Blood Diary
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 Et la lumière fut ! [Pv]

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MessageSujet: Et la lumière fut ! [Pv]   Sam 29 Jan - 12:32

Cela faisait une bonne semaine que le jeune homme n’avait plus rien tenté. Il avait eu une peur bleue lorsqu’il s’était fait pincé et il n’osait plus travailler. Oui mais… Ses économies continuaient de s’évaporer doucement et il n’avait pas d’autres choix. Il décida donc que ce serait cette nuit qui serait la bonne. A quoi bon rester sur un échec et se morfondre dans son coin ? Ce n’était pas son genre. Et puis… Il était obligé de continuer son métier s’il voulait pouvoir vivre correctement. Cette nuit, tout irait bien, il le sentait bien. La lune était parfaitement ronde et elle éclairait faiblement les alentours de Midnights, de son envoûtante lumière diffuse. L’air était cru et il brûlait les poumons de Yukio, lui donnant une impression de pureté. On aurait presque pu se croire à la montagne s’il n’y avait pas tous ce béton et ces clochards qui agonisaient à cause de la morsure du froid, sur le sol.
Le Dhampire commençait à avoir l’habitude, il en voyait des comme ça depuis sa plus tendre enfance et il les enjambait maintenant sans même leur adresser un regard, ils faisaient partit du décor. Depuis qu’il était petit, il avait apprit une chose. La vie, c’était la loi du plus fort : soit tu te bats de toutes tes forces, en ne comptant que sur toi-même et avec un peu de chance, tu t’en sors. Soit tu fais confiance au premier venu, tu te fais rouler et tu meurs. Il avait décidé de s’en sortir seul, de ne compter que sur lui-même et ça faisait maintenant vingt-et-un ans que ça marchait. Pourquoi donc s’en priver maintenant ? Il décida de ne pas s’attaquer aux appartements des riches, malgré tout, il avait des papillons qui dansaient dans son estomac et il sentait son cœur battre à toute vitesse dans sa poitrine, cherchant sans doute à s’en échapper.

Il avait peur.

Mais il se sentait également vivre. C’était comme ça, quand il sentait son cœur battre à toute vitesse, manquant de se décrocher et de lui faire faire une syncope, c’était quand ses yeux papillonnaient et qu’il frémissait au moindre bruit, c’était quand il marchait sur la pointe des pieds, c’était quand il n’était qu’une simple ombre dans la nuit. Oui, c’était quand il vivait de cette manière qu’il sentait le sang humain parcourir ses veines. Ce sang tant chéri. Ce sang qui lui rappelait la seule personne qu’il ait vraiment aimé au monde, sa mère.

Il décida que ce soir-là, il s’attaquerait aux HLM.

Yukio savait qu’ils n’étaient pas très riches, c’est pourquoi il évitait de prendre des grosses sommes, il ne voulait pas non plus les envoyer à la rue. Il n’était pas si cruel. Non, il était juste un être dans le besoin. Le Lys Pourpre était habillé de manière sobre, comme tous les soirs où il « travaillait ». Il portait un jean noir simple et près du corps ainsi qu’un col roulé de la même couleur. Pour tenir ses cheveux, il avait une de ces grosses casquettes garçonnes à la Oliver Twist où il les dissimulait, il en profitait car elle lui mangeait la moitié du visage. Si on avait regardé par sa fenêtre, on n’aurait vu qu’une petite ombre fragile qui se déplaçait de sa démarche féline dans la périphérie de Midnights. Cependant, on n’aurait pas pu s’en inquiéter parce que des ombres comme celle-ci, on en voyait passer tous les jours. La nuit, à Midnights, on savait tous qu’il ne faisait pas bon de s’y aventurer car certaines de ces fameuses ombres étaient particulièrement dangereuses et voraces.

Il arriva bientôt devant les immeubles et choisit celui dont il connaissait le code d’entrée, pour l’avoir observé plusieurs fois. Il s’infiltra donc plutôt facilement à l’intérieur et il grimpa les escaliers pour s’arrêter à un étage au hasard. Il ne voulut pas aller au rez-de-chaussée parce qu’il savait que la concierge était une vraie commère et qu’elle n’hésiterait pas à appeler les policiers en cas de soucis. Il ne tenait pas à terminer la nuit au poste, et encore moins à se faire connaître de ceux-ci et donc, il préférait prendre de l’altitude par rapport à cette mégère. Il choisit une porte au hasard complet, remarquant que la lumière était éteinte, alors qu’il regardait sous la porte. Il se dit qu’avec un peu de chance, les locataires étaient partis faire la fête. Il crocheta donc la serrure, après cinq bonnes minutes de lutte et entra doucement dans l’appartement, fermant la porte derrière lui.

Le jeune voleur sentait son cœur battre tellement vite qu’il avait l’impression que son corps vibrait en rythme avec celui-ci. Il avait peur que celui-ci ne fasse trop de bruit et le trahisse bien qu’il sache que c’était techniquement impossible. C’était à peine s’il touchait le sol, faisant de longues enjambées, il marchait presque comme un astronaute. Il se passa alors une chose horrible…

Son pied se déposa sur un objet mou et il glissa dessus.

Il se sentit basculer en arrière et il commençait à bouger ses bras pour se rattraper, espérant ainsi faire le moins de bruits possible mais l’objet fit un bruit abominable qui résonna à travers tout l’appartement, un « pwèèèèèèète » de la morkitu se fit entendre bientôt suivit d’un gros « badabouuuuuuuum ! », signe que Yukio venait de se prendre une armoire avec la délicatesse et la grâce d’un éléphant danseur étoile unijambiste et aveugle de surcroît. Et comme si ce n’était pas tout, un adorable rire de bambin accompagna le tout. Maintenant complètement paniqué, Yukio recula, toujours à terre, et se prit une seconde fois l’armoire, faisant redoubler le rire joyeux du petit garçon qui le regardait. Celui-ci tenait la girafe en caoutchouc qui venait de subir l’affront et qui avait hurlé son indignation, le vendant ainsi. Yukio allait se relever pour mieux fuir, il se doutait que s’il y avait un enfant dans l’appartement, celui-ci ne serait pas seul. Il devait donc s’en aller avant de se faire prendre. Mais avant qu’il ne puisse décoller ses fesses du sol, la lumière se fit…



Dernière édition par Yukio Fujii le Dim 30 Jan - 12:56, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Dim 30 Jan - 8:57

Liam lui effleura la joue avec douceur. Un petit sourire tendre étirait ses lèvres et ses yeux pétillaient. Oui, il adorait voir son petit bout de chou s'endormir, il l'aimait tout simplement. Neil était peut-être la seule chose qu'il ne regrettait pas de son histoire avec son ancien amant. Avoir un enfant était la plus belle chose au monde.

- Je laisse la lumière allumée, d'accord? Tiens, j'ai retrouvé ton lapinou sous le canapé ce matin. Dors bien mon ange...

Liam lui rendit alors son lapin, une peluche à l'origine grise qui était désormais brunie par la saleté et la poussière. Neil enlaça son père un court moment, avant de s'allonger à nouveau dans le lit, ramenant la couverture jusqu'à son menton. Il ne prononçait pas le moindre mot, trop fatigué pour cela. Liam lui laissa sa veilleuse allumée, mais éteignit toutes les autres lumières. Il regagna ensuite sa chambre et se changea à son tour, puis se coucha lui aussi, ne se doutant pas de ce qui allait se passer cette nuit...



Neil se retourna lentement dans son lit, poussant un petit soupir. Il avait du mal à dormir. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il jeta un regard circulaire dans sa chambre, seulement éclairée par la veilleuse. Il ne savait pas quelle heure il était, ni s'il avait longtemps dormi, mais quoiqu'il en soit, quelque chose le troublait. Il avait la vague impression que son père était levé, un peu comme si lui aussi ne parvenait pas à dormir. Ou bien y avait-il quelqu'un d'autre dans la maison. N'imaginant pas que cette personne puisse être une mauvaise personne, le petit garçon se jeta hors de son lit, en tenant fermement son doudou contre lui. Le lapin n'était pas là pour le protéger mais seulement pour lui tenir compagnie, il le suivait donc partout où Neil se rendait. Pieds-nus, ce dernier s'approcha silencieusement de la porte de sa chambre qu'il ouvrit sans le moindre bruit, puis il se rendit au salon. Et là, un curieux bruit retentit. Sa girafe! Le lapinou tomba à terre alors que Neil se précipitait vers son jouet, puis un énorme fracas retentit, alors que le petit garçon voyait une ombre se vautrer royalement à terre... ce qui eut pour seul effet de le faire rire.

Et ce fut surtout le rire de Neil qui réveilla brusquement Liam, tandis qu'un autre bruit suivait le son cristallin de sa voix. Il ne mit pas bien longtemps à s'éjecter hors de son lit et, comme il connaissait son appartement comme le fond de sa poche, il n'avait nul besoin d'éclairer les pièces. Il se dirigea automatiquement vers son placard à balais, saisit une serpillière et se rendit au salon, alerté par les bruits. Là, il décida enfin d'allumer la lumière et la surprise le figea. Il y avait effectivement quelqu'un dans son appartement, tout vêtu de noir. Un voleur? Neil se trouvait près de lui. Aussitôt, Liam se braqua et lança un regard noir à l'inconnu.


- Si vous touchez à un seul cheveux de mon enfant, je vous tue sur-le-champ!

Ou alors il pouvait tout aussi bien appeler la police, le téléphone se trouvait près de lui. Neil le dévisageait avec inquiétude, puis se tourna vers le voleur. Il ne comprenait plus rien à la situation. L'autre homme devait s'être fait mal en tombant, il fallait l'aider! Alors pourquoi son père se braquait-il ainsi et le menaçait?

- Papa, il est tombé! Je suis sûr qu'il a mal!
- Neil, cet homme n'est pas quelqu'un de gentil, écarte-toi de lui immédiatement, c'est un ordre!


Cependant, Neil ne bougeait pas. Son regard se posait une fois sur l'individu puis une fois sur son père, à tour de rôle. Il hésitait, serrant avec force sa girafe et son lapin contre lui. Si les deux avaient été vivants, nul doute qu'ils seraient morts étouffés. Liam approcha lentement de l'inconnu, toujours armé de sa serpillière levée bien haute, prêt à frapper s'il le fallait. En même temps, il ordonnait à son fils d'appeler la police mais celui-ci restait encore planté sur place, hésitant. Il lui faudrait bien un jour, pourtant, qu'il fasse la différence entre le bien et le mal... et Liam se promettait de le lui expliquer une énième fois. Il ne savait plus combien de fois il lui avait dit qu'il ne fallait pas parler à un inconnu et qu'il fallait se méfier des personnes qu'il ne connaissait pas, mais Neil était un garçon beaucoup trop gentil, mais aussi beaucoup trop naïf. Il pouvait facilement se faire duper ainsi et Liam craignait pour lui, surtout de ce qui pouvait lui arriver si jamais il rencontrait des pédophiles ou d'autres types dans ce genre.

Neil n'était pas prêt de bouger. Et de toute manière, il avait déjà oublié le numéro de la police. La police lui faisait peur. Mais son père ne semblait pas avoir confiance en l'inconnu qui semblait pourtant si gentil! Il avait un regard doux... puis il ne ressemblait franchement pas à son père! Ah, ça non!


- Papa, il te ressemble pas du tout! C'est normal? Il vient d'une autre galaxie?

Exaspéré, Liam leva les yeux au ciel. Oui, son fils était le plus beau cadeau qu'il ait jamais eu, mais qu'est-ce qu'il pouvait lui causer des soucis, toujours l'inquiéter et l'effrayer de la sorte! Il n'avait pas du tout peur de cet homme et ne s'en méfiait pas. Au contraire, il était même intrigué. Cependant, Liam se fichait pas mal de savoir si cet homme était un asiatique, un métis ou n'importe quoi d'autre. Il voulait seulement le virer de son appartement et ne plus jamais le revoir. D'ailleurs, il n'était pas sûr que cet inconnu soit venu pour le voler, peut-être qu'il était venu pour tuer! Alors il représentait une menace sérieuse. Que voulait-il au juste? Et qui était-il?

- Que faites-vous ici? Je vous laisse deux minutes pour répondre avant d'appeler la police...

Intérieurement, il priait pour que les choses ne se déroulent pas mal. Un cambrioleur est une personne dangereuse, qui peut avoir des réactions imprévisibles et cela, Liam en avait parfaitement conscience. C'était bien ce qui l'inquiétait. Il voulait que Neil se cache, se protège, mais le petit était toujours plus intrigué par les traits de l'homme. Il ne voyait pas le danger, il ne le sentait pas et ne s'en méfiait pas. Liam était prêt à se blesser, à se tuer pour lui, du moment qu'il n'arrivait rien à son enfant, du moment que ce dernier n'était pas blessé.
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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Dim 30 Jan - 12:55

Si Yukio avait possédé le pouvoir de disparaître, de se rendre invisible ou de se transformer en petite souris, il en aurait fait usage à ce moment-là afin de se sortir le plus rapidement possible de cette situation embarrassante. Non seulement il venait de se faire deux jolies bosses à l’arrière du crâne, il se faisait en plus attraper par un bambin et le pire de tout c’était que son père venait d’arriver à la suite. Eh bien oui, sur les centaines d’appartements d’HLM, il fallait qu’il tombe sur une famille avec un père. Déjà que le jeune homme avait un peu de mal avec ceux-ci depuis qu’il avait apprit l’abandon de son père, il avait fallut en plus que ces hommes profitent de sa mère et pompent d’elle tout ce qu’ils pouvaient exploiter, jusqu’à la tuer. Vous comprendrez donc qu’il se méfiait toujours de ces hommes, peu importe leur race, leur ethnie ou leur position sociale. Alors c’était un véritable cauchemar de se faire attraper par un homme…

- Si vous touchez à un seul cheveux de mon enfant, je vous tue sur-le-champ!

Super, un papa poule ! Mais alors là, on ne pouvait même plus parler de malchance, c’était carrément le destin qui s’acharnait sur notre pauvre voleur. Il resta silencieux et soutint son regard. Que pouvait-il répondre à ça ? Cela ne servait à rien. Il suivit l’échange père-fils et remarqua que l’enfant ne pensait que ce soit un méchant. Le jeune métis s’empêcha de sourire. Comme tous les enfants, il était naïf et il possédait la logique des Anciens « bon-beau-vrai » : il suffisait qu’une personne ne se montre pas menaçante et qu’elle ne soit pas particulièrement horrible pour qu’elle passe pour une bonne personne aux yeux innocents des bambins. Son père essayait de lui expliquer le contraire mais il ne semblait pas avoir assez d’autorité sur le jeune garçon qui ne comprenait décidemment rien à la situation.

Le père commença à s’approcher de lui, lentement et Yukio commença à se sentir en danger. Il reculait à mesure que l’homme s’approchait et il fut bientôt coincé par l’armoire, se cognant une troisième fois. Il était acculé comme une proie par son prédateur et il ne pouvait rien faire, en tout cas, rien devant un enfant. Il se mordit la lèvre, sentant les larmes monter doucement à ses yeux noisette alors qu’il cherchait un moyen de s’en sortir. Son cœur dansait la Cha-cha-cha dans sa poitrine tandis que son cerveau fonctionnait à toute vitesse, pourtant paralysé par la peur. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il était cuit de chez cuit. Le balais qui servait d’arme se leva au-dessus de sa tête, particulièrement menaçant, alors que le dénommé Neil se demandait pourquoi le métis ne leur ressemblait pas. Il avait le temps de se poser ce genre de questions existentielles dans ces situations-là, lui ? Ah, ces enfants !

- Que faites-vous ici? Je vous laisse deux minutes pour répondre avant d'appeler la police...

Alors là… La situation se gâtait. Yukio commença à paniquer et son cerveau entra en phase de pause, ou alors peut-être qu’il se mit à fonctionner tellement vite qu’il n’arrivait plus à le suivre. Il mit sa main dans sa poche et sortit un lys rouge, sa signature. Il n’était pas connu des civils, du moins pas encore donc il ne pensait pas que le père puisse comprendre quelque chose. Il commença à tendre la fleur vers le père avant de remarquer que le balai fonçait droit sur lui. Avant même qu’il ne comprenne la situation, ses réflexes de voleur prirent le dessus et il plongea vers la gauche, roulant sur lui-même et protégeant sa casquette d’une main et le lys de l’autre. Il se mit en position accroupis, comme un chat s’apprêtant à bondir à la moindre sensation de danger et s’arrêta de respirer un moment, tout en essayant d’analyser la situation. Il comprit soudainement. Ça devait avoir surpris le jeune père de le voir fouiller dans sa poche et il ne s’était pas posé de questions, abattant son balai pour neutraliser le suspect. Timidement, le jeune voleur tendit la lys au père tout en lâchant d’une petite voix, à peine audible et vraiment pas sûre d’elle :

« Une fleur… »

N’essayez pas de comprendre ce qu’il lui était passé par l’esprit, c’était tellement absurde qu’il ne pourrait l’expliquer lui-même. Il se tourna vers l’enfant et il lui sourit avant de lui parler avec douceur :

« Dis… Neil ? Tu ne pourrais pas nous laisser, ton papa et moi, et aller dans ta chambre ? On doit discuter de choses de grands. »
« Non, je ne veux pas ! »

Il fallait s’en douter. Le garçon était aussi excité qu’une puce et il n’avait certainement pas envie de retourner se coucher alors qu’il se passait des choses aussi excitantes dans le salon. Le voleur ne perdit pas patience et il continua :

« Allez, s’il-te-plait… Et ton papa ira te raconter une belle histoire ensuite, d’accord ? »
« Avec des dragons et des chevaliers ? »
« Oui, de méchants dragons et de courageux chevaliers ! Tu auras une belle histoire. Mais il faut être sage et retourner dans ta chambre, d’accord ? »
« D’accord ! Promis pour l’histoire papa, hein ? »

Neil tourna son regard malicieux vers son géniteur, dans l’espoir d’un signe qui scellerait leur accord puis il s’en retourna dans sa chambre, tout en trottinant et en chantonnant. Dès que la porte fut fermée, Yukio recula afin d’accentuer l’espace qu’il y avait entre eux deux et il tira sur sa casquette, pour dissimuler un peu plus son visage. Il parlait maintenant d’une voix ferme et tout en remettant la fleur dans sa poche, il déclara :

« Ne mêlez pas l’enfant à ça. »

Il était furieux de voir qu’on puisse être aussi négligent avec son enfant. Ce genre d’évènements violents restaient dans l’inconscient de l’enfant et pouvaient créer de violentes pathologies dans son futur d’adulte, avait-il lu dans un magazine de psychologie alors qu’il n’était encore qu’un simple étudiant. Il sortit alors un flingue et le leva en direction du père, il expliqua :

« C’est un silencieux. Reposez ce balai, vous allez vraiment finir par blesser quelqu’un. »

Pendant quelques secondes, il laissa son regard dériver sur la pièce et poussa un petit de soulagement lorsqu’il aperçut les photos :

« Un père célibataire… Tant mieux. »

Il se mordit nerveusement la lèvre tout en fixant l’homme qui lui faisait face et il lui lança :

« Je n’ai pas pour habitude d’attaquer les familles. Et vous pourriez bien appeler la police, on ne pourrait pas me mettre en prison pour ce que j’ai fait. On ne peut demander à un homme ne pouvant subvenir à ses besoins et à sa dignité humaine de suivre les lois élaborées pour tous. Je l’ai lu quand je pouvais encore vivre correctement. »

Son ton était sûr, il ne bluffait pas. Il avait déjà vu un peu de loi et il savait que celle-ci existait réellement, elle était faite pour les cas extrêmes et il pouvait bien se considérer comme en faisant partit au vu de ses finances et de son statut sociale. Il entendit son ventre gargouiller, brisant le silence qui venait de s’installer entre les deux hommes et il rougit. Il avait pu se procurer le sang artificiel nécessaire pour les deux prochaines semaines de sa vie, à peine une demi-poche de sang puisqu’il n’avait que 25% de sang vampire en lui mais il n’avait même plus assez pour s’acheter des pâtes et les factures d’eau, d’électricité et son loyer n’allaient pas tarder à tomber. S’il continuait comme ça, il allait se retrouver à la rue. Il lâcha un petit soupire triste avant de relever le visage, décidé :

« Bon… Je n’ai vraiment pas le choix alors je vous demanderai simplement le contenu de votre porte-monnaie. Je partirai ensuite et vous m’oublierez et tout finira bien, d’accord ? »

Il ajouta, baissant la voix :

« Je n’ai vraiment pas envie que ça se finisse mal, je ne suis pas un meurtrier, juste un simple voleur alors je vous en prie, pensez à votre enfant et ne faites rien de stupide… »

Mais normalement, face à une arme, on se taisait et on s’exécutait. Pourtant, quelque chose lui disait que celui-là tenterait forcément de jouer aux héros et que ça se terminerait mal…

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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Dim 30 Jan - 17:57

Il le voyait doucement approcher sa main de sa poche. Une arme... Il avait forcément une arme! Alors, sans plus attendre, Liam se jeta littéralement sur lui, dans l'espoir d'abattre sa serpillière sur le crâne de l'inconnu et donc de l'assommer, mais ce dernier l'évita avec souplesse. Il tenait dans sa main une fleur et la lui tendait. Liam le dévisagea longuement, serrant toujours ses mains sur le manche de sa serpillière. Et qu'allait-il faire d'une fleure, hein? Liam demeurait toujours aussi méfiant vis-à-vis de l'inconnu. Ce dernier, alors, se tourna lentement vers son fils, avec un petit sourire timide sur les lèvres. Il lui parlait... Il lui parlait!!! Ah, l'ordure! Là, il avait le portrait type d'un pédophile! Légèrement parano le père...

- N'adressez plus la parole à mon fils!

Non, mais pour qui se prenait-il? Et puis, s'il le virait ça signifiait forcément que les choses allaient se passer bien plus mal que prévues. Liam désirait garder Neil auprès de lui non seulement car il considérait que cet homme n'avait pas le droit de lui adresser la parole, mais aussi pour se protéger. Seulement, sur ce coup-là il ne devait pas agir avec égoïsme. Il devait d'abord penser à protéger son enfant. Alors quand ce dernier le regarda avec des yeux remplis d'espoir lorsque l'homme évoqua une histoire avec de méchants dragons et de super héros, Liam acquiesça d'un signe de la tête. Tout content, Neil courut vers sa chambre, ouvrit la porte et la referma avec douceur derrière lui. Il attendrait bien sagement que son papa vienne lui raconter une histoire, comme promis. Une fois Neil disparu, l'individu se tourna alors vers Liam. Son regard était plus ferme, il n'y avait plus cette panique que Liam avait pu entrapercevoir et cela, simplement car Neil s'en était allé.

L'homme, alors, fit une remarque qui révolta Liam, lequel se retint de le frapper avec force quitte à le tuer. Non mais pour qui se prenait-il? Il n'avait pas d'ordre à lui donner!


- Je ne l'ai pas mêlé à ça, c'est lui qui est venu et par votre faute, alors ne m'accusez pas pour avoir l'esprit tranquille! Vous n'avez pas à vous trouver là...

Et puis, lentement, l'homme sortit de sa poche une arme. Aussitôt, Liam se figea, les yeux fixés sur le silencieux. Et au lieu de reposer le balai comme son vis-à-vis le lui demandait, il resserrait avec plus de force encore le manche. Une des réactions imprévisibles qu'une personne peut avoir face à un danger? L'agressivité. L'agressivité pour se protéger. L'agressivité née par la peur. C'était le cas de Liam. Le voleur, ou quoi qu'il soit, regardait les photos avec un soulagement évident. Liam sourit, d'un sourire narquois.

- Père célibataire, oui... mais si vous me tuez, vous allez faire de Neil un orphelin, un enfant malheureux qui aura perdu son père...

Est-ce qu'il avait seulement conscience de cela? Apparemment, non. Il ignorait manifestement les conséquences qu'une telle agression pouvait avoir. Et s'il tuait, alors les policiers le traqueraient et sans la moindre pitié. Ils pouvaient même utiliser l'hélicoptère pour le suivre... Oui, Liam le savait, il avait vu une émission sur ça, une émission qui lui en avait beaucoup appris à ce sujet. Les paroles de l'inconnu le faisaient rire.

- Peut-être, mais ça n'inclut pas le meurtre et si vous n'étiez vraiment qu'un voleur, vous ne traîneriez pas avec vous une arme...

Maintenant, son vis-à-vis lui demandait le contenu de son porte-feuille. Qu'il aille donc au diable! Il ne pouvait tout simplement pas faire comme tout le monde et rechercher un travail au lieu de voler? Les autres s'embêtaient chaque jour à bosser pour gagner leur pain, ce n'était pas pour en faire profiter les autres, surtout ceux qui glandaient tout au long de la journée. Cet homme était tout simplement irrespectueux envers le travail des autres. Il s'en fichait royalement, du moment qu'il pouvait mener tranquillement sa petite vie! Quel arrogant, quel idiot... Pour un voleur, il était bien piètre et s'il espérait que les choses se passent bien, Liam espérait le contraire pour lui faire comprendre ses actes, sas agissements, la portée et les conséquences qu'ils pouvaient avoir.

Liam poussa un léger grognement. « Pensez à votre enfant... ». Il y pensait, oui! Mais s'il arrivait quoi que ce soit ce serait de la seule faute de ce crétin! La balle était dans son camp, c'était lui qui tenait l'arme, lui qui serait responsable de tout ce qui pouvait arriver.


- Vous n'acceptez pas même vos propres responsabilités, c'est assez pitoyable. Et si vous pensez que parce que vous m'en donnez l'ordre je vais lâcher mon arme, détrompez-vous...

Oui, Liam ne se laissait pas si facilement faire mais en cet instant, c'était la peur qui le guidait dans ses actes et ses agissements. Autrement dit, il ne réalisait pas vraiment ce qu'il faisait, le danger qui le menaçait et les conséquences que cela pouvait avoir. Son cerveau lui criait de toutes ses forces « alerte » et lui se braquait stupidement, sur la défensive, transpirait de peur et fixait d'un air saugrenu l'homme en face de lui, prêt à l'attaquer au moindre mouvement. Il ne voyait plus même l'arme, celle qui le terrifiait, mais il le voyait lui. Il voyait son corps, ses gestes, son regard. Il prêtait attention à tout, au moindre mouvement, méfiant et tous les sens en alerte. Face à une arme, il ne pouvait rien faire, encore moins avec une serpillière.

Trop concentré à dévisager son agresseur, il n'entendit pas la voix de Neil qui le suppliait de se dépêcher, lui qui voulait entendre cette merveilleuse histoire avec des méchants et des gentils. Une histoire avec des méchants et des gentils, il y en avait justement une qui se déroulait dans le salon. Délirant à moitié, Liam crut voir l'inconnu faire un faux mouvement... Ce fut le signal d'alerte. La serpillière siffla dans l'air tandis qu'il se jetait sur l'individu dans une poussée d'adrénaline, le corps tendu, les muscles raidis. Et tant pis pour ce qui arriverait par la suite, il voulait vivre, il tenait à sa vie, il devait protéger son enfant! C'était son devoir de père... et s'il échouait, alors cela signifiait qu'il faisait un très mauvais père. Neil devait rester dans sa chambre, là où il serait le plus en sécurité. Et si ce salaud touchait à un seul de ses cheveux, Liam se promettait de le tuer, déjà qu'il envisageait de l'envoyer en taule pour effraction, tentative de vol, menace, tentative de vol à main armée puis agression. Sa peine serait lourde, très lourde, et ce n'était pas cette stupide loi qu'il avait évoqué qui le protégerait! S'il était peut-être autorisé à voler, cela ne signifiait en aucun cas qu'il était autorisé à mettre en péril la vie d'autrui!
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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Dim 30 Jan - 18:57

C’est qu’il se braquait le papa, il lui ordonnait de ne plus parler à son fils et Yukio leva les yeux au ciel. En attendant, il venait d’éloigner SON gosse du danger. Il essayait ensuite de se justifier en disant qu’il n’avait jamais mêlé son enfant à cette histoire et qu’il n’avait pas à se trouver là. Tssk. Il était de mauvaise foi, en plus, le papa. Le regard du voleur s’assombrit et se fit plus sûr de lui alors qu’il sortait son arme en expliquant que c’était un silencieux. Il savait qu’un père poule risquerait bêtement de jouer aux héros, il savait qu’il serait capable de se faire tuer bêtement et il se préparait à subir une attaque. Un sourire que Yukio trouva désagréablement ironique étira les lèvres de l’homme qui essayait de le faire culpabiliser en lui disant qu’il ferait de son enfant un orphelin si jamais il le tuait. Le jeune homme haussa les épaules en répondant calmement :

« Il n’y a aucune raison que votre fils devienne orphelin car je n’ai pas l’intention de vous tuer. »

Son regard se fixa sur l’homme avec l’air de préciser « si vous ne faites pas l’idiot » mais, il ne précisa rien. Il continuait à l’accuser et le jeune voleur soupira, exaspéré. Puisqu’il lui disait qu’il ne tenait pas à le tuer, pourquoi insistait-il donc à le traiter comme un meurtrier ? L’arme n’était qu’un moyen de pression et jamais elle ne servirait à tuer.

- Vous n'acceptez pas même vos propres responsabilités, c'est assez pitoyable. Et si vous pensez que parce que vous m'en donnez l'ordre je vais lâcher mon arme, détrompez-vous...

Cette réplique mit Yukio dans une colère folle. Comment pouvait-il le juger ainsi, sans le connaître ? Le jeune homme se sentait bouillonner de rage alors que son cœur battait à toute vitesse, dévoré par la douleur. Il avait mal qu’on se moque ainsi de lui, mal que ce soit une personne aussi détestable que cet homme qui ose le regarder de haut. Il respira un grand coup tout en tentant de garder son calme mais bientôt le père commença à rentrer dans une rage folle et le chargea comme un rhinocéros atteint de la rage.

« Que… ? »

Complètement déstabilisé, le jeune voleur ne se retrouva une fois de plus que la marionnette de ses réflexes les plus basiques et il évita souplement l’attaque tout en appuyant sur la détente, visant inconsciemment le père. Il se jeta à l’autre bout de la pièce et glissa à terre avant de se cogner lamentablement au sol avec qu’un lamentable « pwouuuuf ! » s’échappait de son arme. Une banderole avec des drapeaux de différents pays sortit du pistolet qui se révélait en fait être factice et il ouvrit de grands yeux, essayant de comprendre la situation. Sa réaction fut plutôt violente et il chuchota d’un air indigné :

« Mais vous êtes complètement malade ? Vous imaginez si j’avais été vraiment armé ? Je vous aurais tué et… Et… Et votre fils, vous y avez pensé ? »

Complètement paniqué, le jeune homme commençait à s’inquiéter sur ce qui aurait pu se passer et il ne se rendait même pas compte de sa situation. Sa main tremblait violemment sur le jouet de farces et d’attrapes. S’il avait dit qu’il ne le tuerait pas et s’il avait été si sûr de lui, c’était tout simplement parce qu’il n’avait pas de véritable arme sur lui. Il posa sa main à terre et rencontra sa casquette garçonnière alors que son champs de vision se retrouvait obscurcit par des mèches. Le jeune garçon demandait à travers la porte :

« Qu’est-ce qu’il se passe ? »
« Ce n’est rien, Neil, je suis encore tombé ! »

Le rire rafraîchissant du bambin passa à traversa la porte mais il ne la poussa pas, respectant sa promesse. Yukio soupira et dégagea son champs de vision avant de sentir sa colère calmée, le choc venait de le secouer. Sa voix se fit plus mélancolique et il regarda le père, à présent totalement découvert :

« J’imagine que vous vous fichez de l’histoire d’un simple petit voleur, surtout d’un rigolo qui vous menace avec un pistolet en plastique... Mais je ne pense pas que vous puissiez me juger, monsieur, vous qui vivez dans un foyer d’amour avec votre fils, mangeant à votre faim et vivant comme toute personne normale le devrait. »

Un regard de défi apparut sur son visage alors qu’il désignait la baie vitrée derrière le père :

« Regardez donc ce que vous refusez de regarder, en dehors de votre nid d’amour. Regardez ces clochards qui meurent de faim parce qu’ils ne peuvent pas trouver de travail. Pour vous, dans votre tête, tout doit être facile. Ce sont des incapables qui ne devraient que chercher du travail au lieu de se tourner les pouces. Mais pensez-vous vraiment, monsieur, que sans le moindre diplôme et la moindre expérience ou encore même sans le moindre domicile, on puisse être accepté quelque part ? Si vous pensez que c’est le cas, ce serait vraiment de la mauvaise foi, monsieur. »

Il se mordit violemment la lèvre en sentant les larmes monter à ses yeux et il continua :

« Ma mère était une honnête personne, monsieur, elle a tenté de chercher du travail pour m'élever normalement. Elle s’est faite rejetée de partout parce qu’elle n’avait ni toit, ni diplôme valable. Et vous savez ce qui lui est resté ? Hm ? Ces… Ces dégueulasses… Ces hommes pourris d’argent qui vivent des vies parfaites l’ont exploitée, ils ont souillés son corps et me l’ont prise ! »

Sa voix trembla et alors qu’il ravalait rageusement ses larmes :

« Alors… Si accepter mes propres responsabilités, c’est me prostituer. Si refuser que ces hommes véreux m’utilisent comme un vulgaire pantin est pitoyable, alors, je suis désolé de vous décevoir, monsieur. »

Le jeune homme qui venait à peine d’atteindre la majorité soupira et appuya sa tête contre le mur, fixant calmement le père en question. D’une voix lasse, il déclara :

« Appelez la police. Je ne peux de toute façon rien faire, je ne suis plus en mesure de me protéger. Il ne me reste plus qu’une fleur et je m’imagine mal vous échapper grâce à elle. »

Il savait que si jamais la loi ne se décidait pas à le gracier, il ne tiendrait pas deux jours en prison, surtout avec un physique aussi féminin que le sien. Il n’aurait qu’à trouver un moyen de s’enfuir ou bien de mettre fin à ses jours. Oui, pourquoi ne pas avoir tout simplement pensé à se supprimer, à fuir cette chienne de vie ? Le souvenir du rire de sa mère ressurgit de nouveau dans sa mémoire alors qu’il pensait à la rejoindre. Il regretta subitement que son jouet en soit un…

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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Mar 1 Fév - 17:00

Cet homme se fichait de lui. Il affirmait qu'il n'y avait aucune raison que Neil devienne orphelin, alors qu'il braquait son arme sur lui. Liam avait peine à y croire. Il ne buvait pas les paroles de cet homme qu'il ne connaissait pas. Puis la situation s'envenima. Liam refusait de se laisser faire par un minable de ce genre qui n'osait pas assumer ses responsabilités. Et ce dernier devait s'estimer plutôt heureux, puisque Liam n'avait pas encore deviné qu'il avait affaire à une de ces créatures qu'il détestait tellement. Il chargea, poussé par un excès de rage nourri par la peur. Un son aigu retentit, un coup de feu, tandis que Liam poussait violemment son agresseur pour le désarmer. Le bruit le surprit si bien qu'il trébucha et fut contraint de se rattraper au mur, alors que la serpillière glissait à terre. Et puis, instinctivement, il s'assura qu'il n'était blessé, bien qu'aucune douleur ne s'était faite ressentir. Ses mains tremblaient et étaient moites, son cœur battait à folle allure. Un instant, un court instant, il s'était vu mort, étendu sur le sol de son salon, le regard vide et les yeux grands ouverts. Il tremblait, et pourtant l'arme n'était qu'un artefact, un simple jouet. Le jeune homme resta un moment figé sur place, avant de se tourner vers son vis-à-vis, les yeux brillants. Il ne voulait pas mourir, lui. Mais il avait pourtant frôlé la mort. Du moins, était-ce ainsi que les choses apparaissaient. Si cette arme avait été une vraie, nul doute qu'il serait étendu sur le parquet. Mais ce n'était qu'un jouet, qu'un jouet...

- C'est à vous que je devrais poser cette question! hurla-t-il. Vous y avez pensé? Est-ce que vous pensez seulement aux conséquences de vos actes ou bien vous en fichez-vous complètement, comme si ça n'avait pas la moindre importance? Est-ce que vous pensez au moins aux autres?

Oui, il était énervé contre cet abruti qui lui avait fait croire détenir une véritable arme. Quel inconscient, quel idiot! Alerté par tout ce bruit, Neil s'inquiéta et demanda ce qui se passait, mais le voleur lui affirma d'une voix mal assurée qu'il était encore tombé. Puis il poursuivit, s'adressant cette fois-ci à Liam qui tentait de reprendre son calme et ravaler ses larmes, bien que ce ne soit pas facile. Il n'avait jamais vécu de pareille situation mais ces derniers jours, il avait l'impression que tous les malheurs lui arrivaient, il ne menait plus sa vie aussi tranquillement qu'il l'aurait voulu, il y avait toujours quelque chose pour bouleverser son quotidien et lui ne parvenait plus à suivre le rythme. Et là, c'était tout simplement la goutte d'eau en trop, celle qui fait déborder le vase. Liam écoutait attentivement l'étranger, malgré le choc.

- Est-ce que j'ai dit le mot « incapable » ne serait-ce qu'une fois? Et oui, même sans diplôme ou sans expérience, il est possible de trouver du travail. Ça a été le cas pour ma cousine. Donc non, ce n'est pas de la mauvaise foi... simplement un constat basé sur des faits réels.

Voilà que son interlocuteur semblait lui aussi sur le point de pleurer. Ah, non! Qu'il évite donc de pleurer! Liam savait très bien, pour en avoir déjà vécu l'expérience, qu'il pleurait facilement quand il voyait quelqu'un en larmes. Il n'y pouvait rien, il ne parvenait pas à contrôler ce côté de lui-même. L'homme poursuivit. Cette fois-ci, il évoquait son passé, ce que sa mère avait vécu pour subvenir à ses besoins et ce que lui ne voulait pas revivre. C'était assez horrible, oui, mais Liam n'avait pas demandé à écouter ces atrocités et il ne voulait pas passer sa nuit à y penser. D'ailleurs, il n'avait rien voulu de tout cela mais il n'avait manifestement pas le choix de subir. Sa nuit s'annonçait terriblement longue et Neil n'aurait sûrement pas le droit à sa petite histoire qu'il désirait tant écouter. Liam se pencha pour ramasser la serpillière et la caler correctement contre la bibliothèque. Il se sentait encore en colère et sous le choc. Il voulait renvoyer cet individu en lui crachant à la figure qu'il se fichait complètement de son existence, de sa vie passée, de sa situation mais, d'un autre côté, il ne pouvait pas l'ignorer.

Traînant des pieds, Liam se rendit jusqu'à la cuisine, séparée du salon par un seul bar. Il avait bien entendu l'estomac de l'autre protester alors qu'ils se regardaient en chien de faïence. Si seulement il avait su, su qui était réellement cette personne, il l'aurait viré de son appartement à coups de balai en criant des prières avant de jeter de l'eau bénite sur sa porte.


- Est-ce que vous êtes toujours aussi doué pour vous faire attraper lorsque vous volez quelqu'un?

Tout en parlant, il s'occupait de mettre une poêle sur le feu, puis il ouvrit le frigo. Qu'est-ce qu'il pouvait cuisiner? Il avait fait les courses hier, son frigo était donc encore plein. Il soupira et se frotta les yeux, puis se décida à faire des blancs de poulet à la crème, accompagné d'une salade de mâche. En même temps, Neil ouvrait doucement la porte de sa chambre, tenant fermement sa peluche. Il avait l'air fatigué.

- Papa, c'est quand que tu vas me raconter l'histoire? J'en ai marre d'attendre... Qu'est-ce que tu fais?
- Je n'ai pas le temps pour le moment, mon cœur. Je t'en raconterai deux demain, pour me faire pardonner, d'accord?
- C'est promis, cette fois?
- C'est promis. Vas te coucher, demain tu as école et tu as franchement une tête à faire peur...


Pour toute réponse, le garçon acquiesça d'un signe de la tête, se frotta les yeux, puis trottina jusqu'à sa chambre. Il ne fit plus de réapparition. Pendant ce temps, Liam s'occupait de cuisiner pour son invité surprise de la nuit. Il n'avait pas envie de le dénoncer à la police, cela ne ferait que compliquer la situation, l'empêcher de dormir et effrayer Neil. Mieux valait-il que les choses se passent en douceur et il était de toute manière bien trop heureux d'être encore en un seul morceau. Il avait eu la peur de sa vie. Il savait bien qu'il pouvait faire une erreur, se tromper, et que cet homme pouvait être quelqu'un de réellement mauvais, qui profiterait de sa faiblesse d'un instant pour l'agresser et ensuite le voler. Mais alors il apparaîtrait comme quelqu'un de malhonnête, lui qui s'évertuait pourtant à donner une bonne image de l'honnêteté, semblait-il. Et si jamais cette situation devait se produire, Liam se promettait cette fois-ci d'en parler à la police mais aussi sur son blog et sur Facebook, tiens!

- Eau plate, eau gazeuse, coca-cola ou jus de fruits?

Il y avait l'embarras du choix. Avec un enfant à la maison, Liam était sûr de ne manquer de rien, surtout consistant les boissons. Alors s'il avait des invités, surtout des invités difficiles, il n'avait pas à s'inquiéter en se demandant ce qu'ils allaient boire et si ça leur plairait. En même temps, la viande était en train de cuire et lui s'occupait déjà de la salade. Il cuisinait seulement pour l'inconnu, lui n'avait pas faim, surtout à cette heure-là. En vérité, l'odeur lui donnait même des nausées mais enfin... il suffisait de se dire que ce n'était pas lui qui allait manger ça. Il avait déjà le ventre bien rempli de son dernier repas, heureusement.
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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Mar 1 Fév - 19:17

Les conséquences de ses actes ? Bien sûr qu’il y pensait, il n’avait que ça en tête et c’était d’ailleurs pourquoi il s’était assuré d’avoir ce pistolet en plastique. Seulement, il n’avait pas pu prévoir que c’était face à un pseudo-héros qu’il allait tomber et que celui-ci allait tenter quelque chose d’aussi stupide que ce qu’il avait fait un peu plus tôt. Il lui demandait s’il pensait aux autres. Bien sûr que non, un voleur ne pouvait penser aux autres. Un homme dans le besoin ne pouvait qu’être égoïste et ne penser qu’à sa propre personne. L’empathie était un luxe qu’il ne pouvait malheureusement pas se permettre pour l’instant, l’homme ne semblait d’ailleurs absolument pas comprendre sa situation et il se contentait de lui hurler dessus. C’est bien pourquoi Yukio détestait les riches. Il essaya de lui expliquer ce que les sans-abris ressentaient mais le père était trop enfermé dans ses principes et dans sa vision des choses, trop buté. Il s’accrocha à un simple mot du jeune voleur et il s’y arrêta, ne faisant absolument pas attention à la suite. Celui-ci leva les yeux au ciel mais ne rebondit pas sur la chose, à quoi bon essayer de parler de ça avec un mur ? Il continua donc, essayant de lui expliquer sa propre situation tout en s’empêchant de pleurer, encore ému par son passé douloureux. Son interlocuteur resta silencieux, il rangea son arme et passa à côté de l’androgyne pour se rendre à la cuisine. Celui qui venait à peine de sortir de l’adolescence le suivit du regard et l’observa ouvrir le frigo tout en écoutant sa question plutôt moqueuse :

- Est-ce que vous êtes toujours aussi doué pour vous faire attraper lorsque vous volez quelqu'un?

Se sentant rougir de honte, Yukio détourna le regard pour ne pas que le père aperçoive ses rougeurs et ne rit pas davantage de lui. D’une voix boudeuse, il lança pourtant honnêtement :

« Je viens à peine d’atteindre ma majorité et la plupart des enfants des rues avec qui j’étais ont été adoptés. On ne veut pas d’un métis alors je n’ai pas eu autant de succès qu’eux. Je dois donc me débrouiller par mes propres moyens et ce n’est pas si facile. De plus, c’est seulement la seconde fois que je m’attaque à des appartements… »

Il murmura ensuite :

« …Et je crois que je vais tout simplement oublier cette option. C’est beaucoup trop dangereux, les civiles. »

Yukio suivit vaguement l’échange père-fils en observant le jeune homme qui serrait son ours en peluche tout contre lui et il soupira :

« Vous avez bien de la chance d’avoir une famille… »

Ramenant ses jambes tout contre lui, il observa la porte de la chambre de Neil tout en souriant avec douceur, il se souvenait de son enfance et de la douceur de sa mère. Soupirant, il baissa tristement les yeux et resta un moment ainsi, perdu dans ses pensées. La question du père de Neil le ramena à la réalité. Il se leva plutôt brusquement et ouvrit grand les yeux, réellement surpris. Bégayant, il lança d’une toute petite voix :

« Euh… J… Je… De l’eau plate, ç… Ça m’ira, s’il-vous-plait… »

Mais à quoi est-ce qu’il jouait ? Le voleur ne comprenait plus rien. Il venait d’essayer de le voler et voilà qu’après s’être battus, ils discutaient tranquillement et l’adulte proposait même à boire à son agresseur. Un peu déstabilisé, Yukio lui lança un regard complètement perdu et il demanda timidement :

« Mais… Vous n’appelez pas la police ? »

Était-ce un piège ? Peut-être, après tout, les papas poules étaient particulièrement dangereux… Mais ce serait ridicule, il l’avait à portée de main, il n’utiliserait certainement pas une feinte alors qu’il avait été à sa merci il y a quelques minutes. Yukio essayait de comprendre, n’ayant pas l’habitude de charité. Il était maintenant complètement désorienté et il essaya de comprendre en questionnant le père :

« Mais… Qu’est-ce que vous faites, enfin ? Excusez-moi mais… Je n’ai déjà pas l’habitude qu’on m’accorde de l’attention même lorsque je ne fais rien de mal, alors là, je ne comprends vraiment plus rien… »

Il observa le jeune père en se mordant la lèvre, regrettant de plus en plus d’avoir choisit cet appartement. Pas seulement parce que c’était un homme qui se la jouait super héros et qui possédait aussi un fils mais parce que sa victime était maintenant en train de s’occuper de lui comme d’un chaton abandonné et qu’il ne savait plus vraiment comment réagir, à la fois trop gêné et trop bouleversé…

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MessageSujet: Re: Et la lumière fut ! [Pv]   Sam 5 Fév - 11:02

La seconde fois qu'il s'attaquait à des appartements? Ah, alors son incompétence se justifiait parfaitement. Liam haussa les sourcils, vaguement surpris.

- Alors ne vous étonnez pas d'être mauvais, vous n'avez quasiment aucune expérience dans le domaine du cambriolage d'appartements. Ne baissez pas les bras si facilement. Ce n'est qu'une preuve de faiblesse.

Lui? Donner des conseils à une personne qui avait voulu le cambrioler? Oui, c'était bien ce qui était en train de se produire et Liam préférait ne pas y penser. Il se surprenait lui-même. Si un jour il se faisait cambrioler, qu'il n'en soit donc pas surpris... S'il donnait des conseils à tous les malfrats qu'il rencontrait, pour sûr que le chaos régnerait dans la ville et lui se retrouverait bien rapidement derrière les barreaux d'une prison.

Oubliant ces sombres pensées, Liam décida simplement de préparer un repas pour l'inconnu. Après tout, il avait entendu son estomac protester, signe qu'il avait faim. Il savait bien que le jeune homme pouvait lui faire un coup bas, l'agresser, l'assommer, et puis le voler, mais c'était un risque à prendre. Après tout, lui ne voulait que faire du bien autour de lui, il croyait en Dieu, il avait foi en lui. Dieu était bon, lui aussi désirait l'être. Il refusait d'être admis en Enfer à sa mort alors s'il voulait être accepté au Paradis, il fallait bien qu'il fasse de bonnes choses et qu'il soit une bonne personne. De toute manière, il savait bien (du moins, en était-il persuadé) qu'il n'était pas quelqu'un de mauvais. Il obéissait toujours aux ordres du Très Haut! Alors s'il fallait éradiquer le Mal de la Terre, il l'éradiquerait. Seulement, Liam ne soupçonnait pas encore qu'il avait affaires à un Dhampire, raison pour laquelle sa colère s'était atténuée. Il était à présent plus calme, plus serein et moins anxieux... surtout maintenant qu'il savait que l'individu n'était qu'un adolescent. Il serait donc peut-être facile à maîtriser en cas de débordement, non? Neil quitta sa chambre, en ayant marre d'attendre son arrivée. Liam le rassura, lui promis de lui raconter deux histoires le lendemain. Satisfait, le petit garçon regagna sa chambre et le professeur demanda ce que désirait boire l'intrus. Ce dernier, surpris, répondit presque automatiquement.


- De l'eau plate, d'accord...

Liam versa donc de l'eau dans un verre qu'il posa sur la table après avoir dressé celle-ci, puis retourna derrière les fourneaux, tandis que la viande cuisait tranquillement, doucement. Le jeune homme ne semblait pas comprendre ce qui se passait. Lentement, il réalisait que Liam n'appelait pas la police, chose qui le surprenait profondément et quand il en fit la remarque, le professeur ne fit qu'acquiescer d'un signe de la tête. Et s'ensuivit un monologue que Liam fut bien contraint d'écouter malgré sa fatigue. Ah, mais quelle heure était-il?

- Écoutez, je ne suis pas quelqu'un de mauvais ni de méchant ou de cruel. J'aime aider ceux qui en ont besoin, même si les autres me font du mal...

Sauf qu'il omettait de préciser qu'il avait une dent contre les vampires et les Dhampires.

- Alors même si vous avez tenté de me cambrioler, je vous viens quand même en aide. Mais si vous refusez de mon aide, d'accord, Ok, pas de problème! Mais alors vous devrez vous débrouiller tout seul, c'est à vos risques et périls.

Et le voilà à nouveau légèrement énervé. Il ne supportait simplement pas le fait que quelqu'un puisse refuser son aide. Est-ce qu'il mordait? Est-ce qu'il avait un visage effrayant? Un corps repoussant? Est-ce qu'il faisait peur? Non. Il le savait bien qu'il ne faisait pas peur, mais il savait aussi que les gens, aujourd'hui, avaient une fâcheuse tendance à se méfier de tout et de tout le monde. Quoi de plus normal depuis que les humains ont eu conscience de l'existence des vampires et des Dhampires? Liam regarda encore un moment son vis-à-vis, avant de se tourner à nouveau vers le saladier et de tourner la salade pour bien l'imprégner de la vinaigrette. Quelle soirée... Il était réveillé en plein cœur de la nuit, se faisait agresser, manquait de se faire tuer, s'affolait et, à présent, s'énervait. Ce jeune homme lui faisait tourner la tête. Et si la soirée se prolongeait encore, il avait l'impression qu'il s'occuperait de son appartement plutôt que de se tourner les pouces en discutant avec ce garçon, comme si de rien n'était. Oh, oui, il avait bien envie d'appeler la police mais il accordait toujours une deuxième chance. Enfin, si meurtre il y avait eu, sûr que les choses ne se seraient pas déroulées de la sorte. Il fallait tout de même qu'il règne un minimum de justice dans ce monde, raison pour laquelle lui chassait les vampires et les Dhampires.

Le repas à présent terminé, Liam le servit dans une assiette et fit signe à son interlocuteur de prendre place pour manger. Pendant ce temps, lui se chargeait de faire la vaisselle et déjà, il remplissait l'évier d'eau chaude, y ajoutant du liquide vaisselle pour peaux sensibles. Son regard coula jusqu'à l'horloge accrochée au mur. 1H02. Magnifique... Demain, il allait être en forme, c'était certain. Pourquoi ce genre de choses lui arrivaient-il? Il n'avait pourtant rien fait de mal et il estimait avoir le droit à un minimum de tranquillité, déjà qu'il s'évertuait à faire le bien autour de lui. Mais Dieu ne semblait pas l'avoir remarqué parmi toutes ses petites brebis égarées.


- Est-ce que vous priez, le soir?

Question soudaine et qui pouvait déstabiliser. Non, il ne s'intéressait pas vraiment à l'identité de la personne qui avait fait intrusion dans son appartement, ni s'il était réellement bon ou fondamentalement mauvais, il voulait simplement savoir s'il était un homme de foi, s'il croyait en Dieu ou bien s'il s'en fichait comme de l'an 40. En même temps, Liam croyait qu'avoir foi en Dieu signifiait également avoir encore un peu d'espoir et donc ne pas sombrer dans de sombres pensées néfastes et chaotiques. Il fallait toujours garder espoir, voir la lumière, ne jamais se laisser tenter par les mauvaises choses. Le noir, l'obscurité, c'était mauvais. Vraiment mauvais (excepté pour les vampires ou les Dhampires qui baignaient dedans depuis leur naissance, ils ne connaissaient que l'obscurité et n'entrevoyaient jamais la lumière). Voilà quel était le point de vue de Liam, qui restait obstiné et buté. Jamais personne n'avait encore réussi à le raisonner, mais peut-être un jour un miracle surviendra...
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