Blood Diary
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 Un plombier nommé désir.

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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Un plombier nommé désir.   Ven 11 Fév - 23:13

Citation:

L'appartement de Michelangelo:
Lorsqu'on entre, on entre dans un petit vestibule, où trône un meuble à chaussure sur lequel est disposé une corbeille vide poche. En suivant le couloir, première porte à gauche, tournant à gauche, on entre dans le salon. Tout l'appartement évoque un ancien entrepôt réhabilité. Les murs sont en béton ciré de couleur anthracite, avec quelques nuances plus clairs au gré des motifs créés par le plâtrier, une bibliothèque en bois orne le mur du fond du salon, avec un trou dans lequel s'encastre une télé, devant laquelle trône une table basse, et encore derrière, un canapé en cuir, très confortable au dessus duquel trône une gravure de Venise, cadeau du patriarche pour que Michelangelo n'oublie pas d'où il vient... Et ce n'est pas uniquement une question de géographie. Dans la bibliothèque du mur du fond se détache une porte, qui donne sur la salle de bain, entièrement carrelée en carrelage sombres aux motifs qui évoquent des volutes de fumées. Une immense douche, aux parois de verre prend une bonne partie du mur du fond. A gauche, des patères et un meuble de salle de bain. A droite, les vasques et une porte qui mène à la chambre, sommairement garnie de sa boite de sommeil, elle même surmontée d'un matelas et de ses draps, pour que l'italien s'y délasse avant de se glisser à l'intérieur..

Si on avait continué dans le couloir du vestibule, on serait tombé sur les toilettes, tout au bout, et juste avant, toujours sur la porte de droite, la cuisine, petite, garnie de meubles en bois massif, chaleureuse, avec une petite table sur laquelle trône une cafetière traditionnelle, et bien entendu une cafetière italienne. Les murs de chaque pièce (sauf la chambre) sont percés au nord de petits carrés bien entendu garnis de verre, qui laissent entrer la clarté mais pas le soleil lui même.





► [Insérez des Jurons Italiens en guise de titre] ◄


Michelangelo avait aimé, fut un temps, vivre au soleil de l'Italie, sous ce ciel bleu, dans cette chaleur étouffante, dans cette lumière qui illuminait les paysages en plein jour et le dorait au crépuscule. Quand il se souvenait du soleil, c'était cette image qui lui venait en tête. Aucun rapport avec le ciel plutôt gris de cette partie des États-Unis qu'il ne regrettait pas vraiment. Être vampire en Italie eut été un supplice. Ici, ça avait juste changé sa manière de vivre, ses horaires pour ses clients, rien de plus. En Italie, il aurait vécu dans les collines baignées de lumières, entre deux rangés de pins, pour avoir la paix. Ici... Il vivait sous terre, cloîtré comme un rat. Mais pour ce que le monde urbain lui manquait de jour, dans une ville aussi grise que Midnights...

Il fut tiré de sa rêverie par une décharge d'eau bouillante qui lui brûla le bras. Il s'était tranquillement levé sur les coups de dix-neuf heures, alors que le soleil disparaissait à peine, laissant quelques traînées orangées percer les quelques trous percés tout en haut de son mur. L'appartement était au ras du sol, et quelques trous carrés, ouverts trois par trois sur le mur, au nord, pour que le soleil ne frappe pas de plein fouet un appartement construit sur mesure pour la classe vampirique. L'appartement dans la pénombre était strié de quelques lueurs orangées lorsque Michelangelo avait ouvert sa boite de sommeil pour entamer une nouvelle journée. Et bien que la douche soit décidée ces derniers temps à le rendre fou, il avait quand même tenté de la faire coopérer, et tout se passait bien, il n'avait plus qu'à rincer sa tignasse quand... L'eau décida de changer de cap et d'opter pour le plus brûlant possible. Il termina donc de se rincer en jurant à haute voix en italien, avant de sortir en ronchonnant. Il noua une serviette autour de ses hanches, se sécha un peu la tête en frictionnant les cheveux avec une serviette qu'il laissa retomber sur ses épaules avant de saisir les armes qui s'imposaient dans une guerre contre l'électroménager: son téléphone, et une clope, qu'il alluma avant même de se poser dans son canapé, encore humide et dégoulinant.

Près du téléphone trônaient quelques cartes de visites récupérées de ci de là. Au pressing où il allait régulièrement laver son linge de maison gratuitement (encore un privilège du Clan Giovanni) il était tombé un peu avant sa bataille contre la douche sur une carte de visite, sobre, sans doute réalisée à moindre frais d'un plombier à tout faire. La carte l'avait inspiré, il s'était dit qu'un homme qui passait aussi peu de temps à élaborer une carte de visite devait passer plus de temps dans les canalisations, et devait être efficace. La fameuse carte en main, le clope au bec, il passa ses doigts sur son collier qui ne le quittait jamais, pas même pour une douche, pour jouer avec les petits crânes d'acier, sans y penser, puis il composa le numéro de téléphone du plombier à tout faire avec un nom à coucher dehors avec un billet de logement dans la poche. Le type avec un accent plutôt agréable - loin de cet accent vulgaire à l'américaine qui donnait l'impression que chaque individu avalait en moyenne dix malabars par jours histoire d'être sûr de ne pas articuler - lui avait assuré qu'il serait là dans une heure. Michelangelo avait donné son adresse et avait raccroché. Pas sûr que le type soit un vampire, mais il n'avait pas émis d'objections quant au fait de venir vers 20h30.

Juste le temps pour l'italien de fumer sa cigarette d'un air pensif, sur le canapé, en séchant tranquillement, avant de prendre un café bien serré et d'enfiler l'un de ses habituels costards noirs, avec une chemise d'un violet pâle. Dame, c'est qu'après le passage du plombier, il y aurait des clients à tabasser/rançonner/martyriser, et sans mention à rayer.

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Heredote Rilley
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Dim 13 Fév - 18:55

Etant donné qu'Heredote faisait tant de dépannage que de réparations à toute heure, ses horaires se devaient d'être le plus souples possible, afin de contenter un maximum de clients. C'est par le bouche à bouche que sa petite entreprise fonctionnait, et le bouche à bouche fonctionnait au client content. Par conséquent, lorsque les horaires n'étaient pas au delà de l'acceptable -qu'on ne vienne pas le déranger à quatre heure du matin pour une fuite de chasse d'eau, ils n'ont qu'à dormir ces vampires-, il acceptait plus ou moins tout et n'importe quoi.

Lorsque Michelangelo appela, il était donc entièrement dans les horaires acceptables d'Heredote, qui accepta poliment la requête, alors même qu'il était tranquillement en train de se préparer son repas du soir -une boite de raviolis et une de haricots verts-, et déjà en pyjama. La journée n'avait pas été trop difficile, mais elle avait été longue. Un abruti n'avait rien trouvé de mieux que de l'appeler en urgence à 6 heures du matin parce qu'il s'était coincé le dos et qu'il devait monter son frigo au quatrième étage sans ascenseur. Mieux qu'un déménageur, un homme à tout faire. Entre temps, Heredote avait pu dépanner une vieille qui avait bouché son évier, et une autre qui avait besoin d'aide pour nettoyer ses vitres. La journée avait donc été suffisamment productive pour que les trois visites passées, il se mette légitimement à glander.

Mais par principe, le coup de fil devait être honoré. Il goba trois raviolis froids et ôta les deux casseroles de la plaque avant de les recouvrir d'une assiette. Le dîner attendrait son retour, en espérant que la visite ne soit pas trop longue. A priori, le problème serait réglé rapidement, d'après les informations données par l'homme qui, à en croire son accent, venait tout droit du plus profond de l'Italie.

Se traînant sans hâte jusqu'à sa penderie, Heredote attrapa un sweat-shirt d'une couleur indéterminable, quelque part entre le rouge passé et le gris, et un jean droit qui avait déjà bien entamé sa décoloration. A de vrais vêtements de travail, le plombier préférait les tenues passe-partout, achetées à la rabaisse pendant les derniers jours de soldes. Il passa à la hâte dans la salle de bain pour donner deux coups de brosse dans ses cheveux -maximum autorisé les jours de boulot-, et enfila sa veste noire avant de partir.

Pour tout dire, l'anglais n'était pas franchement motivé à faire une réparation. Au début de la journée, il s'était dit qu'il s'offrirait le luxe de sortir ce soir là, pour se divertir un peu, et puis cette résolution s'était atténuée à mesure que la fatigue du réveil surprise de six heures se faisait sentir. Finalement, une soirée pyjama à s'abrutir devant la télévision lui convenait aussi bien qu'une sortie dans un bar, la compagnie en moins. En revanche, sortir dans le froid pour aller réparer de la plomberie à cette heure pas si tardive, mais suffisamment pour vouloir glander, ça l'enchantait nettement moins.

Ce n'est donc pas d'un pas rapide que l'anglais descendit les escaliers et remonta la rue. De toute manière, il avait dit à son client qu'il serait là dans approximativement une heure, ce qui lui laissait suffisamment de marge pour traîner des pieds. L'anglais détacha le cadenas de son scooter, et sortit de sa besace son paquet de clopes et son briquet estampillé aux couleurs de l'Angleterre. Le temps d'une cigarette, à observer du coin de l'œil les trafics de l'appartement d'en face, et le voilà parti en direction du centre ville.

L'immeuble fut finalement assez vite atteint. A cette heure-ci, la circulation était suffisamment fluide pour que le plombier puisse rouler à son aise. Il se gara non loin de l'entrée, ouvrit le coffre pour en sortir sa boite à outils et y coller son casque, cadenassa le tout, et le voilà parti en direction de la sonnette de sir Giovanni, qu'il n'eut pas de mal à trouver. En moins de cinquante minutes, Heredote était passé de sa cuisine et ses raviolis à la porte de l'appartement de Michelangelo. De manière générale, il préférait donner un délais trop long que pas assez, quitte à fumer une cigarette en bas de l'appartement en attendant son heure. Cela lui permettait de ne pas se faire incendier pour cinq pauvres minutes de retard.

« Bonjour, Heredote Rilley, vous m'avez appelé pour un problème de douche. »

A peine la porte entrouverte, l'anglais se fraya un chemin dans l'entrée et tendit la main à l'italien pour la serrer par convention. Heredote avait pris l'habitude de ne pas attendre qu'on le prie d'entrer parce que ça ne servait à rien, de toute manière il venait pour entrer.

« Alors, il est où le problème? »

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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Lun 14 Fév - 23:56

Le visage de Michelangelo se fendit d'une expression de surprise lorsque le plombier entra sans y être invité. L'idée de lui apprendre la politesse en lui encastrant le crâne dans le mur lui traversa l'esprit, mais il renonça. Il faudrait laver les débris, cacher le cadavre, mentir à tout le monde... Non il avait mieux à faire, ce soir. Ses affaires étaient prometteuses, son "délai de souplesse" comme il l'appelait venait de s'achever précisément ce soir, et ily avait un client qui devait bien flipper, quelque part dans Midnights, et les informateurs de l'italien s'étaient fendu d'un sms une demie heure plus tôt pour lui dire où il se terrait. Pas de temps à perdre avec une tuyauterie et un plombier malpoli, ça viendrait peut être plus tard.

Il s'effaça donc et laissa le rouquin entrer avant de refermer la porte derrière lui en reprenant cet air impassible qui le caractérisait la plupart du temps. Il le laissa entrer dans le vestibule où flottait un odeur de café bien fort, odeur de la troisième tasse que le créancier n'avait pas eu le temps de prendre avant l'arrivée du plombier. Ledit plombier avait un accent charmant. Pas au sens où Michelangelo aurait eu envie de lui conter fleurette, mais au sens où il différait - dans le bon sens - de cet affreux accent américain qu'il détestait. Il le fit passer dans le salon, vers la salle de bain, tout en répondant d'un ton ironique:

"Problème de douche, ça se situe donc logiquement dans le frigo, à côté du beurre."

Avant de montrer du doigt avec un sourire dénué de toute joie sa salle de bain dont la double porte était restée entrouverte. Il passa devant et indiqua d'un signe de tête son installation en restant sur le pas de la porte. Hors de question de rentrer dans la salle de bain si une fuite inopinée devait pourrir ses fringues. C'était le boulot du plombier de se saloper.

"Je dois avoir un souci quelque part avec le ballon d'eau chaude, ou je sais pas. Quand je me douche, l'eau passe de chaude à froide d'un coup, sans prévenir, puis revient à la bonne température. Ça joue au yo-yo sans raisons." soupira-t-il en s'adossant au cadre de la porte, avant de s'allumer une clope avec son précieux briquet récupéré de ses parents.

Il n'aimait pas fumer chez lui, mais après tout son appartement était doté d'un système de ventilation dernier cri, et il avait du papier d'Arménie pour se débarrasser de n'importe quelle odeur. Et puisque la première clope avait déjà empuanti l'atmosphère...

Inutile de tenir la jambe au plombier pendant qu'il bossait. Il n'appréciait pas particulièrement le contact humain, alors autant s'en tenir au strict minimum. Il resta donc de marbre quand le rouquin s'approcha de la douche pour l'examiner, se contentant de fumer sa cigarette tranquillement sans le lâcher des yeux.

Le téléphone sonna, et le nom de Sandra Giovanni s'afficha sur l'écran. Michelangelo eut un léger sourire, mais ne bougea pas. L'excuse était trop bonne, la madone Giovanni devrait attendre encore un moment avant que son créancier de neveu ne daigne décrocher.

"Café?" proposa-t-il aussi soudainement que laconiquement avant de se décoller du chambranle de la porte, la clope au bec, pour aller chercher le sien.




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Heredote Rilley
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Jeu 17 Fév - 22:17

Si le plombier faisait un classement de ses client, il mettrait sans aucune hésitation Michelangelo parmi les plus riches. Appartement sobre mais luxueux, costard même à la maison, tous les ingrédients étaient réunis pour donner au plombier l'aperçu de sa fortune. De manière générale, l'anglais n'avait rien contre les riches quand ils n'étaient pas radins, même si l'essentiel de son salaire était plutôt payé par la classe moyenne, les riches préférant appeler de vrais mécaniciens avec une casquette et un bleu de travail au nom de leur entreprise.

Il aurait aussi pu le classer dans la catégorie des clients à l'humour miteux, ceux qui sont persuadés d'avance que le plombier, tel un chien de sauveteur, a le flair nécessaire pour repérer du premier coup d'œil dans les appartements les plus labyrinthiques comme les plus bordéliques le chemin sacré de la salle de bain ou des wc. Pas de don de sourcier, Heredote ne détectait pas les tuyaux d'eau chaude à travers le mur d'un simple clignement de sourcils, et la demande concernant la localisation de son prochain problème fut satisfaite d'un geste de la main. C'était ça, ou le plombier allait déambuler dans tout l'appartement à la recherche du Saint Graal, en faisant bien exprès de zigzaguer. Ses clients qui le pensaient béni du don de reconnaissance immédiate du chemin de la salle de bain avaient finissaient généralement par craquer et par lui indiquer la bonne porte quand Heredote, consciencieusement, faisait exprès de rentrer dans la chambre à coucher et la cuisine. Zut et zut encore.

Tout en écoutant l'italien -et cette fois, la nationalité italienne était une certitude, en confirme l'accent et la gravure qu'il aperçut rapidement en traversant le salon-, Heredote se dirigea vers la salle de bain, caisse à outils en main. Le déréglage de l'eau chaude n'était pas le plus incongru des problèmes, et le plombier y avait déjà été confronté maintes fois, avec plusieurs issues différentes, la magie de la plomberie. La salle de bain, à l'image du reste de l'appartement, démontrait sans retenue que le propriétaire était riche, et plutôt soigneux. Un point positif pour le plombier qui devait souvent travailler dans la crasse.

« C'est plutôt joli chez vous. »

Lança-t-il à Michelangelo qui était resté non loin de l'entrée, visiblement peu décidé à franchir le seuil de sa salle de bain. La distance était appréciable, et ça n'était pas Heredote qui le lui reprocherait. Que ça soit pour une peur de salir son costume, ou pour le laisser travailler en paix, ça n'avait pas d'importance. L'anglais avait horreur des clients qui se sentaient obligés d'observer méticuleusement tous ses faits et gestes, alors qu'ils n'y comprenaient rien. Sa caisse à outils posée près de la douche, il s'approcha du chauffe eau pour le détailler. Heureusement, la plupart se ressemblaient.

« Oui, avec deux sucres s'il vous plait ! »

Un café était toujours le bienvenu, surtout lorsqu'il s'agissait de commencer le travail, et quelle que soit l'heure. Ils n'avaient jamais été suffisamment dosés pour l'empêcher de trouver le sommeil. Un Heredote fatigué est un Heredote qui dort bien, café ou non. Et pendant que l'italien devait s'amuser avec sa cafetière haut de gamme, le plombier lui s'affairait à vérifier les tuyaux de la douche, et allumer et éteindre l'eau chaude et froide à tour de rôle afin de détecter la panne. C'est que d'un problème de thermostat à un simple déréglage, les raisons pouvaient être nombreuses.

Le plus simple néanmoins était de s'en prendre aux réglages en bas du chauffe eau, et c'est ce qu'il fit sans perdre de temps, en déplaçant légèrement le meuble qui entravait ses mouvements. Il dévissa un premier élément et en détacha une plaquette remplie de calcaire, qui lui glissa accidentellement des mains et lui incisa l'index sur une bonne longueur. Aie. Instinctivement le plombier porta son index à sa bouche pour en aspirer les gouttes de sang qui perlaient. Ça lui apprendrait à travailler à 21h30, au lieu de se cuisiner tranquillement des raviolis.

En pestant contre lui même, Heredote se releva, et fouilla dans sa boite à outils à la recherche d'un pansement, tout en se rappelant qu'il y avait déjà trois mois qu'il avait utilisé le dernier et qu'il s'était dit qu'il s'en rachèterait à l'occasion. Tant pis, un mouchoir enrubanné autour de son doigt et un bout de chatterton feraient l'affaire.
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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Ven 18 Fév - 1:22

Oh, un petit plombier aimait son appartement... Voilà un italien qui était comblé.
Blague à part, il apprécia le compliment. Le rouquin avait du visiter masse d'appartements et de baraques diverses, si le sien était "plutôt joli", ça devait être vrai. Il remercia donc le plombier d'une voix aimable et se décolla du bord de la porte pour aller lui chercher un café. Il avait proposé ça par pure politesse, sans même penser au rythme de vie décalé qu'avaient les humains et les vampires. Le fait qu'un café soit le bienvenu pour une réparation de nuit pour un humain ne lui avait pas effleuré l'esprit. Simplement, la courtoisie à l'italienne lui imposait de servir celui qu'il avait invité à entrer chez lui.

Il partit vers la cuisine chercher les deux cafés, dans de petites tasses à expresso blanches, classiques, sobres et efficaces, et il mit un sucre entier dans la petite tasse pour le rouquin. Il prenait le sien noir et amer. "Noir comme une nuit sans lune, amer et brûlant comme l'enfer, ça c'est du café." avait dit un procureur caféinomane célèbre. Et Michelangelo adhérait totalement à ce principe. Il posa les deux tasses dans un tintement de vaisselle sur leur soucoupes, et les attrapa avant de revenir lentement vers la salle de bain et posa la tasse sur sa table basse, sur un sous verre. Pas question d’abîmer son mobilier avec son café italien qui serait venu à bout de n'importe quel vernis avec son amertume bien corsée.

Il allait s'asseoir sur son canapé et se fumer une clope lorsqu'il entendit le plombier jurer. Il fronça les sourcils, et se décida à bouger. Pas que le fait que l'humain supposé se fasse mal le chagrine, mais... Pas qu'il aille saloper son joli carrelage en faisant n'importe quoi. Il se releva donc par réflexe, à moitié courbé qu'il était, pour aller aux nouvelles de son plombier qui... Suçait son doigt. Attitude typique de quelqu'un qui saigne... Et ça, c'était pas tip top pour un vampire sociopathe sur son territoire.

Temps de résistance estimé: cinq minutes. Voire trois, selon l'intensité de l'écoulement de sang. Même une petite déchirure aurait affolé un vampire un peu timbré qui venait de se lever et n'avait pas avalé encore une seule goutte de ce sang artificiel merdique. C'était aussi pour ça que les visites à Castle Rock et Centennial lui manquaient, parce que chez les Giovanni, on décanillait de l'humain à tour de bras pour boire leur sang. La famille était tellement puissante que c'était facile de graisser la patte à des fonctionnaires et de...

Pas la peine d'essayer de réfléchir.

"Le café est servi." dit-il d'un ton neurtre, en s'entendant parler comme s'il avait été séparé de son propre corps par une prison de verre.

Il retourna s'asseoir. Autant attendre que le problème de la douche soit réglé avant de lui ouvrir la carotide. Il se mis assis sur son canapé, tendu, et attrapa sa tasse avant d'en avaler le contenu cul sec en sentant le liquide lui brûler les entrailles, sans même apprécier le goût amer de son breuvage préféré numéro deux... Parce qu'il était obsédé par le numéro un. La tasse toujours dans les mains, il guettait le moindre mouvement du plombier, en sentant sa vue changer, ses sens se décupler.

Le chasseur était en planque.
Sur son propre territoire.
Le gibier n'avait qu'à bien se tenir, bien qu'il ne soit qu'un plombier crasseux.

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Heredote Rilley
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Dim 20 Fév - 22:16

Après examen, le problème de plomberie ne semblait être qu'un banal dérèglement, qui ne demandait ni pièce de rechange qu'Heredote n'aurait pas, ni délais trop important. Si la manœuvre n'était pas la plus évidente, le plombier en viendrait quand même à bout en une bonne heure de travail maximum. Même si Michelangelo n'était pas le plus désagréable de ses clients, pour l'instant il se montrait même courtois et sympathique, par principe Heredote n'aimait pas s'éterniser au travail. En plus de ça, il avait faim, et son ventre le lui rappelait bruyamment à intervalles régulières. C'était peut-être le matin pour les vampires comme son client -dont le plombier ignorait la nature-, mais pour lui, c'était tout juste l'heure de manger.

La faim était sans doute partiellement coupable de sa maladresse, au moment où le plombier avait laissé tomber une plaque métallique et s'était ouvert le doigt avec. Habituellement, Heredote était suffisamment habile pour ne pas se couper et manier ses outils convenablement, mais des moments d'absence arrivent à tout le monde, en témoigne la boite déjà vide de pansements dans sa caisse. Pour ne pas déranger Michelangelo, Heredote préféra se faire un pansement de fortune, songeant qu'il en ferait un plus convenable chez lui. Et par dessus ça, il préférait que son client ne voie rien, parce que des maniaques qui ne supportent pas l'idée d'une gouttelette de sang dans leur salle de bain, et qui lui avaient fait tout nettoyer à la javel pour être certains qu'il n'en restait plus, il en avait déjà connus. Vu la salle de bain de son client, il pouvait tout à fait postuler dans cette catégorie.

Néanmoins, après quelques autres tours de tournevis, et l'appel au café de Michelangelo, Heredote dût se résoudre à ôter le mouchoir enrubanné de chatterton. Son doigt le piquait atrocement, et la plaie semblait bien décidée à ne pas se refermer ni vu ni connu. L'eau était coupée, mais l'anglais attrapa la petite bouteille d'eau qui traînait dans sa caisse pour en faire couper quelques gouttes sur son doigt, avant d'y plaquer un autre mouchoir. Après réflexion, une plaquette métallique pleine de calcaire n'était pas la plus stérile des armes, et s'il ne voulait pas s'en sortir avec un doigt tout infecté, le plus simple des gestes était encore d'y passer un peu d'eau. Ceci fait, il attrapa à nouveau son rouleau de scotch et fit deux tours autour de son index avant de le couper avec les dents.

« Me voilà. »

Lança-t-il à l'égard de Michelangelo, alors qu'il remettait le chatterton dans sa caisse à outils pour aller prendre le café que son client lui avait préparé. Les réparations n'étaient pas encore finies, mais on ne laisse pas un bon café refroidir tout seul dans son coin. Le plombier tapota ses mains sur l'arrière de son jeans pour les épousseter, et s'en alla rejoindre Michelangelo dans le salon.

« Merci pour le café. »

En se baissant, il l'attrapa, et prit la tasse entre ses deux mains, l'index enrubanné de mouchoir soulevé pour ne pas la toucher. L'anglais jeta un coup d'œil au canapé, et de ce fait préféra rester debout. Poser son vieux cul couvert d'un jeans à la propreté douteuse sur le cuir à l'aspect impeccable serait sans doute une offense à la bonne tenue. Si Heredote pouvait se montrer aussi vulgaire que la pute du coin, il savait aussi bien se tenir lorsque l'ambiance l'exigeait. En l'occurrence, Michelangelo semblait ne pas plaisanter avec l'hygiène et la propreté, au vu de son appartement. De toute manière, le plombier devait déjà se plier en quatre pour réparer le chauffe-eau, il pouvait bien rester debout quelques temps. Il prit une première gorgée de café, avant de relever le nez de sa tasse.

« Il est bon votre café. Ça fait du bien. »

Et il en reprit une deuxième gorgée, plus grande que la précédente. Effectivement, le café de Michelangelo c'était autre chose que le premier prix qu'Heredote se faisait le matin pour se réveiller, toujours mal dosé à en arracher la gorge.

« J'ai bientôt fini avec votre douche. Encore quelques réglages et ça sera bon je pense. »

La conversation autour d'un café, avec ses clients, tournait toujours autour des réparations, parce que c'était le sujet le plus simple à lancer, et que tous n'appréciaient pas qu'on vienne leur parler de la pluie et du beau temps. Leur tuyauterie, au moins, ça les concernaient.

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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Jeu 24 Fév - 22:48

Michelangelo attendit patiemment, dans son canapé, que le travailleur daigne venir jusqu'à lui. Assis, le regard fixé sur le jeune homme qui se battait avec ses canalisations, il ne bougeait pas d'un muscle, la tête vide, se concentrant uniquement sur les mouvements de celui qui était à présent un gibier plus que potentiel. Il ne s'énerva pas du temps que mit l'autre à enfin arriver à sa table. D'une part parce que ça aurait été déplacé d'engueuler un type qui fait ce qu'on lui demande, et d'autre part parce que le temps n'avait plus aucune importance. Le plombier aurait pu rester trois heures sur sa canalisation que l'Italien n'aurait même pas remarqué.

Quand le rouquin se saisit de sa tasse, il laissa le doigt en l'air, comme pour désigner une cible déjà acquise en prédato-vision par le créancier. Assis sur son canapé, il écouta l'homme à tout faire parler sans vraiment l'entendre, en se demandant déjà à quel endroit il serait préférable d'ouvrir la peau pâle et sans doutes tendre, quoiqu'un peu poussiéreuse, pour trouver une grosse artère... A quel point ce serait jouissif de sentir sous sa langue la peau sans doutes un peu salée par la sueur palpiter sous l'effet des pulsations du coeur qui envoyait des litres de sang chaud et épais... Du vrai sang, humain, délectable et désiré.

Si en d'autres circonstances il aurait apprécié la tenue de son réparateur qui avait visiblement bien compris le type d'homme à qui il avait à faire, en l'occurrence, la bonne tenue du jeune homme passa presque inaperçue. Disons qu'au moins, son petit déjeuner avait l'obligeance d'occulter sa présence humaine pour que le vampire se concentre sur sa présence sanguine. Si Heredote Rilley s'était montré désagréable, il aurait sans doutes entaché ce moment de délectation, ce moment où le vampire se préparait à l'assaut... Mais non. Tout se passait à merveille. Et comble de la félicité, le rouquin aimait le café italien. Aurait-il prétendu le contraire que Michelangelo l'aurait à peine entendu - ce qui aurait évité de le retrouver pendu à un croc de boucher - mais tout de même, la phrase résonna à ses oreilles et il lui répondit en souriant:

"Content qu'il vous plaise. C'est un café de mon Italie natale, il a un arôme que ces tisanes américaines n'auront jamais."

Une phrase qui se serait d'ordinaire teinté d'un mépris si habituel qu'il n'était même plus mesuré par son énonciateur mais là... Non, c'était dit avec bonne humeur, les yeux brillants, aux pupilles réduite à leur strict minimum.

L'homme à tout faire pouvait-il pousser le professionnalisme jusqu'à jouer les poches de sang ambulantes?

En attendant, le rouquin causait tuyauterie. Une petite partie du cerveau de Michelangelo regretta qu'il ne soit bientôt plus à même de terminer la tuyauterie en question mais... Un autre plombier ferait sans doutes l'affaire plus tard. Quitte à prendre un vampire pour être sûr de régler l'affaire sans qu'une goutte de sang ne s'en mêle. Il le gratifia d'un "Faites donc." aussi courtois que possible, et attendit patiemment que le plombier se retourne pour se lever silencieusement, rapidement, avec cette vitesse propre aux corps vampiriques, les pupilles soudainement dilatées et il asséna un coup sur la nuque en y mettant toute sa force, de sa main tendue aux longs doigts blafards crispés pour former un gourdin manuel des plus efficaces, paré à recevoir le corps inerte dans ses bras avant de l'amener vers son canapé pour l'y hisser.

Quitte à mordre, il aurait préféré une femme au corps de déesse, une jolie créature plantureuse au sang chaud mais... Puisque la providence s'était fait pardonner de son coup en traître d'eau glacée en lui amenant son petit déjeuner sur le pas de la porte, il n'allait pas non plus faire son difficile.

Un proverbe disait "à cheval donné, on n'regarde pas les dents."

En l’occurrence, celles de Michelangelo étaient parées à se planter dans la chair...

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Heredote Rilley
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Dim 27 Fév - 1:40

Et paf, un coup bien asséné derrière la tête. L'espace d'un instant, Heredote vit une nuée de taches noires devant ses yeux, puis plus rien. Si sa conscience s'était accrochée à quelque chose, elle aurait pu se demander ce qui lui arrivait. D'ailleurs, quelque part, à moitié assommé, c'était la question qui lui restait. Le coup lui avait momentanément fait perdre conscience, mais aussi oublier ce qu'il faisait là, et ce qu'il se passait, jusqu'à oublier entièrement le contexte qui l'entourait.

Avant que le plombier ne reprenne entièrement conscience, ses sourcils se froncèrent. Le précédant, son subconscient tentait de reprendre contact avec la réalité. Un contact difficile, puisque sa tête semblait s'être pris un mauvais coup, et hurlait déjà au massacre. Dans un effort considérable, le rouquin ouvrit les yeux, et sa vision revint petit à petit, ainsi que sa conscience. Impossible de dire combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait perdu conscience. Ça pouvait se compter en secondes comme en heures. Heredote toussa par trois fois, avant que sa vision ne s'éclaircisse.

« Mais qu'est-ce que... »

A toute vitesse, sa conscience tentait de tourner pour reprendre contact avec la réalité et analyser la situation. Il était probablement tombé après un coup sur la tête. Mais il n'était pas sur le sol, et ses membres n'étaient pas douloureux. Sous lui siégeait une assise confortable en cuir, et il ne lui fallut pas longtemps pour la classer dans la catégorie des canapés. Il était précisément celui dont Heredote gardait l'image en tête, le canapé qu'il n'avait pas osé souiller de son jeans un peu sali. Ses yeux balayèrent rapidement la pièce, qui lui était à présent familière. Et après quelques secondes, le rouquin savait précisément où il se trouvait. Il était dans le salon de son client, un certain Michelangelo Giovanni, allongé sur son canapé. Et il était allongé ici parce qu'il s'était probablement pris un coup sur la tête. Pourquoi? Comment? Impossible de s'en souvenir. Il se rappelait avoir commencé à réparer la douche, se rappelait s'être coupé le doigt et avoir pris du café, et depuis, c'était le trou noir. S'était-il assommé avec un tuyau sans qu'il s'en souvienne? Ou bien la raison était-elle plus complexe?

« Qu'est-ce qui s'est passé? »

L'anglais se redressa lentement, sans un geste brusque, conscient que son corps jouait de ses limites pour maintenir les apparences. Et son client? Qu'avait fait son client dans l'histoire?

D'apparence, jusqu'à présent, Michelangelo s'était montré plutôt gentil et courtois. Contrairement à la moitié de la clientèle d'Heredote, il ne lui avait pas crié dessus parce que la douche était fichue. Habituellement, les problèmes de plomberie, c'est bien connu, sont à imputer directement au type qui vient les réparer. Mais non, l'italien s'était montré poli et agréable. En plus de ça, il lui avait même fait du café, plutôt bon, et ne s'était pas servi du plombier comme d'un psy ambulant qui vient quand on l'appelle. A quelque chose près, Giovanni représentait le client idéal. Sa salle de bain n'était pas sale mais respirait, au contraire, la propreté maniaque. Il n'avait pas d'affreux chien prêt à sauter sur le plombier et à le lécher de sa langue baveuse. Et par dessus ça, il n'était pas collé derrière son nez à le regarder travailler.

Cachait-il trop bien son jeu?
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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Mar 1 Mar - 15:18

Michelangelo aurait pu jouer au client agréable, au type sympathique qui se demandait bien comment le plombier avait pu avoir un malaise dans son propre salon... A dire vrai, il l'aurait fait si ce dernier s'était réveillé après le coup de dent fatidique, s'il s'était réveillé patraque à cause d'un peu de sang en moins, l'italien lui aurait expliqué qu'il avait fait un malaise, qu'il l'avait installé là en attendant qu'il reprenne ses esprits... Mais ça n'était malheureusement pas le cas. Cet humain était résistant. Bon, le coup dans la nuque devait lui avoir fait perdre ses esprits suffisamment longtemps pour que son corps refuse d'obéir à tout ordre trop brusque, du coup ça lui laissait une allonge certaine pour pouvoir continuer sa petite affaire.

Au lieu de cela, il resta à regarder le plombier ouvrir les yeux et se demander ce qui lui arrivait, sans bouger, hors de sa portée visuelle, au bout du canapé où se trouvait la tête d'Heredote. Si l'humain avait pu croiser son regard, il aurait sans doutes compris ce qui allait lui arriver. Michelangelo baissait sur lui un regard froid, dur, dénué de toute compassion, les dents serrées, le tout entouré d'un rideau de cheveux bouclés d'un noir de jais qui assombrissait encore plus son expression de croquemort, en se demandant fugitivement quelle était la tactique à adopter maintenant qu'il était réveillé. Il le regarda quelques secondes sans ciller, puis se décida à bouger, en adoptant un visage plus neutre.
Il s'approcha du canapé pour que le rouquin le voie, et lui adressa un sourire moqueur.

"Je crois que vous avez fait un malaise. La journée aurait elle été rude?" demanda-t-il sur le ton de la conversation, en entendant son accent italien ressortir plus que de raison.

"Les médecins européens des temps anciens avaient un remède qui réglait tous les soucis." commença-t-il en mettant un genou à terre.

On aurait presque pu croire à la demande de mariage en bonne et due forme, à voir l'italien dans cette posture, entre sa table basse et son canapé. Il fit mine de passer sa main sur le front du plombier, comme pour voir si aucune température ne faisait bouillir son cerveau dans sa boite crânienne, puis il fit doucement descendre ses longs doigts blafards le long de sa joue, sans geste brusque pour ne pas l'effrayer, dans un geste léger qu'Heredote ne devait sentir que par le froid qui se dégageait des membres du vampire.
Un vampire. Voilà ce que Michelangelo était, sous sa façade d'homme du monde propre sur lui, et quand une occasion comme celle là se présentait, il jetait aux orties sa retenue et sa bonne éducation pour redevenir le suceur de sang que son clan avait fait naître.

Lorsque ses doigts arrivèrent au cou du plombier, il poussa son menton d'un geste vif, avec toute sa force vampirique pour ne pas que ce petit idiot ait l'idée de se dégager et annonça avec un regard fou que le rouquin ne pouvait plus voir:

"La saignée !"

Sa voix était presque un murmure, et lorsqu'il retroussa ses lèvres pour pouvoir planter ses dents dans la chair, ses pupilles étaient totalement dilatées. Pas besoin de viser précisément la carotide, c'était instinctif. Il avait perdu le contrôle de lui même au moment où l'artère tant attendue s'était révélée, et ne marchait plus qu'à l'instinct. L'instinct qui le poussa à planter ses crocs dans la chair tendre du cou du rouquin, presqu'amoureusement. Peu lui importait, au final qu'il soit un homme, un plombier crasseux. Il ne s'écoula qu'une fraction de seconde entre ses dernières paroles et le moment où il planta ses canines pour aspirer ce sang humain à la saveur bien meilleur que cette saloperie artificielle, malgré son goût âpre, au premier abord.
Si le petit déjeuner voulait se débattre, grand bien lui fasse. Mais avant qu'il ne puisse tourner la tête, un Giovanni aurait déjà fini son petit déjeuner.

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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Sam 5 Mar - 0:28

Jusqu'à la dite saignée, Heredote n'avait eu aucune soupçon à l'égard de Michelangelo. Le plombier était naturellement franc, et on pouvait, le plus souvent, lire à travers lui comme dans un livre. Du coup, il partait naïvement du principe qu'il en était de même pour les autres, quand bien même il savait que ça n'était pas toujours le cas. En l'occurrence, Heredote avait classé Michelangelo avec les dragueurs, pour la seule raison qu'il avait l'accent italien. Et comme dragueurs et sociopathes ne faisaient pas bon ménage, la seconde idée ne lui était même pas venue à l'esprit.

L'histoire de malaise aurait pu lui mettre la puce à l'oreille, tout comme l'histoire de remèdes magiques. Mais Michelangelo avait justement si bien sonné le plombier, qu'il goba ses paroles toutes crues, sans brancher l'option réflexion de son cerveau.

« Ah oui? »

Se contenta-t-il de répondre d'un air curieux, la tête à peine surélevée. Il ne se leva pas tout de suite, sentant qu'il lui faudrait quelques minutes de plus pour récupérer. C'était étonnant de se rendre compte que ses souvenirs s'arrêtaient juste après avoir fait une pause pour prendre un café. Pour un peu, Heredote aurait pu soupçonner Michelangelo d'avoir subtilement versé quelque chose dans sa boisson en plus du sucre. Mais non, Heree ne soupçonnait rien du tout, innocent qu'il était. D'ailleurs, sans réflechir, il donna raison à son client. Il ne faisait jamais de malaises, mais après tout, il n'avait presque rien mangé de la journée, et son repas du soir attendait toujours sur la cuisinière que le propriétaire daigne lui faire un sort. Alors peut-être qu'il était tombé sans s'en rendre compte, et que la méchante douleur sur le côté droit de sa tête était due à sa chute.

Lorsque la main de Michelangelo vint toucher son front, Heredote put effectivement se rendre compte qu'il avait à faire à un vampire. Réflexion inconsciente qui ne vint pas troubler ses pensées. Du moment qu'on ne lui volait pas son sang, le plombier ne faisait aucune distinction entre les vivants et les morts, ça lui était bien égal. Il avait partagé son lit avec des vampires plus d'une fois, et à la différence que leur peau glacée lui donnait des frissons, le résultat était plus ou moins le même. Il y en avait des bons, et des moins bons.

En revanche, ses pensées commencèrent à se troubler lorsque les doigts de son client, non contents de simplement se poser sur son front pour peut-être prendre sa température, entreprirent de descendre lentement sur sa joue. La tête à nouveau posée sur le canapé, Heredote regarda Michelangelo de côté d'un air interrogateur. Jusqu'à présent, l'idée que son client veuille profiter de lui ne lui était pas venue à l'esprit. Et maintenant, il était en train s'imaginer que l'italien lui proposait une petite partie de bête à deux dos. Fort de cette raison, Heredote ne broncha pas, laissant Michelangelo commencer tout seul pour confirmer l'hypothèse. De manière générale, le plombier ne refusait que rarement ce genre d'avances, étant lui-même le plus souvent en manque, faute de partenaire régulier. Et lorsque les doigts de Michelangelo descendirent encore pour aller chercher sa nuque, l'anglais ne bougea pas non plus.

En fait, il ne bougea que trop tard, beaucoup trop tard, et de manière modérée. Lorsque les dents du vampire se plantèrent de manière inattendue dans sa nuque, Heredote se raidit, et laissa s'échapper un cri de surprise. Ses pupilles se dilatèrent, et ses doigts se resserrèrent sur le tissu du canapé, sous l'emprise de la douleur. Jusqu'à présent, il n'avait été mordu qu'au poignet, et sans effet de surprise. La morsure à la carotide était autrement plus douloureuse.

« Ah putain. »

Ne put-il que lâcher, dans un murmure, avant de tenter en vain de se débattre en faisant quelques mouvements de coude. Michelangelo le maintenait d'une force surhumaine, rivalisant d'autant plus avec la sienne qui faiblissait à mesure que le vampire aspirait son sang. Finalement, il ferma les yeux, et se laissa tomber mollement dans ses bras. Allait-il le vider de son sang jusqu'à la mort, prédateur qu'il était? L'avait-il appelé juste pour avoir son repas livré à domicile. Ah le salaud. Jusqu'à là, Heredote ne s'était jamais méfié de ses clients, même lorsqu'ils avaient une voix bizarre, qu'ils semblaient à côté de la plaque, ou bien simplement saouls.

« Me tue pas, connard. »

Balancer ces quelques mots lui demanda un véritable effort, tant l'énergie venait à lui manquer. Ensuite, il cessa toute résistance. Tout était dit, il ne pouvait plus s'en remettre qu'à la chance, qui jusqu'à présent ne s'était pas montrée sous son meilleur jour.

Pourtant, au bout d'un instant qui sembla éternellement long, Heredote senti Michelangelo éloigner ses canines de sa nuque, et son corps reposa de tout son long sur le canapé. Les yeux toujours fermés, il soupira, sans savoir réellement s'il était bien en vie, et pour combien de temps.

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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Dim 6 Mar - 23:14

Comme prévu, le plombier n'opposa qu'une résistance symbolique.

Son coup sur la tête l'avait affaibli, et Michelangelo avait été de son vivant un homme à la force impressionnante, qui s'était décuplée lors de sa transformation en mort-vivant. Il n'avait presque plus à forcer pour briser les os, casser les reins ou simplement assommer un adversaire, ou un client un peu trop détendu. Alors pourquoi n'avait-il pas assommé proprement ce rouquin à l'hygiène douteuse, qui était venu saigner dans sa salle de bain ? Le garçon aurait pu paraître sympathique, pour quelqu'un étant dans la possibilité de ressentir des émotions. L'italien avait apprécié la tenue du garçon mais... C'était tout.

Le regard fixé sur son plancher, les dents plantées dans la gorge du plombier, après avoir ouvert un trou d'une taille suffisante pour pouvoir boire tout en évitant de le blesser à mort, Michelangelo ne pensait plus. A rien. Il se contentait de sentir le liquide chaud et épais tapisser sa langue, glisser dans sa gorge et réchauffer de sa tiédeur un organisme tenu à la fraîcheur par la mort. Il sentait l'amertume du sang lui titiller les papilles, et se réjouissait de son âpreté, bien que celle-ci le poussât à consommer tant et plus, pour tenter de s'y dérober. Il s'arrêta quand il sentit les pulsations diminuer de manière alarmante. S'il venait à tuer un humain, son clan lui tomberait dessus. Ou plus précisément... Sandra Giovanni aurait à couvrir les frasques de son lointain cousin et il se rappellerait ainsi à son bon souvenir... Alors qu'il cherchait précisément à la fuir, depuis un moment. Depuis qu'elle l'avait envoyé à Castle Rock avec cette bande d'idiots... Mais ce n'était pas le moment d'y penser.

Il ôta ses dents du cou d'Heredote Rilley, homme à tout faire, où elle laissèrent de petites traces rondes, sanguinolentes, tandis que le sang continuait de s'écouler paresseusement, à un rythme amoindri maintenant que plus personne ne le poussait à fuir le corps de son propriétaire. Il se releva, laissa sa tête tomber vers l'arrière, et ferma les yeux en poussant un soupir d'aise sonore qui frôlait le grognement de satisfaction. Il resta quelques secondes les yeux clos, un sourire indéfinissable planté sur sa bouche barbouillée de sang, avant de faire rouler sa tête sur ses épaules et de reposer sur le plombier un regard plein de malice.

"Je n'en ai pas l'intention." répondit-il de sa voix grave et tranquille à l'insulte du plombier qui le priait de ne pas le tuer.

Il sortit un mouchoir de sa poche, et l'appliqua en le tenant bien appuyé sur la plaie ouverte, pour comprimer l'arrivée de sang. Que faire du cadavre, à présent ? Enfin, du cadavre... Réflexe, façon de parler. Celui là était encore vivant. Il prit la main de la chiffe rendue molle par la fuite de sang forcée, et installa le plombier confortablement sur son divan. Le but n'étant pas de le faire se sentir bien, mais de l'installer de manière à coincer son bras pour qu'il maintienne lui-même son point de compression improvisé tandis que l'italien... Laissait sa victime reprendre ses esprits, si tant était que cela fut possible avec un coup sur la tête doublé une hémorragie conséquente (bien qu'à présent contenue), et retournait à sa cuisine pour se faire du café.

Il vit dans le miroir de son couloir son visage blafard aux lèvres maculées de sang. Il ressemblait à un clown sinistre, et cette idée le fit sourire, dévoilant des dents tout aussi rougies par son nouvel ami le plombier... Ah, il avait tellement envie de reboire un peu, rien qu'un peu, cette amertume qui lui rappelait son café adoré... Mais en une qualité proche de la perfection. Du sang! Du sang, foutredieu !

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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Dim 20 Mar - 23:46

Heredote n'avait à priori rien contre les vampires... tant qu'ils n'avaient rien contre lui et qu'ils lui foutaient la paix. Ça marchait pour les morts-vivants comme pour les autres. Heredote ne provoquait pas les conflits, mais il y répondait volontiers. Si on commençait à l'emmerder, il ne se privait pas pour rendre la pareille, ou même le double.

« Putain de vampire de merde. »

Balança-t-il alors que Michelangelo clamait fièrement que non, il n'avait pas l'intention de le tuer. Ça n'avait pas franchement l'air d'une bonne nouvelle, de la part du mec qui lui avait fondu dessus pour aspirer la moitié de sa vie. Heredote aurait pu voir plein de manières de finir cette phrase, allant du « je n'en ai pas l'intention MAIS à la place je vais te torturer » au « je n'en ai pas l'intention... enfin pas tout de suite », avec un petit rire sadique. Ça y est, Michelangelo avait été rangé dans la classe des sadiques psychopathes pour le plombier.

En l'occurrence, il ne pouvait pas rendre la pareille à Michelangelo parce qu'il n'avait pas assez de forces pour le faire. Déjà en temps normal, contre un vampire, Heredote et sa carrure de mauviette n'avaient pas beaucoup de chances. Avec quelques litres de sang en moins, il n'était même pas question de tenter. Mais il restait la parole, pour dire à l'italien ce qu'il pensait de lui.

« Tu pouvais pas te commander une pizza comme tout le monde? »

Entre temps, Michelangelo l'avait installé un peu plus confortablement sur le canapé. Trop de gentillesse à l'égard du pauvre sac de sang qui avait refermé les yeux parce qu'il voyait tout en flou, et que sa tête tournait violemment. Il n'avait vu l'italien qu'un instant, après que celui-ci se soit nourri de son sang, et l'avait trouvé encore plus flippant que le Clown de Ça, qui l'avait pourtant traumatisé des clowns. Maintenant, il était aussi traumatisé des vampires, la bonne aubaine.

D'ailleurs, s'il avait eu assez de force pour se relever, il en aurait bien mangée une, de pizza. Il avait déjà faim avant de venir ici, mais les travaux et surtout la gigantesque prise de sang l'avaient privé de presque toutes ses forces. S'il voulait en reprendre, il faudrait qu'il mange. Il eut une petite pensée pour la boite de raviolis qui l'attendait sagement chez lui, pour la sauce tomates qui devait commencer à s'assécher, pour la lumière de la cuisinière qu'il avait encore laissée allumée, en pensant que ça serait rapide. Heredote rouvrit les yeux et scruta les environs, sans voir l'italien. Il tenta de se redresser mais se sentit à nouveau tomber, et préféra laisser reposer sa tête contre l'accoudoir du divan, et fermer à nouveau les yeux. Il était complètement affaibli, et à la merci d'un psychopathe. Le plombier entendit vaguement des bruits métalliques qui devaient provenir de la cuisine, mais ils semblaient bien lointains. Sa tête tourna à nouveau, et il s'endormit à nouveau, sans s'en rendre compte.

Heredote n'aurait pu dire combien de temps il s'était endormi, lorsqu'il prit à nouveau conscience. C'était la deuxième fois aujourd'hui, et ça commençait à bien faire. Ses forces n'étaient pas vraiment revenues, et il ne fit même pas l'effort d'ouvrir les yeux. Finalement, il ne s'était peut-être assoupi que quelques secondes.

« J'ai faim putain ! »

Et voilà où passèrent ses forces : rappeler à son hôte de fortune ses responsabilités. Puisqu'il l'avait mis dans un tel état, maintenant, il allait bien falloir qu'il le nourrisse, s'il n'avait vraiment pas l'intention de le tuer. Les forces ne reviendraient pas toutes seules, et Heredote ne comptait pas s'éterniser sur ce canapé jusqu'à y graver l'empreinte de ses fesses.
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Michelangelo Giovanni
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Mar 22 Mar - 15:06

Giovanni ricana malgré lui. Il était retourné à sa cuisine et pendant ce temps l'autre idiot lui parlait de pizza. Parler de pizza américaines à un italien, il n'avait peur de rien, lui. La pizza... La mère de Michelangelo en faisait une parfaite, avec une pâte bien souple et une garniture équilibrée, loin des semelles pleine de graisse des restaurants rapides de ce pays de merde. Alors imaginer Michelangelo se "commander une pizza"... Très peu pour lui. Il secoua la tête d'un air méprisant avant de se remplir une tasse de café qu'il vida d'un trait. Cul sec.

C'était triste à dire, mais même son café favori paraissait fade face à l'amertume du sang du rouquin. S'il n'avait pas tenu à tenir Sandra écartée le plus longtemps possible, il l'aurait vidé de son sang, et aurait comme d'habitude demandé à son clan de dissimuler les preuves. L'ennui, c'était que s'il voulait que Sandra l'oublie, il ne fallait pas faire de vagues. Alors que faire...? Il s'était laissé emporter par son instinct de prédateur et avait oublié les consignes élémentaires de survie.

Il y avait deux choix. Le premier étant d'aider le jeune homme à se remettre, en s'excusant et en lui promettant de ne plus jamais le mordiller. Bien que l'idée lui soit insupportable, à la fois de s'excuser, et ensuite de ne plus jamais goûter de ce sang là. Sinon... Le tuer et demander à Sandra et au clan de le couvrir mais... La chef du clan de Castle Rock ne le laisserait pas s'en tirer à si bon compte. Che putana, celle là, quand elle s'y mettait... Mais on ne devenait pas chef d'un clan Giovanni par hasard. Les patriarches veillaient au grain depuis Venise.

Il se servit un deuxième expresso, du moins une moitié. La cafetière ne contenait que le minimum syndical du déjeuner, pas le minimum syndical des crises vampiriques.
S'il avait été encore vivant, son coeur aurait battu la chamade, avec des doses pareilles de caféine dans l'organisme, mais fort heureusement, il n'avait pas à s'en soucier. Un problème de moins.
Il retourna vers son salon et une fois de plus, le miroir attira son regard, à cause du rouge vif qui lui barbouillait les lèvres. Il s'arrêta, fixa son reflet, envoûté par la couleur de ses lèvres, puis il lécha mécaniquement tout le sang qui restait sur son visage, en s'aidant de ses doigts pour effacer toutes les traces. Il faudrait se nettoyer ensuite pour être sûr que rien ne paraisse... Mais d'abord, lécher, ne pas en perdre une goutte.

La voix du plombier affamé vint le tirer de son hébétude, et il regarda vers le salon d'un air passablement ennuyé. Il soupira. Le champ d'option se rétrécissait dangereusement. Il retourna en cuisine d'un pas lent, blasé, et ouvrit son frigo. Une part de lasagnes faites maisons par le créancier lui même étaient encore là, fraîches de la veille. Il sortit le petit plat et le plaça dans un four à micro ondes, pour le chauffer, pour nourrir sa proie... L'engraisser et le garder vivant jusqu'à la prochaine fois? Un sourire étira ses lèvres où toute trace de sang avait désormais disparu, et il ricana derechef. Si le petit comptait s'en sortir vivant, il fallait compter avec l'idée d'une deuxième attaque, qui ne serait que le début d'une loooongue série. Le four tinta, et il reprit le plat, indifférent à la douleur que causait le plat chaud dans ses mains mortes.

Il revint au salon et posa le plat sur un dessous de plat, et deux couverts sur sa table basse.

"Mange." lança-t-il calmement avant de reprendre son paquet de cigarettes pour en sortir une.

Il considéra le plombier, en silence, en tassant le tabac de sa cigarette, en la tapant du plat du filtre contre sa paume. Donner un plat pareil à un souillon comme celui là, qu'il fut compétent ou non, c'était donner de la confiture à un cochon. Mais après avoir bu son sang, après avoir sentit son coeur battre près de ses lèvres, et goûté à son amertume... Le plat de lasagnes, fraîches ou non, faites maison à l'italienne ou non, ne devait plus avoir qu'un vague goût de cendre.

"Excuse moi, ragazzo." dit-il d'un ton aimable avant d'allumer sa cigarette.

Il ne trouva rien de plus à dire. Il fallait laisser le charme de sa cuisine opérer et... Attendre la réaction du jeune homme avant d'optimiser son plan d'attaque.


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Heredote Rilley
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MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Ven 25 Mar - 23:37

Heredote avait le sens de la contradiction particulièrement développé. S'il n'avait pas été sur le point de mourir de faim, au sens le plus authentique du terme, il aurait envoyé les lasagnes en plein dans la tronche du vampire, juste pour le plaisir. C'était horriblement frustrant de ne pas pouvoir le faire, et de devoir penser à sa survie avant sa vengeance, mais c'était nécessaire. Avec un peu plus de force, le plombier aurait fait son difficile, et aurait avoué à Michelangelo qu'il était végétarien, ou allergique à la sauce tomates, ou intolérant aux pâtes fraîches. Juste pour le plaisir sadique de l'embêter, et de l'obliger à lui préparer autre chose.

Non seulement, Heredote était à bout de forces, mais en plus, l'italien semblait être un dangereux personnage. Commencer à inventer de fictives habitudes alimentaires, c'était le risque de voir la part de lasagnes repartir sans rien en échange. Et là, même son estomac se serait méchamment ligué contre lui-même.

Au lieu de tout ça, le plombier rouvrit les yeux, et les leva vers l'italien lorsqu'il l'entendit revenir. Le plat de lasagne qui l'accompagnait s'était annoncé par son alléchante odeur. Il n'y avait aucune reconnaissance dans le regard d'Heredote, fallait pas pousser, mais pas de haine non plus. Il n'en avait pas encore la force. En bref, son regard était à peu près aussi expressif que celui d'un bœuf dans un pré, un jour de printemps.

Intérieurement, le plombier rit lorsque son semi-assassin lui ordonna de manger. Comme si l'ordre était nécessaire, alors que c'était Heredote qui avait crié à l'agonie et à la famine. Mais peut-être était-ce juste une manière pour l'italien de vouloir affirmer une nouvelle fois sa supériorité, en voyant un ordre parfaitement exécuté. Une fois de plus, le plombier eut envie de refuser, juste par contradiction, mais ne le fit pas. Il avait faim.

Péniblement, Heree se redressa, dandinant des fesses pour coller le bas de son dos contre l'accoudoir, et s'adosser presque correctement au canapé. Il se pencha et attrapa le plat et son support pour ne pas se brûler, et posa le tout sur ses genoux. Être penché sur la table basse, dans son état, c'était un coup à tomber tête la première dans le plat de lasagnes.

Dans un silence presque religieux, Heredote entama le plat, trop absorbé par sa faim pour remarquer la distinction de la cuisine de l'italien. Que sa part de lasagnes soit faite maison ou achetée en surgelés n'avait aucune importance, du moment que ça le nourrisse. D'ailleurs, pour le plombier, faire ses lasagnes maison n'était pas une option. A quelque chose près, il était du genre à croire que les lasagnes n'existaient que sous la forme de parts individuelles congelées. Mais elles étaient bonnes quand même, autant que peu l'être un plat qui vous sauve d'une mort par famine.

Le plombier ne releva la tête du plat de lasagne que quelques minutes plus tard, alors que Michelangelo... s'excusait ? Heredote le regarda, interloqué d'abord, puis nerveux ensuite. L'italien avait de la chance de l'avoir mis dans cet état, pour ne pas subir une véritable crise de nerfs. L'excuser d'avoir voulu le tuer ? Et puis quoi encore ?

« Crève. »

Lâcha-t-il d'un ton mauvais, avant rendre son attention à son plat de lasagnes, déjà bien entamé, et qui ne tarda pas à être fini, jusqu'à la dernière goutte de sauce sur le plat. C'était une mauvaise idée, d'envoyer balader le vampire qui voulait s'excuser, mais Heredote n'était pas du genre à le consoler en lui disant que ça n'était pas grave, et que ça arrivait à tout le monde. L'essentiel c'était qu'il soit en vie, bien sûr, mais surtout qu'il le reste. Or Michelangelo ne semblait pas être le meilleur gardien.

« Bien. »

L'anglais reposa sa part de lasagnes, et se laissa à nouveau tomber sur le canapé, allongé.

« Maintenant que tu m'as filé à grailler, et que toi même tu t'es baffré, tu vas pouvoir me ramener chez moi. Comme tu l'vois, j'suis pas en état de conduire. »

Et c'était peu de le dire. Il n'était même pas en état de tenir debout. Oui mais Heredote ne voulait pas rester un instant de plus chez ce dangereux psychopathe, aussi bon cuisinier qu'il soit. Et il était bien persuadé que l'italien ne voulait pas s'encombrer d'un humain chez lui.

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Michelangelo Giovanni
Créancier Sociopathe
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Date d'inscription: 09/02/2011

MessageSujet: Re: Un plombier nommé désir.   Dim 27 Mar - 23:25

Entre le "crève" et le "bien", Michelangelo se sentit passer de l'adulte qui se fait insulter par un gamin mal élevé ayant besoin de se faire dresser les côtes pour apprendre la politesse à celui de l'élève à qui la maîtresse tapote la tête parce qu'il s'est excusé après une bagarre dans la cour. Dans un cas comme dans l'autre, les nerfs de l'italien se seraient tendus une heure plus tôt. Fort heureusement, au moment où le rouquin se bâffrait, il était dans un état semi-végétatif du vampire repu. Bien entendu, pour être réellement repu, il aurait eu besoin de le vider totalement de son sang, mais... Les emmerdes, Sandra Giovanni, Castle Rock, tout ça. Et le vampire presque docile nourri au sang artificiel qu'il était devenu était presque enivré par ce sang réel, bien humain. Quelques gorgées à peine avaient suffi à lui rendre une acuité visuelle et auditive que le sang artificiel engourdissait, une humeur plutôt au beau fixe, et une forme quasi olympique.

C'était triste à constater, mais il aurait le temps de rager plus tard. Le temps actuel était à la félicité, et cela arrivait trop peu souvent pour qu'on laisse le nuage de la comparaison désastreuse assombrir un horizon qui s'était soudain éclairci. Drôle de formulation pour un vampire condamné à la nuit mais... Mais il s'en foutait. Le monde aurait pu s'arrêter de tourner, Michelangelo Giovanni s'en serait tamponné l'oreille avec une babouche pendant les trois prochaines heures, au moins.

Le plombier ne fit aucune remarque sur sa cuisine, mais alors que l'italien était tranquillement adossé à son mur pour fumer, le rouquin lui était plongé jusqu'aux oreilles dans le plat de lasagnes, apparemment bien décidé à ne pas en laisser une miette. Bene. S'il avait été un personnage de bande dessiné, des onomatopées écrites en gras auraient rempli la case alors que des morceaux de lasagnes auraient volé en tout sens. Il sentit ses nerfs vibrer et contracta sans le sentir sa main en un poing serré quand l'autre lui adressa des paroles peu chaleureuses, avant de se détendre puis de rire aux éclats quand il lui demanda de le ramener chez lui.

Depuis quand devait on ramener le carton de pizza au pizzaiolo? Le plat livré mangé, l'emballage partait à la poubelle, c'était aussi simple que ça. Pas que "Heredote Rilley - Homme à tout faire" ne mérite un séjour prolongé au pays des Miamiasmes, mais s'il comptait sur l'italien pour faire monter un plombier crasseux sanguinolent dans sa Lamborghini c'était... Comment disaient ces idiots d'américains déjà..? No way.

"Tu rêves, ragazzo." commenca-t-il, un restant de fou rire vissé à ses lèvres rougies qui s'étiraient en un sourire qui témoignait d'une bonne humeur et d'une blague très drôle.

"Si je te ramène chez toi c'est à coup de pied au cul, unicamente." reprit-il avec un air plus dur où le sourire n'était plus qu'un lointain souvenir.

"Fais ce que tu veux, ragazzino, mais moi j'ai du boulot. Et il pleuvra des raviolis avant que ton cul crasseux ne touche mes sièges en cuir." conclut-il avant d'aller écraser son mégot dans le cendrier de la table basse, juste à côté du plat de lasagnes désormais vaincu.

Il l'ignora ensuite superbement pour retourner dans sa chambre et rechercher sa veste pour commencer à aller voir ses clients qui s'étonneraient sans doutes de trouver leur créancier si violent d'ordinaire aussi bien disposé aujourd'hui.

Il faudrait aussi penser à virer le rouquin avant de partir, songea-t-il en cherchant son briquet du regard, sans accorder une miette d'attention au plombier.


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Un plombier nommé désir.

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