait que s’il se mettait debout, il retomberait dans les vapes illico. Alors il restait par terre le souffle court et rapide, encore stressé de ce trou noir dans la mémoire, sans répondre, avant que l’autre lui propose son aide.

Instinctivement, Tom secoua la tête.

« Non j’vais rester par terre… » Fit-il avant de grimacer sous la douleur que son corps lui procurait. « Putain… » Souffla l’humain trembla, il avait trop froid.

Il tenta de s’appuyer sur ses mains finalement, tout en cherchant frénétiquement des souvenirs. Ce mec, il le connaissait au moins un peu. Et puis ces brûlures sur le visage, cette voix… Les images lui revinrent et il écarquilla les yeux qui heureusement étaient cachés par la masse de cheveux. Il se rappelait de l’agression, du grillage, de la morsure… Il comprenait mieux d’où venait la douleur.

Mais du coup, il était chez son agresseur, qu’est-ce qu’il lui était passé par la tête, à ce connard ? Prenant sur lui, Tom ne dit rien de plus et tenta de se hisser sur le lit, masquant au mieux qu’il venait de se souvenir… Mais à avoir du mal comme ça, ce fils de pute accourrait pour l’aider. Tom dû se faire violence pour ne pas lui coller son poing dans la gueule, pour ne pas le repousser aussi brutalement qu’il aurait pu. Il se souvint au même moment qu’il n’aurait sans doute pas eu la force de faire ça… Alors docile, il se laissa faire pour retrouver le matelas confortable et la couette beaucoup plus chaude que le plancher.

« T’es qui ? » demanda alors Tom, simulant encore son regard de paumé qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait, histoire de soutirer quelques infos, s’il le pouvait, comme ça, peut-être que lui aussi il pourrait le pourrir un peu.

Et puis pourquoi il avait craqué comme ça ? Pourquoi il lui avait sauté dessus comme un sauvage ? Il n’avait pas l’air trop en manque. Un peu certes, mais pas au moins de l’étriper à moitier.

« Putain j’ai trop mal au dos ! » grogna l’humain qui serra les dents encore une fois, tremblant à cause du froid. Est-ce ce type avait eu des remords en voyant ce qu’il avait fait ? C’était bien fait pour lui, si c’était le cas, même si Tom savait qu’il l’avait volé, c’était pas une raison pour s’en prendre à lui de cette manière.
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Sam 24 Nov - 0:46

Ses yeux bleus qui me fixaient me mettaient vraiment mal à l'aise. Forcément, je me sentais coupable de ce qu'il c'était passé et j'étais responsable de l'était dans lequel se trouvait ce gosse. Alors, le voir là, par terre, toujours grelottant et faible en train de me dévisager avec ce regard accusateur... Non vraiment, c'était loin de me rendre euphorique. J'avais comme un étau qui me serrait l'estomac et je réfléchissais à chaque geste que je devrais faire ou chaque parole que j'aurais dû prononcer. C'est sans doute pour ça que rien ne vint et que je restais sans bouger en train l'observer.

Je ne réagis qu'en le voyant se débattre difficilement pour tenter vainement de se relever. Bien sûr qu'il n'en avait pas la force, mais il essayait quand même de s'en sortir sans aide. Après un court moment, je finis par m'approcher de lui et par le saisir par les épaules pour le ramener sur le lit. Je m'attendais à me faire repousser ou à défaut à me faire cracher dessus. Mais contre toute attente, il se laissa faire docilement. Je le déposais aussi délicatement que possible sur le matelas avant de me reculer à nouveau, jusqu'à m'adosser à la paroi de la chambre.

Puis la question vint, légitime. Qui étais-je au juste ? Un monstre ? Un barman ? Un citoyen ? Que pouvais-je bien répondre à ça ? J'étais le type qui avait manqué de le tuer, qui lui avait sauté à la gorge dans une ruelle en pleine nuit et qui, pris de remord et par la peur d'avoir tué quelqu'un, avait ramené ce gamin chez moi pour éviter qu'il ne passe de vie à trépas. Voilà qui j'étais.

« Je... »

Merde, je ne savais vraiment pas quoi lui dire. Je lâchais un soupir en croisant les bras sur mon torse, ne le quittant pas des yeux. Je restais muet un moment, cherchant mes mots sans parvenir à trouver quelque chose qui ne sonnerait pas affreusement mal. Puis, finalement une phrase passa mes lèvres, comme irrésistiblement attiré à l'extérieur de ma boite crânienne et de fait, de ma gorge.

« Je suis désolé. »

Quel con. Être désolé n'allait surement pas l'aider ni réparer ce qu'il avait subi. Ça risquait même plutôt de l'énerver, d'augmenter la rage qu'il éprouvait sans doute déjà à mon égard. Mais je n'avais pas pu m'empêcher de le dire et c'était sincère. Mon regard se détourna du sien pour fixer un point imaginaire sur le mur d'en face. C'était tout ce dont j'étais capable ? Et bien oui. Pas géniale dans une telle situation n'est ce pas ?...
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Sam 24 Nov - 1:25

Au fond de lui, il se disait que la meilleure solution était de feindre encore l’amnésie temporaire… Il le savait… Pourtant, à la réaction du mec qui se tenait loin de lui, à sa réponse tout simplement vide de force, vide de tout, Tom sentit ses nerfs mis à rude épreuve. Ça craquait en lui, ses bonnes résolutions volèrent presque en éclat.

Entre la douleur, la fatigue et la mémoire qui lui revenait, son humeur progressait de façon massacrante, comme une armée de Spartiates déchaînée. Ses mains se serrèrent sur la couette, il serra les dents avant de renvoyer un horrible sourire sertie d’un regard d’un mépris foudroyant à ce connard qui lui faisait face.

« Ah ouais ? La bonne blague ! » Trancha-t-il, son corps tremblant sous la colère qui mettaient ses nerfs à rude épreuve.

La fureur qui enflammait son regard à cet instant le ravageait de l’intérieur, forçant son corps à piocher de l’énergie qu’il n’avait pas. Il avait perdu beaucoup de sang, se sentait encore faible… Mais il avait tellement de rage, il était tellement en colère d’avoir si mal, d’être impuissant, que Tom était prêt à cracher son fiel sans aucune forme de pitié.

« J’ai failli crever espèce de connard ! » siffla l’humain qui projetta violemment l’oreiller en plein sur cet homme. « Et tu m’sors un putain de ‘désolé’ ?! »

Sa voix s’éraillait tant il forçait sur ses cordes vocales, les mettant à rude épreuve et rapidement, sa vue s'étrécie à nouveau, ses tempes battant au rythme effréné de son palpitant. Sa tête se mit à tourner sans préavis, il eut du mal à tenir assit dans le lit. Mais encore une fois, il n’arrivait pas à modérer ses réactions et encore moins la vague d’émotion qui déferlait dans son crâne. D’un geste rageur, il arracha littéralement le pansement à son cou pour le jeter rageusement au sol.

« Va te faire foutre »

La seule chose qui aurait pu le calmer, aurait été une bonne petite dose de sang, oui, ça, ça l’aiderait sûrement à se calmer. Alors il essaya de calmer sa respiration et sa tête qui oscillait dangereusement, devenant de plus en plus pâle au fur et à mesure qu’il luttait. Le bras qui le tenait assit tremblait, secoué de spasmes nerveux. Même s’il avait l’impression de brûler de l’intérieur, il grelotait, son corps laissé à découvert était froid.
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Sam 24 Nov - 2:18

Ce sourire... Bordel, encore une foutue similitude avec ce type de mon passé. Un sourire acéré, ironique, froid, calculé. Un sourire horrible que j'aurais volontiers arraché de se visage si j'avais eu en face de moi la véritable personne que je haïssais. Mais ça n'était pas le cas, et dans un moment pareil, sa réaction était compréhensible, bien que détestable. Puis sa voix raisonna dans la petite pièce.

Je m'étais attendu à ce genre de réaction et pourtant, ça ne diminua pas l'impact que les phrases incisives du gamin eurent sur moi. En fait, elles sonnaient tellement juste que je ne pouvais que les prendre en pleine face sans rien faire, sans rien dire. Quoi répondre à ça en même temps ?... Lorsque l'oreiller fut projeté dans ma direction, je le réceptionnais d'une main par réflexe. À défaut d'être puissant, le geste avait été violent, transportant toute la haine qu'il me vouait. Je baissais lentement le bras pour re-fixer mes yeux sur lui et le voir arracher le bandage de fortune que j'avais pris le temps de lui faire sur la plaie que je lui avais infligé.

Mon regard se perdit un moment sur le morceau de tissu blanc jonchant le sol, puis remonta sur le visage de ce gosse alors que l'insulte s'échappait de ses lèvres. Bien. J'avais compris. Ça ne servait à rien d'essayer d'avoir une quelconque conversation avec une personne dans cet état. De plus, il avait cruellement besoin de repos et ma présence n'avait pour seul effet que de le rendre nerveux et irrité. Plus il s'énerverait, plus il gaspillerait ses forces. Il avait besoin de récupérer et moi de me changer les idées, d'éviter de repenser à tous ces souvenirs...

Je m'approchais lentement du pied du lit et y déposais le coussin qui lui avait servi de défouloir. Je me tournais, lui montrant mon dos, puis me dirigeais en silence vers la porte de la chambre. Je n'avais plus rien à lui dire, ou en tout cas, rien qui ne le feraiy enrager davantage ou qui aurait de réel impact sur lui. Rien de ce que je ne pourrais prononcer ne le calmerait ou ne pourrait lui faire comprendre mon geste. Alors autant le laisser seul.

Je ne me contentais pas de quitter la pièce, je continuais mon chemin jusqu'à la porte d'entrée de l'appartement. Je claquais le rectangle de métal derrière moi, mais ne fermais pas à clé pour autant. Si par hasard il trouvait la force de s'en aller avant mon retour, je ne voulais surtout pas lui bloquer la sortie. Une fois dehors, je poussais un long soupir. J'étais fatigué, autant physiquement que moralement. J'avais besoin de calme, d'air frais, de me vider la tête et de dormir un peu. Si j'avais eu un ami, je me serais sans doute réfugié chez lui. Dans mon cas, comme je n'avais personne, je n'avais tout simplement nulle part où aller. Au mieux je pourrais me payer un hôtel, mais je n'étais pas du tout certain que me retrouver dans une chambre carré, propre et absolument pas chaleureuse me permettrait vraiment de reprendre des forces. Tout ça continuerait simplement à tourner dans ma tête, sans arrêt, me torturant encore et encore...

La nuit semblait m'appeler ce soir, alors j'irais une nouvelle fois à la rencontre des étoiles, respirer l'air glacé et marché là où mes pas me conduiraient, me ramenant sans doute sur les lieux ou toute cette histoire avait commencé. Une boucle, encore...
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Sam 24 Nov - 17:50

Contre toutes attentes, l’autre ne répliqua pas, tuant dans l’œuf les offensives de l’humain qui était à la fois au bord de l’implosion et au bord de l’évanouissement. Nerveusement, il était à bout, tout se brouillait, ses pensées comme son corps, s’il lâchait prise, il allait sombrer de nouveau. Puis l’homme s’approcha, doucement, simplement poser l’oreiller. Cela suffit à tordre davantage le visage de Tom qui le fusillait toujours d’un air glacial. Mais le silence de l’autre le rendait encore plus fou de rage, n’ayant pas de retour, il ne pouvait rien faire…

Alors il le suivit des yeux, surveillant celui qu’il haïssait plus que tout sortir de la pièce. Il fut seul, il entendit vaguement la porte claquer quelques instant plus tard. La pression se relâcha d’un coup, l’assommant sur place, prit de vapeurs froides, d’hyperventilation, son corps s’écroula sur le lit, le laissant là, épuisé.

Tom ferma les yeux pour se reposer mais il sombra encore, une fraction de seconde. Deux heures plus tard, il ouvrait à nouveau les yeux, complètement ensuqué… Mais cette fois, la mémoire lui sauta au visage dès que sa conscience refit surface… Il savait où il était, chez qui il était, il savait ce qui s’était passé… Plus calme, mais toujours avec cette rage qui l’animait, il s’extirpa du lit, non sans difficulté. Ses jambes le soutenaient à peine et il mit bien dix minutes avant d’arriver au salon. Il fallait qu’il mange… Car là, il ne pouvait tout simplement pas partir. D’un geste fébrile, il se mit à ouvrir chaque placard de la cuisine qui étaient tous vides ou presque, si ce n’est un minimum syndical de vaisselle.

Il s’acharna avant de trouver un paquet de gâteau qu’il ouvrit tout en chancelant encore, engouffrant plusieurs gâteaux d’affilé avant de se jeter sur le robinet pour boire longuement. Ce type l’avait presque bu entièrement alors il n’allait pas se gêner pour vider ses placards pour de bon. Le paquet fut rapidement vidé, le laissant éventré par terre. Il fallait qu’il fouille partout où il pouvait. Alors il reprit ses inspections, se mettant à ouvrir chaque meuble de la pièce, chaque tiroir… Il passait tout au peigne fin mais ne trouvait rien de particulier…

Et le manque qui le rendait fou, accentuait ses douleurs, ses pertes d’équilibre… Il fallait qu’il lui fasse cracher son pognon, par n’importe quel moyen… C’est lui qui allait payer. Aveuglé par cette mélasse gluante, il alla jusqu’au frigo, le dos voûté, l’air hagard, les yeux creusés, le teint livide… Il vit les poches de sang, au nombre de dix. Cet enfoiré l’avait bu alors qu’il avait tout ce qu’il fallait. Très bien… Mais à voire ce sang, il s’empara fiévreusement de l’une d’elle avant de l’ouvrir avec les dents. Les mains tremblantes, il la porta à ses lèvres et se mit à boire, fermant les yeux avec force pour les rouvrir en grand la seconde suivante pour garder un équilibre plus ou moins stable.

Le goût ferreux, froid et synthétique lui retourna l’estomac. La poche lui échappa, éclaboussant le sol du précieux liquide avant qu’il n’aille tout rendre dans l’évier, son cœur se soulevant. L’estomac se contorsionna violemment. Le haut-le cœur ainsi que l’odeur lui redonnèrent une nouvelle nausée qui lui souleva l’estomac tout aussi brutalement que la fois précédente. Epuisé, tremblant, ses yeux s’étaient remplis de larmes alors que le goût infâme restait imprégné sur sa langue. La respiration rapide, saccadée, Tom craint à cet instant de replonger.

Refusant en bloc cette idée, il revint au réfrigérateur à quatre pattes, ouvrit la pote puis tendit la main pour faire glisser les poches par terre. Elles tombèrent dans un bruit flasque et humide et c’est sans plus réfléchir que Tom les emporta jusqu’à l’évier, à genoux devant, il prit un couteau dans un tiroir qu’il avait repéré plus tôt. Maladroit, il s’empara d’un poche, le couteau dans l’eau…

Et il entreprit de toutes les percer, les retournant ensuite pour toute les vider. Les mains maculées de sang, il agissait sans réfléchir, complètement désorienté.
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mar 27 Nov - 3:16

J'avais marché. Longtemps. Sans but. Me laissant porter par la noirceur des souterrains, puis, à la surface, par l'air frais de la nuit. Je n'avais même pas remarqué que la lune était pleine ce soir... J'ai écumé les rues, les trottoirs, je me suis arrêté là sur un banc, puis un peu plus loin dans un parc. J'ai rempli mes poumons d'oxygène alors même que ces derniers n'en nécessitaient plus, j'ai expiré longuement pour vider ma cage thoracique et j'ai repris mon chemin. Ça tournait dans ma tête. Ma situation, ma faute, ce gamin, mon passé. Bon sang ce que j'avais pu merder...

J'aurais voulu revenir en arrière, m'arrêter, me résonner, laisser ce gosse partir ou même ne pas le poursuivre et me faire refaire des papiers d'identités tant bien que mal. Mais c'était impossible, je n'en étais que trop conscient. Le mal était fait. Je ne pouvais qu'essayer de réparer au mieux. C'est sur cette pensée que je passais devant une épicerie de nuit. Les lettres néons bleu et verte clignotaient sur la devanture et la lumière à l'intérieur invitait à entrer. Je m'approchais de la vitrine, regardais rapidement les rayons à travers la vitre. Une pensée s'illumina dans mon crâne : de la nourriture. Celui que j'avais agressé était faible, très faible, alors sans doute aurait-il faim après avoir dormi un moment...

J'entrais dans l'échoppe, zigzaguais entre les rayonnages et entrepris d'acheter des choses et d'autres. Il n'y avait rien de comestible pour un humain chez moi, il fallait bien que je fasse quelques courses. J'achetais certain produit au hasard, d'autres que je me rappelais avoir aimé alors que j'étais encore « normal ». Des chips, du poulet, des frites, des beignets, toutes sortes de choses grasse, appétissantes et pleine de calories. J'achetais également des jus de fruits et surtout du soda. Le sucre contenu dans ces boissons ne serait pas de trop pour remettre ma victime d'aplomb. Une fois ces achats effectué, j'entrepris de retourner directement chez moi. J'avais déjà traîné bien trop longtemps dans la ville, il était temps de rentrer.

Je mis un certain moment à parcourir le chemin qui m'emmena jusqu'à chez moi. J'avais erré plus loin que je ne l'aurait cru. Mais une fois arrivé, j'étais à la fois soulagé d'être là, et anxieux de franchir la porte de mon appartement. Dormirait-il ? Irait-il mieux au contraire le découvrirais-je dans un état plus que préoccupant ? Serait-il réveillé et me cracherait-il de nouveau toute sa haine à la figure ? Me questionner de la sorte ne m'était pas d'une grande utilité, il fallait simplement que j'entre pour en avoir le coeur net. Ce que je fis et ce que je découvris était loin de tout ce que je m'étais imaginé.

Du sang. Partout. Sur le sol, sur le plan de travail, dans l'évier, sur les mains et les cheveux du gamin et était agenouillé là, un couteau à la main. Merde. Sur le coup, j'ai cru qu'il avait voulu en finir, qu'il s'était ouvert les poignets, que tout ce sang était le siens, celui qu'il restait dans son corps et qui était en train de se répandre sur le sol de ma cuisine. Je me précipitais vers lui, lâchant le sac en plastique que je tenais précédemment à la main, le laissant s'écraser sur le pas de la porte. Je saisis instinctivement les poignets du garçon, lui arrachant ce couteau des mains et l'envoyant au choir au fond du bac en aluminium, puis je les inspectais attentivement. Rien. Pas une coupure, même pas une égratignure. Je ne comprenais rien. Mes yeux s'égarèrent un peu partout, cherchant l'explication, quand enfin ils tombèrent sur une poche de plastique jonchant le sol, vidé du liquide synthétique qu'elle avait contenue auparavant.

Je lâchais le gosse, me redressais, et découvrit toutes les autres sous la lame métallique, toutes vidées dans les canalisations. Mais qu'est ce qui lui était passé par la tête bon dieu ?! L'angoisse était redescendue d'un cran, cela dit je ne comprenais toujours pas ce qui avait bien pu se passer ici pendant mon absence. Mon regard replongea sur le gamin, se faisant incisif, presque agressif. Il n'avait toujours pas l'air en bon état, à voir sa tête, ça avait même l'air d'avoir empiré. Il n'était pas bien du tout. Je m'accroupis en face de lui, posais ma main sur son front. Comme je l'avais redouté un peu plus tôt, il avait maintenant de la fièvre, il était moite et pourtant il grelottait. Ce n'était pas du tout bon signe. Je ne savais pas quoi faire et il ne faisait rien pour m'aider.

Je l'attrapais sous les épaules et le soulevait, juste pour le traîner dans la salle de bain. Il fallait nettoyer ce sang mais surtout faire tomber un maximum cette fièvre qui semblait l'avoir atteint tout à coups et le fatiguait d'autant plus qu'il était déjà faible. De l'eau froide, je ne voyais que ça pour y remédier, parce qu'ici, je n'avais aucun médicament à lui donner et trouver une pharmacie de garde à cette heure-là et dans le coin, c'était mission impossible. Dans un premier temps, ce serait donc le plus efficace. Je saisis son menton entre mes doigts et le forçait à me regarder droit dans les yeux.

« Hey ! Concentre toi, écoute bien ce que je vais te dire. T'as de la fièvre, tu comprends ? Il faut faire baisser ta température, ça veut dire douche froide. Est-ce que t'es capable de le faire tout seul ? »

C'était surtout ça la chose cruciale à savoir. Pouvait-il se mettre sous l'eau, y rester un moment sans s'évanouir, puis ressortir de là sans tomber et s'éclater le crâne contre le sol...
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mar 27 Nov - 18:49

Il était complètement amorphe, épuisé… Il n’avait plus aucune idée de ce qu’il faisait ni pourquoi il était en train de s’acharner sur ces poches. Sa tête n’était qu’un brouillard épais et dense, qui l’enveloppait dans une bulle, brouillant ses autres sens. Ça l’anesthésiait presque. Il n’entendit même pas son tortionnaire rentrer, rien, jusqu’à ce que les poignets soient saisis. Le couteau fut jeté dans un bruit métallique que Tom perçut à peine et quand on le lâcha, il retomba les fesses sur ses talons, les bras pendant. La tête baissée, la bouche entrouverte d’où goutait encore du sang, il n’arrivait plus à savoir ni à comprendre… Les nerfs lâchaient prises.

Incapable de résister, il ne fit rien quand le type le souleva, ses pieds le tenant à peine avançaient machinalement, de manière molle et désordonnée, jusqu’à arriver à la salle de bain où il fut mis dans la douche. Assit contre la parois froide provoqua un tremblement, les yeux dans le vague. Une de ses mains reposait sur sa cuisse, la tête basculée en arrière, les dents encore maculées de sang tout comme ses lèvres. Le vampire lui parlait mais les paroles avaient bien du mal à se frayer un chemin jusqu’à sa cervelle. Lentement, ses yeux s’orientèrent vers ce type. Tout ce qu’il voulait, c’était ne pas mourir encore. Au bout du rouleau, ses sourcils s’arquèrent, inquiet, tandis que ses yeux s’embuaient dangereusement. Il remua les doigts sur sa jambe, essayant de parler, de faire comprendre quelque chose à ce vampire, de ne pas le laisser crever comme ça.

Tom cligna des yeux, poussant les larmes qui tombèrent rapidement sur ses joues, il ne fallait pas qu’il le laisse là… Il le suppliait. Ses lèvres remuaient dans le vide, sans force, alors qu’il peinait grandement à garder les yeux ouverts. Il était loin de pouvoir se démerder tout seul, là, vu son état, il serait foutu de se noyer dans une flaque d’eau.
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mar 27 Nov - 20:16

Pas du tout réactif. Il était vaseux, luttant contre l'inconscience, incapable de prononcer le moindre mot. Ses lèvres bougeaient, tentaient d'articuler des phrases, mais il n'y avait qu'un faible souffle qui sortait de sa bouche. J'avais soulevé son bras, pour voir, puis l'avait lâché pour le voir retomber mollement. Il était clair qu'il ne pouvait pas s'occuper de lui tout seul, j'allais devoir le faire pour lui. J'entrepris de le déshabiller pour le mettre sous la douche, lui laissant simplement son sous vêtement, il ne fallait pas abuser quand même. Une fois fait, je le portais tant bien que mal jusque dans la douche et j'ouvrais le robinet d'eau froide, l'aspergeant sans préavis.

Il fallait faire baisser la fièvre, mais pas aggraver les choses. Il ne fallait pas qu'il reste là-dessous trop longtemps. J'arrêtais donc de le tremper après six ou sept minutes. J'attrapais un drap de bain pour l'enrouler dedans et une serviette plus petite pour sécher sommairement ses longs cheveux trempés. Je le frictionnais, histoire de le sécher le mieux possible, et repris la petite chose tremblante dans mes bras pour le porter de nouveaux dans mon lit. Je l'enfouis sous les couvertures, toujours emmitoufler dans le tissu absorbant, et posais une nouvelle fois ma main sur son front. Ça allait mieux, mais ce n'était toujours pas la super forme.

J'allais donc chercher un gant de toilette et une petite bassine. Je la remplis d'eau froide et ramenais tout ça dans la chambre, la déposant au pied du lit. Je plongeais le carré-éponge dedans, l'essorais, et le posais sur le front du gosse qui semblait avoir plongé de nouveau dans le royaume de Morphée. Au moins il se tiendrait tranquille un moment. Il fallait absolument qu'il se repose, qu'il laisse à son corps le temps de récupérer avant d'essayer à tout prix de s'enfuir d'ici. Je comprenais bien sa réaction, mais j'espérais pourtant qu'il comprenne à travers mes gestes que je ne lui voulais aucun mal, au contraire. J'aurais aimé qu'il soit un peu raisonnable, voilà tout.

Je n'allais plus sortir comme je l'avais fait puisque de toute évidence, il était le roi des conneries quand il se retrouvait seul. D'ailleurs... j'avais du ménage à faire avec tout le bazar qu'il avait mis dans ma cuisine. Je sortis de la chambre, allait dans la pièce à vivre et entreprit de nettoyer tout ça. Le sang, même synthétique était plutôt tenace, et je mis un moment à tout enlever. Je jetais toutes les poches de plastique transparent à la poubelle, nettoyais l'évier, ramassais le sac de courses que j'avais laissé à l'entrée. Je remplis le frigo et les placards de tout ce que j'avais acheté, puis m'assis enfin un moment, soupirant. J'étais en train de me demander s'il n'allait pas falloir que je prenne un ou deux jours de congé pour le remettre sur pied...

Je retournais auprès de la belle au bois dormant. Je changeais de face le gant sur son front et le regardait un moment, sans bouger. Je finis par m'asseoir par terre, adossé au mur, le surveillant, attendant une amélioration ou peut être un miracle...
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mer 28 Nov - 1:12

Lessivé, exténué, il ne pouvait que se laisser faire comme un pantin sans vie… Il n’y avait bien que sa conscience qui luttait pour rester à la surface. Sans broncher une seule fois, il se fit soulever, déshabillé, puis remit dans la douche où il fut trempé par les soins de son tortionnaire devenu sauveur. Il grelotait comme un fou, sentant la morsure de l’eau froide sur sa peau chaude, mais pourtant, incapable de claquer des dents. Il se contentait de trembler comme une feuille, même quand l’autre le sécha. Les frictions lui firent du bien cependant, réveillant un peu sa peau et sa circulation, puis il fut à nouveau mis dans le lit, sous les couettes chaudes.

Vaseux, fiévreux, il se laissa partir dans le sommeil, plus serein qu’avant. Il ne sut pas vraiment pendant combien de temps il dormit comme ça, profondément, dans une inertie sans rêve, cependant, quand il ouvrit les yeux, ce fut dur. Plusieurs fois, il ouvrit et ferma les yeux, se laissant le temps d’émerger un minimum. Cette fois, il reconnaissait les lieux, savait où il était et se rappelait moins précisément ce qui s’était passé sous la douche, du moins pas plus que ce que sa conscience avait enregistré à ce moment-là.

Il ne tarda pas à repérer ce type… Type qui l’avait agressé mais qui maintenant s’occupait de lui. Considérablement affaiblie, il se raisonna, la mémoire embrouillée atténuait un peu la peur qu’il avait ressentie à l’agression. Et puis ça fait un bail que l’autre aurait pu se débarrasser de lui. Et en plus, ce type était resté là, près du lit… Il fallait bien être un minimum aimable, cette fois… Moins il ferait sa mauvaise tête, plus il partirait vite, surtout qu’il crevait la dalle, avait soif comme pas possible.

« Salut… » réussi-t-il à articuler entre ses lèvres sèches, encore bien vaseux.

Mais au moins, il n’avait plus ce regard glacial.
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mer 28 Nov - 12:41

Je n'étais pas resté immobile pendant tout le temps que dura son sommeil. Je m'étais levé régulièrement pour tremper le gant -qui était sur front- dans l'eau froide, l'essorer, le replacer là pour faire encore et toujours descendre cette fièvre. J'avais vérifié sa respiration qui c'était faite profonde et régulière, l'intensité de ses tremblements qui c'étaient restreint pour mon plus grand soulagement. J'avais tourné en rond un moment, j'avais même essayé de faire un somme sur mon canapé. Mais j'étais trop inquiet pour trouver le sommeil. J'étais donc retourné m'asseoir par terre, à le fixer de temps à autre, à l'écouter inspirer et expirer. Je n'étais pas du tout conscient du temps qui s'écoulait, je restais juste là, à patienter.

Mon regard s'était fixé sur un point invisible, sur le pied du lit, près du sol. Ainsi absorbé par le vide, je n'avais pas vu que le gamin avait ouvert les yeux. C'est sa voix faiblarde, encore endormie, qui me tira de mon immobilité. Je relevais la tête, étonné, clignais plusieurs fois des yeux en le fixant. Son interpellation n'avait pas été agressive, cela m'avait surpris. Je mis quelques secondes à réagir, puis finalement je lui répondis à l'identique.

« Salut... »

Je me relevais, m’étendant, dépliant mon corps, réveillant mes articulations douloureuses d’être restées trop longtemps dans la même position. Machinalement je regardais l’heure. Il était midi. Ce qui voulait dire que cette fois, il avait bien dormi au moins six heures d’affilé. Six heures que je n’avais pas du tout vu passer. Mais je comprenais mieux pourquoi une telle fatigue m’assaillait. J’étais déterminé à rester éveillé le plus possible, mais il était flagrant que j’étais crevé. Je n’étais pas vraiment dynamique sans être amorphe, et j’imaginais bien que d’immenses cernes avaient dû s’installer juste sous mes yeux. Enfin… passons, ce n’étais pas ce qui importait pour l’heure.

Je m’approchais du gosse et retirais le gant de toilette humide de son front. Je le laissais tomber dans la bassine à moitié remplie d’eau un peu plus bas, et posais ma main à la place de ce dernier. La chaleur qui s’en dégageait semblait bien plus normale qu’auparavant. Bien sûr, je n’étais pas un thermomètre vivant, mais j’étais capable de saisir le changement de température. Ça allait mieux, je pouvais l’affirmer. Je retirais ma main et plongeais mon regard dans le siens.

« Comment tu te sens ? »

Pas globalement bien sûr, je me doutais bien que ce n’était pas la grande forme. Mais je voulais plus savoir s’il n’avait pas mal quelque part, ou s’il avait envie ou besoin de quelque chose en particulier.
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Jeu 29 Nov - 1:29

Le type lui répondit, la même réponse, aussi sobre, mais plus calme, plus tranquille et sans doute plus amicale. Tom déglutit le peu de salive qui lui restait, détachant son regard pour le reposer aussi sec sur l’autre qui se levait. L’humain se calma aussitôt en l’observant s’étirer, commençant à bien ressentir les multiples courbatures qui ankylosaient son corps enfoncé dans le matelas. La tête encore bien embrumé, son esprit y voyait un peu plus clair, assez pour se tenir tranquille face à l’autre, même quand il tendit la main pour retirer le gant sur son front. C’est seulement à ce moment là qu’il sentit l’humidité sur sa peau.

Tom leva les yeux, suivant la main qui alla se poser sur son front… Il n’aimait pas franchement se faire traiter comme un gamin avec sa mère mais il ne broncha pas, se contentant de fixer l’inconnu qui après l’avoir agressé, s’occupait de lui. Et il croisa son regard, à la question… Ce fut sans doute la première fois qu’il fit vraiment attention à ce visage. Le regard était calme, fatigué, mais il n’y avait plus cette lueur meurtrière dans les yeux… Et puis cette peau rosé, fripée par endroit, typique des grands brûlé attira son attention un court instant.

« J’ai soif… Et faim… Et j’ai mal partout. » Lâcha Tom d’un ton plat.

Il s’éclaircit la gorge un peu, faiblement, avant de se passer la main sur le visage qu’il massa, refermant les yeux. Il n’y avait pas besoin pour le moment de demander pourquoi à cet homme. Ni ce qui c’était passé, ni qui il était… Il fallait juste une trêve pour que tout le monde y trouve son compte. Il gigota un peu, histoire de se dégourdir un peu les muscles, avant de regarder ce type.

« Ca faisait longtemps que je dormais ? »

Il était toujours allongé, la tête tournée vers l’autre, attendant sa réponse, ne doutant pas vraiment qu’il allait lui apporter à manger, au point d’assistance où il était, il ne doutait pas que l’autre lui refuse ça, quand même… Il se demandait juste ce qu’il allait bien pouvoir faire car il se souvenait vaguement avoir regardé dans les placards qui s’étaient trouvés vides…
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Ven 30 Nov - 3:31

Soif, faim et mal, ça c'était compréhensible. Et pour les deux premiers points, je pouvais faire quelque chose. Pour le dernier par contre... je n'avais rien pour calmer la douleur malheureusement, il devrait donc faire avec. J'étais sur le point de lui répondre que j'allais pouvoir un minimum le contenter, mais il se racla la gorge dans l'intention de reprendre la parole. J'attendis donc qu'il termine avant de parler. Sa question était sans doute légitime, enfin, ce n'était pas à moi d'en juger au bout du compte. J'étais juste là pour lui répondre et m'occuper de le remettre en forme.

« Plus ou moins six heures. »

À mon tour de me racler la gorge, de gêne. Allé, on réagit, on se bouge et on devient actif et efficace.

« Je reviens. »

Je sortis donc de la pièce sans plus attendre. En atteignant le salon, j'étais presque soulagé. En fait, je me rendais compte que j'étais extrêmement tendu en présence de ce garçon. Normal après ce que j'avais fait, mais il fallait que je reste le plus calme possible pour éviter un maximum de faire des erreurs ou ce genre de choses... bon sang ce que je me prenais la tête avec cette histoire...

Je décidais de me concentrer sur autre chose pour éviter de trop faire tourner mes neurones dans tous les sens, ce qui n'aurait, à l'évidence, servi à rien. J'attrapais donc un plateau et mis dessus à peu près tout et n'importe quoi. Tout ce que j'avais acheté en fait, boisson et nourriture, ne sachant pas ce qui lui ferait le plus envie, ce qui serait le plus nourrissant, le plus appétant... C'était dans ce genre de cas que je me rendais compte que ma vie d'humain était bien lointaine.

Je revins avec tout ça dans la chambre et posais le plateau sur le bureau contre le mur. Je me retournais vers le jeune homme, l'interrogeant du regard. Je voyais bien que le plateau lui faisait envie, mais avait-il la force de se redresser, de se tenir droit et de supporter le poids du plateau et de le garder en équilibre sur lui ? Apparemment... oui. Il eut quelques difficultés à se hisser, mais y parvint et ne cessait de lorgner les denrées. Je lui posais donc tout ça sur les jambes et hésitais un moment à le laisser seul. S'il voulait manger tranquillement je devais partir, naturellement. Mais si jamais il avait besoin de quelque chose, je me devais de rester à porter de main ou au moins de voix.

« Je vais à coté... Je laisse les portes ouvertes, si t'as besoin de quoique ce soit... n'hésite pas. »

Et sur ce, je lui tournais le dos pour repartir dans le salon, lui laissant un minimum d'intimité.
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Jeu 6 Déc - 16:46

Calmé par tout ça, faible, la crise de manque était passée à la trappe, temporairement… Le corps humain choisissait ses priorités et pour le moment, il fallait du carburant, du vrai, celui qui faisait fonctionner ses cellules, ses muscles. Frissonnant, ne cessant de déglutir la salive qui lui manquait, son souffle lui semblait brûlant sur ses lèvres craquelées. D’un regard voilé, il suivit vaguement ce type du regard avant de regarder ses mains sans vraiment les voir. Il essayait de savoir, de retrouver les émotions violentes qui l’avait animé quelques heures auparavant, essayant sans beaucoup de volonté de combler ce vide dans son cœur.

Il n’arrivait cependant pas à être ému d’une quelconque façon. Il n’éprouvait plus ni haine, ni peur, c’était simplement plat, à l’image d’une mer d’huile qui se contentait de refléter comme un miroir, le paysage qui l’entourait, n’ayant droit à son existence qu’à ce reflet. Quand l’homme revint avec un plateau chargé, le besoin primitif reprit son droit, arrêtant ses pensées stériles. L’estomac, le corps, réclamaient leur dû et c’est avec difficultés qu’il se mit assit. Sans que ça soit la réalité, il lui semblait à la fois qu’il était d’une maigreur affolante, qu’il avait perdu le tiers de son poids… Mais ça n’était qu’une impression, il était juste à bout de force.

S’humectant machinalement les lèvres asséchées, il prit le verre, concentrant ses faibles forces dans la poigne qui s’emparait du verre. Il le vida au trois quart avant de le reposer, hésitant un court instant avant de se mettre à manger. Il se forçait à mâcher la nourriture, conscient au fond de lui que s’il engloutissait trop vite la nourriture, il serait encore malade. Même s’il avait envie de manger comme un ogre, il mâchait, mastiquait, avec cette ardeur de ceux qui ont faim, qui veulent faire vite et bien. Comme ces animaux qui de peur de voir leur repas volé, mangeaient avec rapidité. Il en avait même oublié avec tout ça, de faire attention à l’autre, se contentant de manger jusqu’à ce qu’il soit rassasié, se forçant à garder ce qui lui restait d’eau pour finir par là.

C’est seulement à cet instant qu’il se rendit compte qu’il était de nouveau seul dans la chambre. Alors avec prudence, frissonnant encore, il repoussa avec précaution le plateau sur la partie plane du lit, ne pouvant faire guère mieux. Abattu encore par son état, il se gratta l’arrière du crâne avant de grimacer, les griffes devenant des examinatrices… Il tâta plus prudemment l’arrière de son crâne avant de tomber sur une bosse qui lui tira une grimace. Sans trop de problème, il se dit que sa tête avait due taper contre le mur de briques, lorsque l’autre l’y avait plaqué. Abandonnant la blessure, maintenant qu’il savait ce que c’était, il regarda la porte, se rendant compte qu’il ne connaissait même pas le prénom de ce mec… Il ne s’en étonna pas vraiment, ce n’est pas comme si c’était une chose surprenante, vue la situation, mais il ne put que lâché une interpellation un peu brusque.

« Hey ! » Dit-il alors que sa voix fut rude, rocailleuse.

Il s’éclaircit la gorge, toussant un coup.

« Machin… ! »

Manquer de mots et d’idées le frustra, surtout qu’il savait parfaitement qu’il ne pourrait pas faire deux pas sans s’écrouler par terre. Et puis à vrai dire, il ne voulait pas être seul comme ça, comme un con, mais il ne voulait pas l’avouer, butté. Et puis dire une chose pareille alors que ce mec l’avait limite tué, aurait été assez décalé. Il s’en voulu un instant avant de se rappeler que c’était son droit d’être mal aimable s’il en avait envie. Mais quand il vit à nouveau ce type à la gueule à moitié brûlée, il se radoucit un peu, malgré lui.

« J’ai fini… »

Il le regarda instant, d’abord juste les mains puis il remonta au visage penché, léché par des mèches noires comme le jais.

« Tom… » dit-il alors simplement, dans un murmure, observant son vis-à-vis d’un regard un peu fuyant.
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Lun 10 Déc - 15:19

Souffler un peu, réfléchir, marcher. Je tournais en rond dans la pièce en attendant... En attendant quoi d'ailleurs ? En m'attendant simplement à la suite des évènements. Je détestais ça. Avoir merdé de la sorte, me mettant soudainement tellement en péril, bousculant tous les codes et les barrières de sécurités que je m'étais forgés et que je m'étais toujours forcé à tenir. Je détestais être dans une telle position... D'un autre côté, je pouvais me rassurer au moins un peu. Le gosse était encore en vie et si tout se passait bien, il allait se remettre de... de ce que je lui avais fait et détaler vite fait de chez moi. Il m'oublierait, je l'oublierais, chacun reprendrait sa vie et basta, plus besoin de se prendre la tête. Je soupirais lourdement, quand la voix du gamin me tira de mes réflexions.

« Machin » ? C'était moi ça ? Charmant. Enfin, on ne peut pas dire que ça ne collait au personnage. Et puis il était vrai qu'il n'avait pas vraiment d'autre moyen de m'interpeller. Enfin... Je pris un moment pour me préparer psychologiquement à la confrontation qui, je n'en doutais pas, allait arriver, puis je m'avançais, traversant la salle de bain pour atterrir de nouveau dans la chambre. L'autre me fixait. Je m'attendais à un regard hargneux et à une réplique cinglante mais... rien de ce genre n'arriva. Il déclara simplement qu'il avait terminé de manger. À la remarque, mon regard se posa sur le plateau pour constater qu'il s'était bien rempli. C'était une bonne chose. Rien de mieux pour reprendre des forces.

Il continuait de m'observer et ses yeux bleus me... figeaient littéralement sur place. C'était un peu étrange comme sensation, mais son examen minutieux de mon corps m'empêchait de réagir. J'étais à la fois intrigué, un peu gêné et rebuter d'un tel regard. Je savais bien ce qu'il voyait, ce que tout le monde voyait en premier sur moi. Cette peau détruite, témoignage de mon passé, qui me donnait presque un air monstrueux. Je ne pouvais rien y faire, bien sûr, mais c'était vraiment une chose désagréable... Je ne lui en voulais pas, n'importe qui aurait réagis de la sorte après tout...

Alors que je m'apprêtais à tourner la tête pour lui montrer mon profil le moins abimé, une nouvelle parole s'échappa d'entre ses lèvres. « Tom ». Sur le coup je ne compris pas ce qu'il venait de dire. Puis après cinq minutes de réflexion, je me rendis compte qu'il devait s'agir de son prénom. Ou du moins de la manière dont il se faisait appeler. J'avais maintenant un nom à coller sur ce gosse aux cheveux blanc, je supposais donc que la moindre des choses était de lui donner la possibilité d'en faire de même pour moi. J'ouvris donc la bouche pour lui répondre par la même, quoi qu'un peu hésitant.

« ... Ryan... »

Et un blanc s'installa dans la pièce. Que devrais-je faire ? Reprendre le plateau et repartir ? Ou bien rester là et... parler ? Oui mais parler de quoi ? Pourquoi ? Et puis je ne pense pas que c'était ce don il avait envie. Discuter comme si de rien était avec un type qui avait manqué de vous tuer... Ce n'était pas forcément ce dont il rêvait. D'un autre côté, ce mutisme ambiant devenait vraiment lourd. Je me sentais obligé de briser cette latence et disant... un truc, n'importe quoi, le premier truc qui me vint à l'esprit, c'est-à-dire pas grand-chose de constructif...

« J'ai... Du... Jus de fruits ou du soda si tu veux... »

Waouh, très constructif comme commentaire. Je n'étais pas habitué à ce genre de situation, alors forcément, je ne savais pas comment faire ni quoi dire. Je restais planté là, croisant les bras sur mon torse, tournant la tête pour qu'il ne voit de mon visage que la partie la moins brûlée, évitant sans doute de la gêne des deux côtés, continuant à le regarder du coin de l'oeil. Je me sentais un peu... con et inutile à ne pas savoir comment me comporter, mais bon... J'espérais qu'il m'aiderait un peu à débloquer la situation, s'il en avait l'envie bien entendu...
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Dim 16 Déc - 0:18

Les joues encore chaudes, les mains glacées, il attendait une réaction en retour et alternait entre les yeux du type et les draps chiffonnés. Puis cette voix, la voix si rocailleuse cette nuit-là, qui était redevenue plus lisse, clair mais grave, lui répondit. Les yeux de l’humain se levèrent alors sur ceux plus sombre de son étrange hôte et il hocha la tête, ne sachant pas vraiment quoi ajouter de plus. Tom fronça légèrement les sourcils, montrant qu’il était dans ses pensées, qu’il essayait de réfléchir à une chose quelconque avant que le fameux Ryan lui propose autre chose à boire.

« J’veux bien du soda… » Fit-il tout en s’humectant les lèvres craquelées une nouvelle fois.

Puis il hésita et leva les yeux encore, Ryan était partit. Se massant le visage chaud, il sentit la fraîcheur de ses mains apaiser cette chaleur, provoquant un frisson. Son corps trembla légèrement quand le vampire revint dans la chambre avec ce qu’il avait demandé. Il tendit la main, attrapa le soda que lui tendait Ryan et de l’autre, d’un geste plus vif, il lui attrapa le poignet. Se rendant compte de son geste, il le lâcha aussi rapidement qu’il le lui avait saisi et détourna le regard, comme s’il était honteux ou amère.

« J’sais pas pourquoi tu t’occupes de moi… Mais compte pas sur moi pour te dire merci… » Lâcha-t-il un peu froidement, mais il y avait moins de cœur dans ses paroles qu’il y a quelques heures. « Dès que je serais remis, je me casse et on fera comme si on s’était jamais croisé, pigé ? J’pense que ça te conviendra autant qu’à moi… »

Il ne l’avait pas regardé tout le long où il avait parlé, serrant un peu les dents, n’aimant pas vraiment cette situation où il devenait dépendant d’un autre mec qui avait failli le butter.

« Mais en tout cas… Ce que je sais, c’est que c’est pas de la bouffe qui va faire que tu j’vais te pardonner. »

Il avait déjà une petite idée en tête… Mais il ne voulait pas en parler tout de suite, il préférait attendre d’aller un peu mieux avant de foutre la tête de ce connard dans la merde qu’il avait lui-même provoqué. Il mentirait, blufferait, mais l’autre aurait sans doute assez peur pour abdiquer.

« T’es pas un genre de scyzo j’espère… Parce que si tu risques de péter une autre pile là, je préfère me tirer maintenant, quitte à me traîner par terre. »
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Jeu 20 Déc - 2:22

Au moins il acceptait mon aide sans me cracher dessus. C'était déjà une belle victoire. Ou pas... Soit il s'était calmé, soit il se retenait, soit il avait trop peur de moi pour se laisser aller à me lancer son venin à la figure comme il l'avait fait avant. Dans les trois cas, autant dire que je n'occupais pas vraiment une place de choix. Mais bon, il fallait en profiter le temps que ça durerait. Je fis donc demi-tour pour lui apporter ce qu'il m'avait demandé et que je lui avais proposé. Du soda. Le sucre était efficace pour retrouver de l'énergie en peu de temps, les sportifs l'utilisaient dans leur ravitaillement pour se redonner un coup de fouet. Du moins, quand il n'y avait pas autre chose dans leur bouteille. Mais ça, c'était leur problème. Moi, le miens de problème, il était dans mon lit et continuait de m'observer alors que j'étais de retour près de lui. Je lui tendis le remède miracle et une fraction de seconde, je ne compris plus ce qu'il se passait dans cette pièce. Il venait de m'attraper par le poignet, j'avais immédiatement fixé mon regard incompréhensif dans le siens, sans pourtant essayer de me soustraire à son emprise. Jusqu'à ce qu'il me relâche et que je me recule à nouveau.

Il prit la parole. Je m'attendais à ce qu'il justifie son geste parce qu'il avait eu l'air gêné de ce qu'il avait fait mais... ce sont de toutes autres mots qui sortirent de sa bouche. Des mots que je n'attendais pas mais que je comprenais. C'est pour ça que je le laissais parler, sans l'interrompre, jusqu'à ce que le silence retombe à nouveau après la remarque étrange et pourtant justifié de Tom concernant mon... état mental. Dans d'autres circonstances ça m'aurait sans doute fait sourire. Mais pas là. Le sujet était sérieux et il était normal qu'il veuille en savoir plus sur mes agissements qui devaient sans doute lui paraitre sans queue ni tête. Bien, si le moment était venu de s'expliquer alors soit. Il faudrait bien se lancer un jour ou l'autre de toute manière.

« Je... N'attend pas de merci. Encore moins de pardon. Je fais ce que j'ai à faire et c'est tout. Ce n'est pas pour racheter ce que j'ai fait ou pour me donner bonne conscience. Mais simplement parce que j'ai merdé, que ça n'aurait jamais dû arriver et que, si je ne peux pas réparer ça, je peux au moins agir pour aider la personne qui a fait les frais d'une chose dont elle n'est pas responsable. »

Un peu vague, certes... mais à défaut d'être clair, ça avait au moins le mérite d'être sincère. J'espérais qu'il verrait ou qu'il comprendrait que tout ça était un horrible concourt de circonstance, un malentendu atroce et que ça n'aurait jamais dû arriver. Ce qui était fait, était fait. J'étais le premier à savoir et à clamer que revenir en arrière était une chose impossible. Alors j'avançais. À ma manière.

« Je n'ai pas de problème et malgré ce que je suis, je ne suis plu... pas un tueur. Ni un détraqué. L'espace d'un instant je t'ai pris pour quelqu'un d'autre. Quelqu'un que je me ferais un plaisir de saigner si je le croisais dans la rue. Quelqu'un qui te ressemble presque trait pour trait. Une ressemblance tellement troublante que j'ai cru que c'était cette personne. Quand je me suis rendu compte de mon erreur j'ai tout fait pour ne pas te laisser crever dans cette ruelle. Parce que tu n'es pas celui qui mériterait d'être six pieds sous terre aujourd'hui et que la moindre des choses était que je fasse tout ce qui était en mon pouvoir pour te garder en vie. »

Là ça devrait être plus clair. Si ça n'excusait rien, au moins ça expliquait ce qu'il c'était passé. Il pouvait bien m'envoyer paitre, me détester, me frapper, faire tout ce qu'il voulait. Je m'en foutais. J'avais agis comme j'avais cru bon de le faire. Ce point-là ne changerais pas, quoi qu'il dise ou quoi qu'il fasse. Il était obligé de subir la situation que je lui imposais parce qu'il était trop faible pour qu'il en soit autrement. Et jusqu'à ce qu'il aille mieux, la situation ne changerais pas.
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Jeu 10 Jan - 20:41

L'autre faisait son mea culpa et lui donnait des explications... Il serra les draps entre ses doigts, les froissant tout en se pinçant les lèvres, contrarié. Sur le coup, ce connard ne lui donnait plus de raison de le plomber comme il l'aurait désiré, histoire de se défouler un peu. Il savait bien qu'il devait faire quelques efforts pour que ça se passe bien, après tout ce mec-là avait une putain de force même en dehors du fait que c'était un vampire, il avait l'air de savoir foutre des raclées.

Dans la mélasse qui ballottait dans l'esprit du toxico, il nota l'infime hésita, sans savoir ce qu'elle cachait, mais il avait au moins relevé ses prunelles sur son vis-à-vis. Même s'il y avait moins de froideur dans son regard, Tom avait cette furieuse envie d'enfoncer ce type dans la honte où il semblait se prélasser pour être aux petits soins avec lui, histoire de pas trop culpabiliser... Alors Tom, à la fin, eût un rire bref, à la fois dédaigneux et mécontent.

« Et ba j'penserai à faire une petite prière que t'ai retrouvé tes esprits alors... T'es franchement con ou quoi ? R'gardes bien ma gueule, la prochaine fois, fait marcher tes neurones. J'sais pas qui c'est l'mec que t'as envie d'saigner mais c'est pas moi et j'en ai rien à carrer de tes affaires, ça m'intéresse pas. » Lâcha froidement Tom qui pinça à nouveau les lèvres, détournant aussitôt le regard. « T'aurais eu l'air d'un beau gland tient, si j'avais été un simple bureaucrate de mes deux. T'as du bol, j'pense pas porter plainte, heureusement pour ta sale gueule. »

Il attaquait le physique délibérément, appuyant là où c'était susceptible de faire mal. C'était mesquin et bas, mais il s'en foutait carrément en cet instant, même si le type avait vraiment l'air de s'en vouloir. D'ailleurs, il le regarda à nouveau, se disant que malgré sa tronche partiellement cramée, il était pas si dégueulasse que ça, quand il essayait pas de vous vider.

« T'as l'air du genre à pas vouloir d'emmerdes, pourtant t'as mis les deux pieds d'dans. T'as pas dû avoir que les ch'veux de cramés l'jour où tu t'es collé la tronche sur le barbecue. J'veux pas d'emmerdes moi, alors j'espère que t'es clean si je dois rester ici quelques jours. »


[HJ : Je te propose de faire passer quelques jours, dans ton prochain post, si tu es okay:) on peut voir un peu plus en détail par mp, si tu veux ^^]
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mar 22 Jan - 2:22

Cynisme. Ironie. Piques. À quoi m'étais-je attendu au juste ? À ce qu'il comprenne ? Bien sûr que non, personne ne pouvait comprendre la folie et la peur qui m'habitaient lorsque je pensais à « lui ». À ce qu'il me pardonne ? Ça non plus, comme je le lui avais dit. Alors, pourquoi ses mots me pénétraient si violemment ? Je n'en savais trop rien, et pourtant, on ne peut pas dire que les paroles de ce gamin ne me touchèrent pas. Il attaquait comme il pouvait, sur ce qu'il pouvait, comme un petit animal acculé, se défendant à coups de griffes et de dents pour tenter de s'en sortir. Et que fait-on lorsqu'il est impossible d'approcher un animal sauvage ? On le laisse tranquille, jusqu'à ce qu'il cesse de se méfier, qu'il s'approche de lui-même pour qu'enfin il se laisse apprivoiser. Et c'est ce que je fis. Je ne répondis rien à ses tirades, me contentant simplement de sortir de la pièce et même de l'appartement, encore une fois, afin de m'isoler et de nous donner du répit à tous les deux.

Puis ce fut comme une routine qui s'installa. Durant les 6 jours qui suivirent, je ne lui adressais pas la parole, même pas lorsqu'il essayait de lancer une conversation. Parce qu'après réflexion, mieux valait ne pas trop faire causette inutilement. Une fois sur pied, il disparaîtrait dans les rues de Midgnight et je ne le recroiserais sans doute jamais. De ce fait, je ne voulais rien savoir de plus sur lui et je voulais encore moins qu'il en sache davantage sur moi. Peut-être aussi que j'avais peur de nouvelles confrontations qui se trouveraient presque automatiquement désagréables et violente, au moins de sa part. Je le visitais donc uniquement quelques minutes par jour, histoire de vérifier son état de santé et de lui apporter de quoi se nourrir. Le reste du temps, j'étais dehors. Je travaillais plus que d'habitude, enchaînant les services lorsque je le pouvais. Quand c'était impossible, je faisais le tour de la ville, restait des heures dans les salles de sport à me vider la tête en faisant divers exercices. J'ai même dormi une nuit à l'hôtel. La dernière. Ces derniers jours il avait retrouvé des couleurs, de la vigueur, des forces et je pensais qu'il aurait disparu lorsque je reviendrais le lendemain.

Malheureusement, ce ne fut pas le cas. À mon retour, il était encore là et faisait d'ailleurs un drôle de bouquant dans la pièce d'à côté. Est-ce qu'il cherchait quelque chose ? De l'argent, des papiers... Où peut était-il tout simplement en train de détruire ce qui lui passait sous la main parce qu'il en avait assez d'être enfermé ici, ou bien même parce qu'il voulait se venger de moi. Qu'il fasse, il n'y avait rien à trouver ici. J'étais bien trop prudent pour laisser trainer quoi que ce soit. Je n'avais rien de matériel à part quelques habits et tout ce qui importait pour moi était bien à l'abri dans le portefeuille que je portais toujours sur moi. Cela dit, lorsque je l'entendis fouiner dans la salle de bain, je m'inquiétais un peu plus. Qu'est-ce qu'il cherchait ? Des médicaments ? Je n'en avais pas. Des... lames de rasoir ? Quelques choses dans le genre ? Ça pouvait être n'importe quoi, alors autant en avoir le coeur net.

Après avoir lâché un soupire -car j'avais l'étrange pressentiment que cette nouvelle confrontation n'allait rien donner de bon- je me décidais à rejoindre Tom pour lui demander ce que c'était que tout ce bordel. Mais quand je le vis... je me stoppais net. Là, il y avait quelque chose qui clochait, c'était certain. Je ne savais pas encore quoi, mais je comptais bien changer ça.

« Qu'est-ce qui se passe ?! »

Le ton était un peu sec, la voix un peu forte. Je devais être ferme, parce que là, dans le cas contraire, il était presque certain qu'il ne m'écouterait pas du tout.
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Sam 23 Fév - 1:28

Quelques jours s'étaient écoulés depuis la maigre discussion qu'ils avaient eu. Un échange superficielle, teinté d'une légère accalmie dûe à la simple faiblesse physique de l'humain. Mais rapidement, la nervosité lui travailla le corps et l'esprit. Les tremblements qu'il cachait en se faisant violence, quand l'autre lui apportait à manger en lâchant à peine quelques mots, qui ne venait au fond qu'amplifier le stresse et la nervosité. Malgré que Tom se sente encore faible, le manque était revenu au galop, son corps habitué réclamait son dû de la façon la plus brutale. Il tenait rarement en place et quand il était seul, il avait finit par se lever et par retourner tout l'appartement, le moindre fond de tiroir, le moindre dessous de meuble. Il n'y avait rien chez ce type. Pas de photo, pas de documents, pas vraiment de bouffe non plus, le strict minimum qu'il avait acheté en fait, pour nourrir sa victime.

Rapidement, le peu de remord que le jeune homme avait pû avoir sur le coup, en voyant le visage si sombre de ce type défiguré, s'était totalement évaporé à cause du manque qui commençait à ravager sérieusement sa caboche et son corps tout entier. Jusqu'au jour où l'obsession fut telle que dès que Ryan fut partit, dès qu'il fut certain que l'autre était partit comme il en avait prit l'habitude, Tom s'était levé d'un bond, ignorant les tremblements violents qui secouaient ses muscles tétanisés. Cette fois la recherche commença de manière plus offensive. Il allait en premier à la cuisine, ouvrant un tiroir pour en prendre un couteau et tout ustensiles qui pouvaient lui être utile et il se mit à quatre patte, au niveau de la latte qui cachait le dessous du coin cuisine. Serrant les dents, fébrile, il dû s'y reprendre à plusieurs fois, avant de finalement s'aider de son autre main. L'une tenait le manche, l'autre la pointe qu'il guida dans le mince espace. Dès qu'il sentit la lame coincée, son poignet se mit à se tordre, ses doigts se resserrèrent avec force tendit qu'il travaillait le bois compressé, faisant levier, la lame ployant sous la pression qu'il mettait. Transpirant déjà, il poussa un râle en y mettant toute sa force. Les clous qui maintenaient la latte cédèrent d'un coup et le bois craqua, pliant la surface mince en plastique qui recouvrait le bois compressé. Aussitôt ses mains se faufilèrent dans le trou et il arracha ainsi chaque morceau jusqu'à ce qu'il put glisser son bras en dessous. Il ne sentait rien, à part des moutons, des toiles d'araignées et quelque morceau inconnu. Il voulait du sang, il voulait sa dose, même s'il savait très bien qu'il ne trouverait rien de tout ça. Les poches d'hémoglobines n'étaient pas une bonne expérience, il le savait et depuis l'épisode précédent, Ryan avait apparemment pris soin de les mettre ailleurs que dans l'appartement. En tout cas, il n'y avait plus rien.

Tom se redressant, chancelant, donnant un coup de pied rageur dans une porte de placard qu'il esquinta. Il avait cette rage qui le consumait et c'est les yeux complètement illuminés de folie qu'il reprit le même manège que l'autre fois, fouillant dans les tiroirs, jusqu'à aller dans la salle de bain qu'il retourna de fond en comble. Rien, il n'y avait rien, et sa rage progressait à une vitesse alarmante, tout comme les tremblements qui le secouaient mais qu'il ignorait royalement. Puis c'est là que la voix retenti dans la petite pièce. Tom se retourna vers ce type qui l'avait mis dans cette putain de situation, vers ce type qui se permettait de lui parler comme ça et ses yeux clairs avaient presque disparus sous la dilatation des pupille.

Il se jeta sur lui, l'agrippant au col, il ne se contrôlait plus du tout, il ne pensait qu'au sang et il lorgna la jugulaire du vampire comme s'il en était lui-même un. Il avait toujours pris ses petites conso dans son coin, gérant plus ou moins bien ses prises qui devenaient de plus en plus régulière et nécessaires... Mais là, voilà près d'une semaine qu'il n'avait rien eut et ce connard de vampire allait payer pour ce qu'il lui avait fait subir. Les cheveux en vrac, de longues mèches tombaient de manière désordonnée sur son visage, la tignasse graissée par le manque de douche des derniers jours passés à transpirer comme un veau. Il avait l'air d'un fou et il l'était.

Sa main se plaqua comme une serre autour du cou, y plantant sans préavis les ongles.

« Tu vas me donner ton sang espèce d'enfoiré ! » Gronda sourdement l'humain dont la force était accrue décuplait ses forces.

Tout ses muscles étaient tendus à leur maximum, soumis à une pression telle que Tom ne mesurait même pas sa force et si Ryan avait été un humain, il serait sûrement déjà en train de suffoquer. Il serra les dents, les lèvres retroussées sur ses dents qui pouvaient parfaitement faire office de crocs dans sa tête. Il pourrait le boire, il pourrait assouvir ce manque en buvant la drogue à l'état pur.
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Ryan Anderson
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Lun 18 Mar - 18:13

Qu'est-ce que c'était encore que ce bordel ? J'étais tombé sur un gamin encore plus timbré que moi durant mon moment d'égarement ou quoi ? Voilà que ce Tom s'était jeter sur moi, l'air fou, avant que je puisse avoir le temps de comprendre ce qu'il se passait. D'abord, son poing se serra sur mon col alors que j'avais un mouvement de recul instinctif, puis il lâcha mes vêtements pour se glisser férocement jusque sur ma gorge, se mettant à serrer, fort. Allons bon, si sous la colère son projet avait été de me tuer, il s'y prenait mal. L'oxygène ne circulait plus dans mes veines depuis bien longtemps, je ne risquais pas de m'étouffer. J'eus même un bref sourire à cette pensée, la situation me paraissait tellement absurde que s'en était drôle, bien qu'à l'évidence, il se passait quelque chose d'absolument tout sauf hilarant dans la tête de ce gamin. Puis le déclic se fit alors qu'il m'aboyait dessus. Lui donner mon sang ? Drôle d'idée, sauf si...

Je me saisis de la main qui enserrait mon cou, enserrant fermement le poignet blanc entre mes doigts, tirant sur celui-ci pour le faire céder. Seulement, il était bien accroché et les ongles plantés dans ma peau à la manière des serres de rapaces ne voulaient pas capituler si facilement. Je dus tirer sur ce dernier pour l'arracher de là, déchirant du même coup quelques lambeaux de peau, faisant alors perler le sang à l'endroit même où passait ma jugulaire. Les yeux sombres du gamin se plantèrent sur ces quelques gouttes à présent visible, liquide qu'il semblait désirer plus que tout en cet instant. Ma main libre vint instantanément saisir le menton du blond, mon pouce et mon index empoignant la mâchoire de ce dernier, le forçant à relever la tête moi pour me permettre de scruter son visage blafard, le tenant du même coup à distance. Sueur, pupilles dilatées, tremblements. Un camé, en manque avec ça et apparemment shooté au jus de vampire. C'était bien ma veine. J'avais vraiment gagné le gros lot dans cette histoire...

Ce qui était étrange et qui m'aurait fait presque peur, c'était cette sensation étrange qui venait de me prendre. Une sorte de jubilation de voir le sosie de cet homme dans un tel état, à ma merci, que j'avais la possibilité de torturé si je le voulais, rien qu'avec cette faiblesse qu'il me révélait. Se sentir puissant, pour une fois complètement maître de la situation depuis qu'il était ici. Les idées qui défilaient dans mon esprit en devenaient carrément malsaines et complètement sadiques. Heureusement que j'avais une conscience assez développée pour m'éviter de faire n'importe quoi, conscience qui m'avait amené à le recueillir par remord. Peut-être que je vivrais mieux sans elle, mais pour le moment, elle était là, faisait partie de moi plus que jamais et m'empêchait d'agir en véritable sociopathe. Du moins, la plupart du temps.

Effaçant tout ça de mon esprit, je me reconcentrais sur la situation. Il voulait sa dose et moi j'étais remplie de la substance qu'il désirait. En fait, je représentais une énorme friandise devant les yeux d'un gosse accro au sucre et qui par-dessus le marché, n'aurait rien mangé depuis des jours. Comment résister hein ? Sauf qu'à mes yeux, plusieurs problèmes ses présentaient. Le premier, c'était que depuis que j'étais devenu ce que j'étais, je répugnais tous ces drogués au sang. Pas que le fait de se droguer en lui-même me dérange, chacun faisait ce qu'il voulait, seulement se dire que je pouvais me faire saigner à tout instant pour contenter des camés qui crèveraient eux-mêmes par la suite à cause de moi... l'idée me dérangeait. Mais passé mes états de conscience, un autre souci se présentait et non des moindres. Dans un état pareil, si je le laissais gentiment faire comme il semblait l'espéré, il allait se tuer. S'arrêter de boire quand on est mort de soif et incontrôlables s'avérait quasi impossible. Et comme je n'avais aucune idée de la quantité susceptible de tuer un humain, je ne prendrais surement pas le risque de dire « vas-y, fais-toi plaisir, je t'arrêterais ». Alors, je fini simplement pas dire :

« Non. »

Ce n'était pas forcément un « non » catégorique, mais dans cet état, il était absolument hors de question de prendre le risque. Je n'avais pas fait tout ça pour qu'il claque d'une overdose maintenant.

« Si tu veux crever en me sautant à la gorge c'est ton problème, mais compte pas sur moi pour te faciliter la tâche. C'est clair ? »

Facile à dire quand on savait que j'avais bien failli le faire passer de vie à trépas en lui sautant à la gorge justement... Sur ce, je le repoussais, préparé à ce qu'il retente son coup. Je me doutais qu'il n'en resterait pas là, mais que voulez-vous, l'espoir fait vivre.
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Zachary Dashrob
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mer 27 Mar - 18:55

Il était fou, les yeux complètement assombris par le disque sombre de ses iris, ne laissant qu'un mince cercle bleu clair à peine visible dans les yeux injectés de sang. Son visage était rouge de frustration. Tom voulait sa dose... Tom la désirait plus que tout, plus que n'importe quoi. Les yeux agrandis de stupeur à la réplique ferme, il fixa le vampire un instant, encaissant les paroles qui suivaient. Tom se détacha de l'étreinte d'un geste brusque, grognant sans le lâcher un instant du regard, sous le coup, il le haïssait, de tout son être. Puis une lueur traversa ses yeux, comme on ceux qui ont des éclairs de génie pour une mauvaise affaire.

« Oh ouais ouais ! D'accord... Tu veux pas m'filer de son ton sang, toi tu t'es pas géné hein, pour m'sucer jusqu'à ce que te gaver ! » Fit Tom avec un sourire ignoble, agitant les bras comme un comédien de théâtre.

Il le poussa du doigt, le corps tremblant encore grandement de l'effort qu'il faisait pour se contrôler un minimum.

« Et apparemment tu l'as bien aimé, espèce de gros cochon. Alors voilà l'deal. J'te file un peu de mon sang en échange d'un peu du tiens. » Dit-il avant de tirer sur le col pour y laisser voir les deux larges marques encore laissées par leur altercation. « Hein ! R'garde moi ça ! Espèce de sale enfoiré d'hypocrite ! » Cria le jeune homme en empoignant le défiguré par le col.

« Tu m'fais pitié avec tes grands airs de seigneur des suceurs. Alors t'as intérêt à bien réfléchir à ma proposition et vite ! » Tonna-t-il, les cheveux blancs s'effilochant sur ses épaules, les yeux dilatés braqués sur le vampire n'étaient pas prêt de le lâcher d'une semelle. « Parce que si tu veux du sang, moi je suis prêt à t'en refiler. »

Il prit ce qui lui tomba sous la main, une paire de ciseau qu'il ouvrit en grand avant de pointer la lame sur le revers de son poignet.

« Si tu refuses... »
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MessageSujet: Re: Rédemption.   Mer 3 Avr - 17:16

Réplique attendue et de circonstance. Oui, je ne m'étais pas contrôlé et je l'avais mordu, oui, j'avais manqué de le tuer à cause de ça et oui, il avait tous les droits de me le reprocher encore et encore. Même si entendre sans arrêt la même chose commençait à devenir ennuyeux et usant. Un soupire m'échappa alors qu'il m'accusait de nouveau, osant poser la main sur moi, ou plutôt le doigt, comme pour appuyer les propos qui suivirent. Et les paroles qui suivirent eurent comme une impression de déjà-vu. Sauf qu'au lieu de demander un peu d'argent en échange d'un peu de sang, là, c'était donnant donnant. Sang pour sang. Vu sous cet angle, le fait que je « lui devait bien ça » devenait évident. Il n'avait pas besoin de me montrer les marques qui ornaient la base de son cou comme il le faisait pour que ses mots pèsent sur moi comme c'était le cas maintenant. M'attraper comme ça par le col n'était pas non plus nécessaire et, à vrai dire, ça me donnait plus envie de rire qu'autre chose.

Seigneur des suceurs ? Allons bon, son cerveau déconnait vraiment. Le manque, en plus de le désinhiber et de devenir, il fallait bien l'avouer, inconscient, lui faisait aussi dire franchement n'importe quoi. Pourtant, d'une certaine façon, c'était drôle de le voir comme ça, si sûr de lui, n'ayant peur de rien. C'était comme s'il se sentait surpuissant en face du type qui l'avait fait passer si près de la mort. Bien sûr, il savait que les reproches que je me faisais et la culpabilité le protégeait, il n'était pas idiot, du moins je ne crois pas qu'il le soit. Mais il y avait tout de même des limites. Je rêvais ou il me menaçait là ? Si je refusais quoi ? Je me mis à ricaner.

« Si je refuse quoi ? Tu comptes allez voir les flics, toi, un petit junkie ? Laisse-moi rire ! Ou alors peut être que tu veux me tuer ? Dommage, je suis déjà mort ! »

Techniquement, c'était vrai. Je ne respirais plus, mon coeur ne battait plus le rythme dans ma poitrine et ma température corporelle s'harmonisait avec celle ambiante. Un cadavre sur patte en somme. Alors, franchement, la perspective de mourir -encore- ne me faisait pas plus frémir que ça. Mais bon, revenons-en à nos moutons.

« J'en veux pas de ton sang. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, j'en ai plein le frigo. Ou plutôt j'en avais avant que tu décides gentiment de bousiller toutes mes poches. Et des gardes-mangés sur patte j'en ai d'autres sans avoir besoin de m'encombrer de toi. Cela dit, je te l'accorde, je me suis servi sans demander et peut-être bien que je devrais te rendre la pareille. »

Peut-être avais-je dit. Parce que le problème de fond se posait toujours.

« C'est ça que tu veux, hum ? »

Je passais mon pouce sur l'égratignure ensanglanté de ma gorge, regardant la trace rouge avant de la retourner devant les yeux rouges de Tom. Je posais mon doigt contre ses lèvres, les barrant d'une traînée rougeâtre, mes yeux plongés dans les siens.

« Je me suis pas fait chier à te remettre sur pied pour que tu me claque dans les pattes en me buvant, ok ? »

Seulement, il fallait bien que je me rende à l'évidence. Il n'allait pas me lâcher jusqu'à ce qu'il ait obtenu ce qu'il voulait, alors autant lui donner ça. Et puis peut être qu'en faisant cet échange-là, on serait... quitte ? Dans une certaine mesure, ce serait le cas, même si évidement, au fond, ce ne serait jamais tout à fait le cas. Je récupérais ma main, portant mon poignet jusqu'à mes crocs pour y percer moi-même un trou sanguinolent avant de le tendre vers ce gamin.

« Alors essaie juste de pas crever, tu veux ? »
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