Blood Diary
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 Opération " Fougère" [pv Sam ]

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Brook Riley
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MessageSujet: Opération " Fougère" [pv Sam ]   Mar 5 Fév - 15:24

La journée avait semblé s’étirer en longueur. Chaque heure amenant son lot d’agacement. Brook avait l’impression, en cette fin d’après-midi, qu’il avait épuisé toutes ses forces à houspiller son personnel.

Se redressant sur son fauteuil, il soupira.

Ce soir, une mission assez particulière l’attendait et il ne savait s’il devait sourire à l’idée farfelue qui avait germé dans son esprit quelques semaines plus tôt ou si au contraire, il commettait la plus grosse boulette de sa vie…

Il passa une main hésitante sur le bas de son visage, caressant ses mâchoires d’un geste ferme avant de bondir de son siège pour aller se poster devant la fenêtre. Il tapota nerveusement sur le carreau en verre fumé puis, glissa sa main dans l’une de ses poches d’où il extirpa ses clopes. Dans la minute qu’y suivit, le buste penché à l’extérieur, se cassant les côtes sur le soubassement de la fenêtre, Brook fumait. Prenant bien soin de recracher au loin la fumée de sa cigarette. Ne voulant surtout pas déclencher par son acte, l’alarme à incendie, qu’il avait été obligé d’installer dans tout le bâtiment, son bureau y compris.

Quand il repensait à toutes les normes auxquelles il avait du se plier, il enrageait encore.
La hauteur des fenêtres en faisait partie, et sans cette norme stupide, il ne serait pas sur la pointe des pieds à s’emmerder pour fumer.

Un coup sec contre la porte et une petite voix vint troubler sa quiétude.

-Monsieur Riley…

Sans même se retourner il éructa de méchante humeur :

-Quoi ?!...


Et ne dérogeant pas à sa mauvaise foi légendaire, il lâcha :

-Vous ne voyez pas que je suis occupé ?!!...

Sa secrétaire, vaillante et extrêmement bien payée, il fallait bien ça pour qu’elle resta à son service, continua néanmoins sur un ton affermit :

-Le matériel que vous aviez demandé a bien été réceptionné et entreposé au sous-sol…

Elle n’obtint qu’un vague borborygme pour toute réponse, comprenant par là qu’elle pouvait se retirer, ce qu’elle fit, non, sans jeter un dernier coup d’œil sur le postérieur de son patron.

Une fois le silence revenu dans le vaste bureau, Brook resta encore un moment en suspend dans sa position inconfortable le temps de finir sa cigarette. Il envoya ensuite le mégot voltiger dans les airs, et attendit, comme un gamin, de voir si celui-ci finirait directement dans le caniveau. Il avait beau calculer d’hypothétiques trajectoires et attendre pour vérifier si ses pronostics étaient justes, jusque là, jamais, il n’avait réussi. Le mégot virevoltant au gré de sa chute pour finir, la plupart du temps, sur le trottoir.

Retrouvant enfin toute la fermeté du sol sous ses semelles, Brook retourna vers son bureau. L’heure fatidique approchait. L’obscurité commençait à tomber. L’agitation au journal, semblait elle aussi s’estomper. Dans les bureaux, les lumières s’éteignaient les unes après les autres, laissant simplement place aux veilleuses qui balisaient faiblement les couloirs, indiquant les issues de secours.

Dans une petite heure, ses acolytes devaient le rejoindre. En attendant, il irait vérifier que sa commande soit bien complète. Un dernier coup d’œil sur son portable qu’il fourra dans la poche de son pantalon avant d’éteindre, lui aussi, la lumière de son bureau et de suivre, d’un pas pressé, les longs couloirs qui menaient dans les sous-sols de son entreprise.

Pour accéder à ce dernier espace, il fallait un pass spécial que peu de personnes possédaient. Afin de ne pas avoir de mauvaise surprise ce soir, il venait de changer les codes d’accès. On n’était jamais trop prudent.

Une fois dans le local, Brook alluma les néons qui grésillèrent en lançant des éclairs de lumière blanche avant de s’allumer définitivement. Sur un vieux bureau, un carton trônait et à la vue de ce paquet, un immense sourire vint se plaquer sur son visage. Il ne put s’empêcher de se frotter les mains même si, en définitive, il risquait de s’en mordre les doigts de son idée de génie…le moment n’était pas au regret, ni au doute mais à l’action.

Le carton était ceint de plusieurs épaisseurs de scotch épais et en voyant ça, Brook fronça les sourcils. Pas besoin de tâter ses poches, il n’avait rien de tranchant qui aurait pu faire l’affaire. Lâchant un juron, il entreprit d’arracher les bandes adhésives, soufflant et injuriant la terre entière et surtout l’abruti qui avait saucissonné le carton de la sorte.

Après des minutes d’efforts et des seaux d’obscénités, il réussit à ouvrir le précieux colis. Il glissa précautionneusement à l’intérieur sa main dont il avait replié les doigts afin d’éviter de s’écorcher avec le carton déchiqueté.

Tendant le cou et étirant les doigts, il palpa le fond de la boite, quadrillant méticuleusement chaque centimètre carré avant de commencer à remonter ses trouvailles. Une fois son butin étalé devant lui, il arqua un sourcil, le coin de ses lèvres remonté en une moue qui n’augurait rien de bon.
Sur la surface du vieux bureau s’étalaient quatre cagoules noires, une sorte de sac noir en tissu épais, de la corde, et quatre paires de gants fins, noirs eux aussi.

Dubitatif, Brook secoua le carton, retourna explorer les parois, mais il n’y trouva rien de plus que ce qu’il avait déjà trouvé.

-Merde ne put-il s’empêcher de lâcher.

Certes, la cible n’était pas dangereuse ni violente mais, pour la faire parler, Brook avait compté sur une bonne dose de Penthotal…un truc de pro quoi…il secoua finalement la tête en se disant qu’il regardait trop de films et que…commençant à s’apitoyer, il stoppa net. Cet affreux s’était tiré sans payer sa dette et ce soir, même si cela n’avait aucun rapport, Brook aurait sa vengeance.

Mauvaise foi quand tu nous tiens…

La porte s’ouvrit, faisant sursauter Brook tout en le tirant de ses plans foireux et trois hommes entrèrent. Pour mettre son plan à exécution, il avait fait appel à deux journalistes avec qui il travaillait en free lance ainsi qu’à un « chauffeur » tout terrain. Ces trois gars n’avaient peur de rien, et étaient prêts à tout pour mettre à jour les agissements de la Thorgan.

Se dirigeant d’un pas ferme vers le brun, le premier lança d’une voix rauque :

-Je vois que tu as déballé le matos. Parfait.


Puis, jetant un regard à sa montre, il annonça :

-Notre cible va bientôt quitter son bureau. On va pouvoir le cueillir tranquillement. Il est taillé comme un bâton de sucette, on ne devrait avoir aucun mal à maitriser l’athlète continua-t-il d’un ton plus que moqueur.

-Si vous n’avez rien de plus intelligent à rajouter, je propose de se préparer et d’aller le cueillir, comme tu dis si bien.

Chacun prit une cagoule ainsi qu’une paire de gant. Brook inspecta le couvre-chef et avant qu’il n’ouvre la bouche, l’homme qui avait déjà parlé expliqua :

-C’est un filtre pour la voix. Lorsque tu parles là-dedans, ta voix est déformée. Le gars, même s’il te croise par la suite, il ne pourra pas de reconnaitre. Idem pour les yeux. Le voile noir te permet de voir correctement alors qu’il offre un écran opaque à celui qui est en face. Du matos de pros.

Brook secoua le sac en tissu noir et épais et comprit à qui il était destiné…

La voiture aux vitres teintées et « empruntée » par le chauffeur occasionnel, roulait au pas dans la rue calme et quasiment déserte à cette heure-ci. La cible, d’après une source interne, n’allait pas tarder à sortir. Tout le monde se tenait prêt à intervenir.

Lorsque Brook aperçut le comptable derrière les grandes baies du hall d’entrée, il eut un pincement au cœur fugace mais, ses acolytes, moins sentimentaux que lui, étaient prêts à bondir hors de la voiture.

Dès que le brun posa le pied sur le trottoir, deux gaillards cagoulés s’éjectèrent du véhicule, empoignèrent le petit comptable tout en lui enfonçant le sac noir sur la tête tandis que profitant de l’effet de surprise, un des comparses lui ligotait les mains tout en le poussant sans ménagement sur le siège arrière de la voiture qui redémarra en trombe.

C’est ainsi que Brook se retrouva avec le visage de Samuel collé contre les cuisses…
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Samuel E Brooks
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MessageSujet: Re: Opération " Fougère" [pv Sam ]   Mar 5 Fév - 20:15

Jusque là, ça avait été une bonne journée. Selon le petit comptable en tout cas. Il avait bien avancé le matin, démêlant des dossiers un peu bordéliques à ses yeux. Certains de ses collègues n'étaient pas assez rigoureux à son gout. Oh, ils n'étaient pas incompétents, il ne reprochait rien au recrutement, mais tout de même, parfois, il lui arrivait de recevoir de vieux fichiers à traiter qui n'avaient pas été passées au crible en amont. Lui considérait que tout devait être soigneusement scruté et justifié, même si sur le moment, cela semblait peu utile. Qui pouvait savoir ce qui se passerait par la suite, après tout ? Et certaines informations devenaient très difficiles à retrouver quand le temps passait.

Bref, il avait mis de l'ordre, et dans ses dossiers en cours, aucune irrégularité en vue. Pour certains, ça pouvait sembler ennuyeux. Mais Samuel, lui, aimait quand tout fonctionnait bien, comme une mécanique bien huilée. Rien ne le satisfaisait plus que de passer une semaine sans surprise, sans accroc. Et c'était le cas, ces derniers temps. La vie était un long fleuve tranquille. Il se fit la réflexion en se faisant un café, dans la salle de repos, à midi. Il n'avait pas travaillé dans beaucoup d'entreprises, mais chez Thorgan, il était vraiment dans son élément. Tout semblait si net, si simple... Pas que le travail manquait, au contraire même, mais il avait rarement affaire à un manque d'informations, ou à quoi que ce soit d'un tant soit peu obscure. Un vrai bonheur.

Il poussa un petit soupir satisfait, repartant avec son gobelet vers son bureau. Il croisa l'un de ses collègues dans le couloir. Celui-ci l'arrêta.

- Samuel ! Tu as deux minutes ?

Le petit comptable opina du chef, s'arrêtant un instant. Le type était un grand gars aux tempes grisonnantes, et avait plus d'expérience que lui. C'était un bonhomme relativement jovial, que le châtain appréciait assez. Une ou deux fois, ce brave père de famille lui était venu en aide, lui expliquant quelques astuces et l'aidant à s'améliorer. En retour, Sam lui filait un coup de main avec les logiciels qu'ils utilisaient. Ce n'était pas un génie de l'informatique, mais il maîtrisait les programmes récents, ce qui n'était pas toujours le cas de son aîné. Ils auraient pu être amis si Samuel n'était pas si coincé. Il ne riait que poliment aux plaisanteries, et n'alimentait aucune conversation concernant sa vie personnelle.

- Tu pourrais t'occuper de ces commandes ? Les fournisseurs sont pas joignables avant deux jours, et moi, ce week-end, j'ai mes gosses...

- Bien sûr, ne vous en faîtes pas. assura le plus jeune, attrapant les fichiers que son interlocuteur lui tendait, lui adressant un sourire poli tout en coupant gentiment court au récit de la vie de l'autre depuis son divorce. Pas que ça ne l'intéressait pas, mais pas loin, quand même.

C'était une bonne quantité de boulot, mais ça ne le dérangeait aucunement. Travailler plus n'était pas un souci. Il n'était pas du genre à rechigner devant les heures sup, ni à économiser ses efforts. De plus, il savait que cet homme ne le prenait pas pour une poire, et si lui n'aurait jamais fait passer un week-end en famille avant son boulot, il ne pouvait pas blâmer quelqu'un d'essayer d'être un bon père.
Après un bref échange peu consistant avec son collègue, il retourna à son bureau, les bras chargés. Son après midi fut donc bien remplie, tandis qu'il épluchait des colonnes de chiffres, s'avançant pour s'occuper des dossiers dont il venait d'hériter le plus tôt possible.

Les heures défilèrent et quand il leva le museau, il était déjà bien tard. Il remonta ses lunettes. S'il voulait finir, il devrait y passer la nuit. Ce n'était pas raisonnable. Il poursuivrait le lendemain. Il rangea donc son bureau, éteignit son ordinateur et récupéra sa veste. Récemment, il avait respecté ses horaires, il fallait qu'il tache de s'y tenir. Son quotidien était réglé comme du papier à musique. Mécaniquement, il rejoignit le hall d'un pas vif, cherchant dans sa poche de la monnaie pour les transports. Il avait encore son travail en tête. En général, il cessait d'y penser pendant le trajet. Avant cela, il était en pilote automatique, ses gestes étant tout les jours les mêmes. Il poussa la porte pour sortir, les yeux baissés.

Il y avait un peu de vent, Samuel plissa les yeux et rentra un peu la tête dans les épaules, plongeant sa main de la poignée de la porte à sa poche pour chercher son paquet de cigarettes. Mais la brise eut à peine le temps de lui lécher les joues, et il n'eut qu'une fraction de seconde pour effleurer l'arrête de la petite boîte que deux types sortirent d'une voiture et se ruèrent sur lui.

- Mais ?! Qu'est-ce que... ?!!


Il n'eut pas l'occasion d'en dire plus, mais sa phrase était de toutes façons sans suite.
Tout devint noir : on lui couvrit la tête et on lia ses poignets avant de le balancer sur une banquette. Seul un petit "hmpf" plaintif franchit ses lèvres.
Il mit quelques secondes à réussir à penser à nouveau. Dans son esprit, ça se bousculait. Que pouvait-il bien lui arriver ? Et pourquoi lui ? Pas qu'il aurait aimé que ça arrive à quelqu'un d'autre, mais vraiment, il ne voyait pas ce qu'il avait pu faire pour qu'un truc pareil lui tombe dessus.
C'était allé si vite... il n'avait même pas remarqué la voiture ! D'ailleurs, il n'avait pas su compter combien d'hommes il y avait eu exactement. Deux, il lui semblait, l'avaient attaché, mais c'était tout.

Il avait la tête posée sur les jambes d'un troisième bonhomme. Il commença à gigoter, à se débattre comme il pouvait pour se redresser, au moins. Il ne serait pas plus avancé en position assise, mais au moins ce serait un peu moins embarrassant, comme configuration. Seulement, il manqua déjà de s'étaler au démarrage, ce qui le calma un peu.

- Vous êtes qui ? Qu'est-ce qui se passe ? cracha-t-il.

La voix du petit comptable était étranglée par la panique, il s'abîmait les poignets à tirer sur ses liens et ses lunettes de travers lui esquintaient le nez, mais il ne sentait rien de tout ça tant l'incompréhension était profonde.

- Et je vous ai fait quoi ??

Il avait beau réfléchir, il ne comprenait pas. Il remonta aussi loin qu'il put dans sa mémoire, tachant de réfléchir à qui il avait pu causer tant de tort, ou avec quelle personne douteuse il avait pu être lié... mais il ne voyait pas. Même de l'époque où il avait été moins sage, il n'avait vraiment nui à personne et n'avait pas gardé de contact. Sa famille alors ? Difficile de les relier à lui, pourtant. Alors cette histoire avec Miles ? Mais il ne faisait rien d'illégal !

- Vous vous trompez... grogna-t-il entre ses dents.

Le petit comptable s'arrêta ensuite de parler. Il avait le souffle court et l'air ne passait l’épaisseur du tissu que difficilement. Sa tête tournait un peu. Il ferma les yeux, tâchant de se calmer, et cessant de gigoter quelques instants.
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Brook Riley
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MessageSujet: Re: Opération " Fougère" [pv Sam ]   Jeu 7 Fév - 12:07

La branche d’une paire de lunettes lui entra méchamment dans la cuisse et la posture équivoque de Samuel qui l’avait fait fantasmer une fraction de seconde plus tôt, devint vite douloureuse. Brook n’eut pas besoin de l’assoir dans une position digne de ce nom, le comptable, râlant et s’agitant, s’était redressé tant bien que mal par ses propres moyens.

Brook se massa rapidement l’endroit meurtri, en évitant d’émettre la moindre parole désagréable. Se plaindre dans de telles circonstances était déplacé. Comprimé contre la portière, Samuel écrasé entre lui et l’autre compère, Brook restait silencieux.

Il sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Ne sachant pas trop s’il devait mettre ça sur le compte de leur kidnapping, ou si c’était l’émotion de retrouver le comptable. Un flot de souvenirs déboula dans son esprit. Oubliant presque le but de sa mission. Se concentrant sur la chaleur que le brun dégageait et que Brook appréciait. Il lui semblait sentir son odeur si caractéristique. Une odeur de …fougère. Et il adorait ça.
Mais, la mission était la mission, et si lui s’égarait dans les méandres de sa mémoire, les autres ne perdaient pas de vue l’objectif. Faire cracher au comptable ce qu’il savait de la mégère blonde et de sa société.

Les phares de la voiture furent éteint et son allure diminua jusqu’à rouler au pas. Ils s’engagèrent dans un parking sous-terrain dont la lourde grille s’éleva en un bruit de ferraille, peu rassurant, telle une immense bouche béante et noire, prête à les avaler. Ils furent secoués en passant sur les ralentisseurs avant d’être absorbés par l’obscurité. Seul le crissement des pneus sur le sol peint émettait un bruit plastifié.

Ils étaient revenus à leur point de départ. Les sous-sols du B. Diary.

L’immeuble était constitué d’un véritable réseau sous-terrain. Des mètres de couloirs ainsi que des pièces plus ou moins désaffectées, qui servaient parfois de remise, ou comme ce soir, de salle d’interrogatoire. C’était une première et si la « séance » se passait bien, il se pourrait qu’ils récidivent avec d’autres personnes…mais, tout ceci n’était encore qu’un vague dessein.

Le chauffeur s’arrêta non loin d’une sorte de quai de déchargement. Toujours sans un mot, les hommes s’extirpèrent de la voiture. C’est Tom, un baroudeur doublé d’une tête brûlée, qui s’occupa de faire sortir le comptable de la voiture, prenant soin d’attacher un lien autour du cou de Samuel, évitant ainsi que le sac ne bouge et qu’il puisse voir, ne serait-ce où il mettait les pieds.

Brook suivait les opérations d’un œil inquiet. Il ne voulait pas qu’on lui étouffe sa Fougère. Il avait des projets pour le petit comptable. Du genre, personnels. Très personnel. Penser à Samuel le mettait toujours dans tous ses états.

La voix déformée de Tom s’éleva dans le silence, surprenant Brook en le faisant sursauter. Décidément, il avait du mal à s’y faire.

-Tu avances sans faire d’histoire et tout ira bien.


Ils s’engagèrent dans un long couloir froid et sombre. Les pas résonnaient contre les murs de béton gris. Tom tenant fermement le bras de Samuel. Autant pour le guider que pour lui éviter de s’étaler par terre. Lorsqu’ils furent devant la bonne salle, ils entrèrent dans la pièce. Un froid glacial y régnait tandis qu’une odeur de vieille poussière leur picota le nez.

Samuel fut assis, sans ménagement, sur une chaise en bois et minutieusement ligoté. Ne faisant plus qu’un avec le siège. Ficelé de la sorte, il était dans l’incapacité de lever le petit doigt. Il n’y avait aucun danger qu’il puisse défaire ses liens. Même Houdini, n’aurait pu se libérer de ce savant mélange de nœuds assassins.

Dans un accès de bonté, Brook s’approcha de sa Fougère, et tenta de détacher, non sans mal, le lien qui maintenait le sac bien enfoncé sur sa tête. Tom avait un don pour faire des nœuds, et pour libérer le comptable, Brook, tira sur la cordelette, ce qui eu pour effet qu’elle se serre encore plus. Il espéra de tout son cœur que cette opération ne le tue pas. Il tenta de se remémorer combien de temps le cerveau survivait sans oxygène et finit par conclure qu’il devait surtout se dépêcher. Crevant de chaud sous cette maudite cagoule, les doigts gourds par le froid qui régnait dans la pièce et le lien trop serré qu’il n’arrivait pas à défaire avec les mains gantées, l’opération se révélait plus périlleuse que ce qu’il avait cru au départ. Pour rassurer le comptable, il marmonna de sa voix méconnaissable :

-J’ai bientôt fini…

Il craignait surtout de l’étrangler avant d’avoir eu le temps de le libérer. C’est Tom qui d’un savant coup de couteau, sectionna la cordelette, permettant au comptable de reprendre son souffle.

Brook replia rapidement le bas du sac afin que le comptable puisse respirer tout son soûl. Il lui devait bien ça…il en profita aussi, pour glisser une main à l’intérieur, et retira avec autant de précaution qu’il en était capable, les lunettes de Sam, qu’il plia et glissa dans la poche de sa veste.

Si d’aventure, des claques étaient, malencontreusement distribuées, les lunettes seraient épargnées. Les blessures aussi. Ils avaient d’ailleurs âprement parlementé sur la nécessité d’en venir aux mains pour obtenir des réponses et Brook avait simplement demandé la prérogative de frapper sa Fougère lui-même, pensant ainsi pouvoir doser l’intensité des coups, se faisant le porte flambeau du « qui aime bien, châtie bien ». Il se frotta machinalement l’intérieur de la cuisse en se remémorant l’incident dans la voiture et en conclut que des lunettes pouvaient être un outil dangereux.

Les protagonistes étant tous présents, plus ou moins consentants, les choses sérieuses pouvaient commencer.

Les trois hommes se postèrent devant Samuel qui semblait avoir fusionné avec sa chaise en un amalgame de cordes et de noeuds, et d’un ton peu engageant, Tom attaqua :

-Nous savons que tu travailles pour les entreprises Thorgan, en qualité de comptable…nous aimerions savoir ce que tu sais sur les activités de cette société ainsi que sur Kristjana Thorgan.

Pour une raison aussi farfelue que hors de propos, Brook songea que dans les films avec la mafia, c’était toujours le comptable qui faisait les frais des agissements de son patron et il imagina le pire pour Samuel, omettant de se souvenir que c’était lui qui l’avait mis dans cette situation…
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Samuel E Brooks
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MessageSujet: Re: Opération " Fougère" [pv Sam ]   Sam 9 Fév - 1:09

Samuel tendait l’oreille. Attentif aux sons du moteur, à ceux que produisaient ses kidnappeurs et à tout ce qu’il pouvait percevoir, il cherchait en vain un indice lui permettant d’éclaircir la situation. S’il avait été plus doué, il aurait pu compter les virages, ou au moins déterminer combien de temps ils avaient roulé. Mais il était loin d’être coutumier ou entraîné pour ce genre d'évènement. De plus, coincé entre deux bonhommes, il se sentait juste vaguement bousculé, sans réellement percevoir les mouvements du véhicule. Il restait donc dans le flou.
Finalement, ils ralentirent et entrèrent quelque part, le son d'une grille ou d'un portail en attestait. Samuel put relever les crissements des pneus quand ils tournaient. Ce bruit lui colla des frissons. Il devaient être dans un parking, un entrepôt, ou quelque chose dans ce goût-là. Bon, il n'était pas beaucoup plus avancé... Le petit châtain tachait de rester en place quand ils passaient sur les ralentisseurs, les secouant un peu. On ne se doute pas à quel point l'usage de nos mains et de nos bras peut jouer dans la conservation de notre équilibre.

Ils s'arrêtèrent. Le petit comptable fut tiré hors du véhicule. Il tâcha de simplifier la tâche à son ravisseur sur ce coup-là, ne tenant pas à se casser la figure. Une fois debout, on passa une cordelette autour de son cou et il tressaillit. Il ne devina pas de suite le but de l'opération et serra les dents, n'osant bouger de peur de s'étrangler.

- Tu avances sans faire d’histoire et tout ira bien.


Il fut un peu rassuré que le bout de ficelle ne se resserre pas plus mais les mots du kidnappeur résonnèrent dans sa tête, lui arrachant un frisson. La voix qu'il avait entendue était un peu étrange, comme déshumanisée, et c'était déstabilisant. Le petit comptable ne parvenait même pas à s'imaginer à quoi les hommes pouvaient ressembler, ni vers où il se mirent en marche d'ailleurs.
Lui à qui rien n'arrivait, qui maîtrisait son petit quotidien et connaissait par cœur tous les éléments qui le composaient, n'allait pas pouvoir rester comme ça dans l'ignorance totale de ce qui se passait. Il ne le supporterait pas longtemps.

Tout en avançant, toujours de sa démarche sèche, malgré l'anxiété qui le saisissait et la main qui enserrait son bras, il tâchait d'économiser son souffle. Il faisait chaud là-dessous, sa peau était moite et il respirait mal. Il sentait ses lunettes glisser légèrement sur son nez. Il esquissa l'ombre d'un mouvement, pour les remonter, oubliant momentanément que ses gestes étaient entravés et tiqua en le réalisant à nouveau.
Au bout d'un temps qui lui parut une éternité, ils entrèrent dans une salle, qui avait l'air de ne pas avoir été ouverte depuis un bon moment. Il y faisait froid, un frisson lui courut le long de l'échine. Mais il n'eut pas plus le temps de se soucier du fond de l'air, qu'il se retrouva brusquement le derrière collé sur une chaise, laissant échapper un bref gémissement de surprise, avant de se faire ligoter.
Ils avaient peur qu'il s'enfuie en courant ? Mais pour aller où ? Et avec les mains liées ?

Même assis, Samuel cogitait. Les types n’avaient pas lâché un mot en réponse à ses questions dans la voiture, ce à quoi il fallait bien s’attendre. Il se doutait bien qu'ils ne l'éclaireraient pas plus pour l'instant. Son petit cerveau de comptable, après avoir écarté toutes les possibles causes de son infortune, commença à examiner les options moins probables. Voire incongrues. Il fronça les sourcils. Il devait vraiment commencer à manquer d'oxygène. Où alors c'était le stress. Il n’était pas du genre à se faire des films, mais il ne parvenait pas à seulement attendre le dénouement de l’histoire. Il était quelqu’un de relativement patient, mais là, c’était un peu trop en demander, il ne fallait pas tirer sur la corde.
Sur aucune corde, d'ailleurs, car l'un des types vint jouer avec celle que le châtain avait autour du cou, la resserrant. Il tressaillit. Pourquoi l'amener jusque là, où que ce soit, si c'était juste pour l'étouffer ? Pour le coup, son cœur s'emballa réellement, il sentait le sang battre à sa tempe.

-J’ai bientôt fini…


Il n'entendit même pas le couteau couper le bout de ficelle potentiellement meurtrier. Il sentit seulement qu'il pouvait à nouveau respirer. Et ce qui lui cachait le visage fut relevé, dans le même temps, lui accordant une grande bouffée d'air pour le moins appréciable. Il reprit donc une profonde inspiration, les joues rougies, et laissant un peu aller sa tête en arrière avant de pousser un petit soupir soulagé. Il voulut détourner le museau quand il sentit une main gantée glisser sous le sac avant d'ôter ses binocles, mais n'en fit rien, trop occupé à retrouver ses esprits et une respiration normale. Il resta un moment sans bouger, un peu assommé, les lèvres entrouvertes et les yeux fermés sous le tissu. Le froid environnement lui saisit le visage, sa peau était moite. Le changement de température doublé de l'odeur de grenier, ou de cave, enfin de vieux, quoi, lui chatouillèrent les narines. Il eut beau remuer le bout de son nez comme la sorcière d'une célèbre série télé, il finit par éternuer.
L'espace d'un instant, il avait oublié ses ravisseurs, l'esprit occupé par ces petites questions de confort. Mais ceux-ci se rappelèrent rapidement à lui.

- Nous savons que tu travailles pour les entreprises Thorgan, en qualité de comptable…nous aimerions savoir ce que tu sais sur les activités de cette société ainsi que sur Kristjana Thorgan.

Ledit comptable fronça les sourcils, relevant la tête même s'il n'y voyait toujours rien. S'il y avait bien quelque chose qu'il n'avait pas envisagé en cherchant la raison de son enlèvement, c'était son travail.

- Mais... c'est de l'espionnage industriel !
s'indigna-t-il.

Allez savoir pourquoi, il trouvait ça plus révoltant encore que le kidnapping en soi. Il pinça les lèvres, et revint sur la question qui lui avait été posée. Quelque chose clochait dans cette histoire d'espionnage.

- ... Et pourquoi vous intéressez-vous à Mme Thorgan ? Je ne vois pas ce que je pourrais vous apprendre, et je ne vois pas en quel honneur je le ferais de toutes façons. Puis si vous croyez que mon poste a si peu de responsabilités qu'il serait facile de me faire dire n'importe quoi, détrompez-vous. Certains ont quand même un minimum de respect pour leurs employeurs.

Son ton était un peu anxieux, et pincé, mais surtout moralisateur. Comme bien souvent. Ça pouvait paraitre surprenant quand on ne connaissait pas l’énergumène, mais quand on l'avait un peu fréquenté, on le reconnaissait dans ce genre de réaction. Ce n'est pas dans la panique ou dans une situation extrême qu'on corrige ses travers après tout. Pas Samuel en tout cas.

Il se disait que s'ils l'avaient pris lui, alors qu'il y avait d'autres comptables, à des postes plus importants que le sien et surement plus au fait des activités de la société, c'était parce qu'ils le pensaient plus facile à corrompre. Et bien si c'était le cas, il pouvaient se mettre le doigt dans l’œil, et jusqu'au coude. Il était loin d'être rassuré, mais plus loin encore de coopérer avec de tels individus.
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MessageSujet: Re: Opération " Fougère" [pv Sam ]   Aujourd'hui à 9:04

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